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46 % de produits dangereux sur les plateformes de e-commerce – repris partout, pourquoi ce chiffre est à interpréter avec prudence

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Le chiffre de « 46 % de produits dangereux » relevé par la DGCCRF sur les grandes plateformes de e-commerce a largement circulé dans la presse. Pourtant, le rapport repose sur des contrôles ciblés sur des catégories déjà considérées comme à risque, ce qui interdit toute extrapolation à l’ensemble des produits vendus sur ces marketplaces. Explications. 

Non, vous n’avez pas une chance sur deux d’acheter un produit dangereux sur les plateformes de e-commerce. Depuis plusieurs jours, le chiffre de « 46 % de produits dangereux » issu d’un rapport de la DGCCRF est repris dans de nombreux articles consacrés au commerce en ligne et aux plateformes étrangères. FranceInfo titre ainsi : « Shein, Temu, AliExpress : 46 % des produits testés sont dangereux, selon la DGCCRF ». De son côté, TF1 Info évoque « près de la moitié des produits contrôlés jugés dangereux », tandis que Le HuffPost affirme que « la moitié des produits » vendus sur certaines plateformes seraient dangereux. 

Ces formulations, si elles reflètent des problèmes réels mis en évidence par les contrôles de la DGCCRF, peuvent laisser penser qu’un produit acheté au hasard sur ces marketplaces aurait une chance sur deux d’être dangereux, ce que le rapport, pourtant, ne dit pas. Car le point essentiel réside dans la méthodologie utilisée. Les contrôles n’ont pas été réalisés sur un échantillon représentatif de l’ensemble des produits vendus en ligne. Les enquêteurs ont ciblé des catégories déjà considérées comme sensibles ou à risque : jouets, appareils électriques, bijoux, cosmétiques ou produits pour enfants. 

La DGCCRF le précise d’ailleurs explicitement : les prélèvements étant concentrés sur les produits jugés les plus à risque, les taux observés « ne peuvent pas être extrapolés à l’ensemble des produits vendus sur les marketplaces contrôlées ». Autrement dit, les contrôleurs sont allés chercher en priorité les catégories où des anomalies étaient déjà suspectées. 

Cette approche est classique dans les opérations de surveillance des marchés : elle permet de concentrer les moyens sur les segments potentiellement les plus problématiques. Mais elle n’autorise pas à transformer le chiffre de « 46 % de produits dangereux » en photographie générale de tout le e-commerce. Comme le souligne le spécialiste du retail Olivier Dauvers, il s’agit davantage d’une mesure portant sur des « poches de risque » que d’un reflet moyen de la qualité des produits vendus en ligne. 

En outre, si la couverture presse s’est concentrée sur les plateformes asiatiques, alors que le rapport précise simplement, sans les nommer, que sept plateformes étrangères ont été testées, une enquête récente publiée par « 60 Millions de consommateurs » sur « Amazon Haul », l’offre low-cost lancée par Amazon pour concurrencer Temu, Shein ou AliExpress, montre que le problème ne se limite pas aux acteurs chinois.  

Selon le magazine, seuls trois des dix produits testés étaient conformes. Les autres présentaient différents problèmes : absence d’étiquetage réglementaire, composition erronée, absence de marquage CE ou encore risques liés à la sécurité électrique. Parmi les exemples relevés figurent des lunettes de soleil dépourvues de protection UV malgré leur présentation commerciale, un chargeur USB atteignant des températures très élevées lors de son utilisation ou encore des vêtements dont la composition réelle différait des descriptions affichées en ligne. 

Une enquête qui apporte un éclairage utile, car elle montre que les difficultés observées dépassent probablement la seule question de l’origine géographique des plateformes. Elles semblent davantage liées à certains segments du e-commerce à très bas prix, caractérisés par une multiplication des vendeurs tiers, une rotation extrêmement rapide des produits et des contrôles plus difficiles à exercer à grande échelle. 

Face à la montée des signalements et au volume croissant de produits à contrôler sur les marketplaces, l’État a par ailleurs décidé de renforcer sa surveillance du commerce en ligne avec la création d’une cellule dédiée baptisée « VigE-commerce ». Selon les informations relayées par LSA, cette structure doit permettre à la DGCCRF de mieux cibler les plateformes et les vendeurs à risque, notamment grâce à des outils de détection automatisée et à une coordination renforcée des contrôles. 

Lison G

Rédigé par Lison G

Rédactrice SEO, je réponds aux questions que l'on se pose vraiment avec clarté, pédagogie et nuance. Je souhaite vous guider et vous apporter des conseils vraiment utiles au quotidien

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