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Les créateurs francophones se sont illustrés lundi soir lors de la 46ᵉ cérémonie annuelle des prix Dora Mavor Moore pour les arts de la scène à Toronto. Animée par l'interprète Amaka Umeh et organisée par la Toronto Alliance for the Performing Arts (TAPA), la soirée a célébré la saison 2025-2026, marquée par un retour complet aux chiffres d'avant-pandémie avec 214 productions inscrites.
Le Théâtre français de Toronto
Dans la catégorie reine du théâtre général, la conceptrice Melanie McNeill a remporté le prix des meilleurs costumes pour son travail pour la production Le malentendu (The Misunderstanding) présentée par le Théâtre français de Toronto (TfT).
Melanie McNeill a d'ailleurs réalisé un doublé historique en décrochant également le prix des meilleurs costumes dans la section théâtre indépendant pour son travail pour la pièce Night at the Grand Guignol.

Karine Ricard, la directrice artistique du Théâtre français de Toronto, se sent choyée de voir l'institution reconnue aux prix Dora.
Photo : Radio-Canada / Sarah Tomlinson
Pour Karine Ricard, directrice artistique générale du Théâtre français de Toronto, cette victoire revêt un caractère magique, d'autant plus que la pièce Le malentendu était en nomination pour cinq catégories, y compris la meilleure production et la meilleure direction.
Elle n'a pas tari d'éloges sur le travail de la costumière : Melanie travaille avec nous depuis des années. On lui fait confiance.
Pour Le malentendu, je lui avais demandé quelque chose qui était futuriste, mais en même temps réaliste d'après-guerre... elle a vraiment rendu cette âme.
Elle a fait en sorte que les personnages sur scène brillent de tout leur soleil, ajoute-t-elle. Dès qu'ils enfilaient leurs costumes, les comédiens s'investissaient instantanément dans leur rôle.
Quant au projet du Théâtre français de Toronto d'obtenir du financement supplémentaire pour un bâtiment permanent — projet pour lequel la Ville de Toronto a accordé récemment une garantie de prêt de 3 millions de dollars —, la directrice artistique espère que la reconnaissance des prix Dora permettra d'attirer davantage de donateurs privés.
La compétition est féroce face aux théâtres anglophones. J'espère que cela prouvera à nos donateurs que le théâtre français peut briller à travers tout ce qui se passe sur la scène artistique torontoise , souhaite-t-elle.
Nicolas Billon
Toujours du côté du théâtre général, le dramaturge franco-ontarien Nicolas Billon a mis la main sur le prestigieux prix du meilleur texte original pour sa pièce The Neighbours, une production de Green Light Arts en association avec le Théâtre Tarragon.
Interrogé sur ce qui a guidé sa plume pour ce projet, l'auteur multidisciplinaire explique avoir voulu explorer les recoins de la conscience humaine à travers une forme percutante.
Une chose qui m'a vraiment inspiré, c'est d'essayer de comprendre ce qui est nécessaire pour avoir le courage de dénoncer les choses qui se passent autour de nous, quand on sait que ce n'est pas correct et qu'il faut parler, confie Nicolas Billon.
J'ai essayé de bâtir une structure qui s'apparente à un thriller pour tenir une conversation plus approfondie sur un sujet qui est pourtant plein de zones grises. Mon inspiration vient de la curiosité de l'âme humaine.
Les autres grands gagnants

Dans la division théâtre général, « Through the Eyes of God » du Théâtre Passe Muraille a été sacré Meilleure production.
Photo : Prix Dora / Jae Yang
Outre la présence franco-ontarienne, plusieurs productions phares de la métropole ont dominé le palmarès.
Dans la division théâtre général, Through the Eyes of God du Théâtre Passe Muraille a été sacré meilleure production. Du côté du théâtre indépendant, c'est la pièce The Division qui est repartie les bras chargés de trophées, y compris ceux de la meilleure production, du meilleur texte et de la meilleure mise en scène pour Andrew Kushnir.
Le metteur en scène Thomas Morgan Jones, dont le spectacle figurait parmi les finalistes de la soirée, a tenu à souligner la beauté de ce rassemblement pancanadien et l'importance de l'art en ces temps incertains.
C'est comme un grand cadeau , affirme Thomas Morgan Jones, en partageant une citation qui lui tient à cœur.
On ne peut pas changer la façon dont quelqu'un pense, mais on peut changer son imagination. Les histoires ont ce pouvoir de transformer l'imagination pour y amener de l'espoir.
Le théâtre musical a quant à lui couronné la production Octet (Crow’s Theatre, Soulpepper et Musical Stage Company), tandis que la pièce Narnia (Bad Hats Theatre) s'est imposée pour sa trame musicale et sa direction créative.
Enfin, le prix d'honneur Silver Ticket, remis à une personnalité ayant transformé le milieu des arts de la scène à Toronto, a été décerné cette année à Jacoba Knaapen, ancienne directrice générale de TAPA.
Un milieu artistique bien en vie
Pour Victor Pokinko, le producteur de l'événement, le fait qu'il y avait 214 productions inscrites est le symbole d'un milieu fort et unique en son genre.
Cela représente l'abondance du théâtre, de l'opéra et de la danse à Toronto. C'est la preuve que nous sommes une ville de classe mondiale , affirme-t-il.
Au Canada, nous n'avons pas un star system traditionnel. C'est donc d'autant plus crucial d'avoir des soirées comme celle-ci pour rassembler la communauté, se donner une mesure d'excellence et fêter notre travail, explique M. Pokinko.
Il ajoute que les prix Dora sont les plus anciens et les plus connus au pays pour les arts de la scène. Le théâtre n'est pas fait par une seule personne, c'est une communauté qui le bâtit, dit-il.


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