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L’Union européenne contrôle volontiers votre âge, beaucoup moins efficacement les serveurs installés sur son territoire.
La Bulgarie en tête, les Pays-Bas et la Roumanie bien placés
Les chiffres rapportés par Euronews à partir des données de l’Internet Watch Foundation sont accablants. La Bulgarie concentrerait à elle seule 28 % des pages pédocriminelles détectées dans le monde. Elle devance les États-Unis, crédités de 16 %, et les Pays-Bas, avec 11 %.
Les Pays-Bas totalisent précisément 33 788 pages recensées, contre 21 188 pour la Roumanie. La France et l’Allemagne ont également connu une hausse importante durant l’année 2025. Il ne s’agit pas d’une photographie complète d’Internet, mais des adresses identifiées par l’IWF. La nuance méthodologique compte ; le résultat reste néanmoins difficile à glisser sous le tapis bruxellois.
« Les enfants, les victimes et les survivants d’abus sexuels dans l’Union européenne sont abandonnés par ceux qui ont été élus pour les représenter », a déclaré Kerry Smith, directrice générale de l’IWF. Une formule moins confortable que les habituels discours sur « l’Europe qui protège ».
L’intelligence artificielle accélère la production
Le problème ne se limite plus aux images déjà existantes. Dans son rapport consacré aux contenus pédocriminels générés par intelligence artificielle, l’IWF indique avoir recensé 491 signalements contenant des images réalistes en 2025, soit une hausse de 154 % en un an.
L’organisation a également identifié 3 443 vidéos générées par IA, contre seulement 13 en 2024. Parmi ces vidéos, 65 % relevaient de la catégorie la plus grave. Certaines utilisent le visage ou le corps de véritables enfants. D’autres peuvent être fabriquées en quelques secondes à partir d’une photographie disponible publiquement.
Bruxelles préfère-t-elle contrôler les citoyens ?
Face à ce désastre, l’UE ne reste pas totalement immobile : plusieurs textes sont en discussion et l’AI Act encadre certains usages. Mais l’IWF constate toujours des définitions juridiques différentes selon les États membres. Les images pédocriminelles générées par IA ne sont même pas interdites partout de la même manière.
En parallèle, Bruxelles avance beaucoup plus vite lorsqu’il s’agit de vérifier l’âge des internautes. Ursula von der Leyen a annoncé une proposition européenne visant à retarder l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Une application européenne de vérification d’âge doit par ailleurs pouvoir s’intégrer au portefeuille d’identité numérique européen.
Protéger les mineurs est indispensable. Mais exiger une preuve d’âge de millions d’utilisateurs ne supprimera pas, par magie, les dizaines de milliers de pages hébergées dans l’Union. Le risque est limpide : construire une infrastructure de contrôle généralisé tout en laissant les réseaux criminels profiter des lenteurs juridiques et techniques.
Le bilan ressemble donc à une mauvaise plaisanterie : les contenus pédocriminels sont massivement hébergés en Europe, tandis que l’outil le plus concret proposé au grand public consiste à montrer patte blanche avant de consulter Internet. Les enfants attendront peut-être une action efficace. Les adultes, eux, peuvent déjà préparer leurs papiers.


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