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Le recours de l’ancien organisateur contre son éviction ayant été rejeté par la justice, l’organisation d’un nouvel événement BD en Charente commence à prendre forme.
Par Maxime Birken avec AFP

ERIC POLLET / Hans Lucas via AFP
Les allées du festival de la bande dessinee d’Angouleme, lors de la dernière édition organisée par 9eArt+ en janvier 2025.
Deux jours après la décision de justice qui a définitivement mis hors jeu la société 9eArt+, ancien délégataire de l’organisation du Festival international de la Bande dessinée (FIBD), l’avenir du festival commence à se dessiner.
Ce vendredi 16 octobre, les nouveaux organisateurs d’un événement dédié à la bande dessinée à Angoulême ont annoncé que celui-ci aurait lieu du 27 au 31 janvier prochain. Il n’y aura donc pas deux années blanches de suite pour le 9e art en France.
Leur annonce intervient après que la justice a rejeté, mercredi 14 octobre, un recours engagé par la société 9eArt+ contre son éviction. Aux manettes de l’événement depuis 2007, 9eArt+ avait dû renoncer à organiser l’édition 2026 face à un boycott massif des auteurs opposés à sa gestion.
Après une édition 2026 avortée, l’Association pour le développement de la BD à Angoulême (ADBDA) qui regroupe pouvoirs publics et acteurs du secteur, avait lancé un appel à projets afin de choisir un nouvel organisateur et ce dès l’année 2027. C’est cette décision qui était au cœur du litige juridique tranché par le tribunal d’Angoulême, qui a donc débouté 9eArt+. Car en avril dernier, Morgane Groupe avait été choisi par l’ADBDA pour mettre sur pied un nouvel événement dédié à la BD à Angoulême. En France, ce groupe fondé en 1992 organise déjà les Francofolies de La Rochelle et le Printemps de Bourges. Il réunit plusieurs filiales de production audiovisuelle et événementielle et emploie 140 salariés, selon son site internet.
Présentation le 3 novembre
Durant l’audience de mercredi, les magistrats avaient balayé l’accusation de « parasitisme » portée contre l’ADBDA, étant donné qu’elle a « imposé » au nouveau prestataire, Morgane Group, « d’élaborer une identité et une marque distinctes de celles du FIBD » et que « toutes deux ont médiatiquement intérêt à se démarquer de l’Association du FIBD comme de la SARL 9ème Art+ », à l’image ternie par ces polémiques.
Devant le tribunal, « la demande tendant à l’annulation de l’appel à projets lancé par l’ADBDA le 12 janvier 2026 ainsi que la prétention tendant à l’interdiction de tout acte en vue de l’organisation d’un (nouveau) festival de la bande dessinée à Angoulême » a donc été rejetée. En outre, l’association du FIBD est condamnée à verser 4 000 euros à l’ADBDA et 3 000 euros à la SA Morgane « au titre des frais irrépétibles » occasionnés par la procédure.
« Cette décision conforte l’ADBDA dans sa volonté de bâtir un nouveau festival répondant aux attentes exprimées par les auteurs, les éditeurs, les partenaires et le public », souligne à ce titre David Cameo, son président, dans un communiqué relayé par le site ActuaBD. « Avec la société Morgane, retenue à l’issue de l’appel à projet, l’ADBDA met désormais toute son énergie pour accueillir le public en janvier prochain », assure-t-il.
C’est donc bien le projet porté par Morgane Groupe qui va progressivement prendre forme à travers une structure ad hoc, « M :BD », qui sera présentée lors d’une conférence de presse le 3 novembre à l’hôtel de ville d’Angoulême, où seront aussi dévoilés « les premiers éléments de contenu » de ce nouveau rendez-vous dédié à la BD. Une deuxième conférence de presse suivra « le 1er décembre à Paris », précise le président de l’ADBDA.


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