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Une trentaine d'étudiants, les yeux fatigués rivés sur leurs écrans, achevait le troisième Hackathon de l’UQAR, dimanche. Dans un délai de 24 heures, les équipes devaient concevoir une intelligence artificielle (IA) innovante sur la faune marine.
Devant les gobelets de café vides éparpillés sur les tables, Hugo Brito Mendes avoue qu'il est fatigué. On a envie de dormir, franchement, c’est surtout ça!. Le français, en formation à l’UQAR, est un des étudiants sur le point de terminer une épreuve de codes et d’algorithmes.
Le marathon de programmation leur proposait deux défis : développer une IA pour identifier des animaux marins à partir de sons, ou créer un modèle prédictif sur le schéma de migration des oiseaux marins.
On prend du café! On n'a pas le choix!, lance Yvik Kuate, en informatique au Cégep de Rimouski. Le modèle que son équipe a mis sur pied extrait des sons et les analyse.

Des étudiants et étudiantes de l'Université du Québec à Rimouski et de plusieurs cégeps du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière-Appalaches participaient à l'événement.
Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque
S'adapter à une nouvelle réalité
L’événement était une occasion pour les jeunes informaticiens et futurs ingénieurs de se familiariser avec une technologie qui chamboule leur milieu.
De nos jours c’est vraiment essentiel de comprendre l’IA parce qu’avec l’avancée des nouvelles technologies et modèles, c’est vraiment un plus de pouvoir comprendre et produire des outils qui vont nous servir au quotidien.
Emmanuel Parisien Bourgeois a fait le trajet de Matane. L’étudiant en technique d’informatique surveille le développement de l’IA. Elle est présente dans plusieurs domaines, c’est vraiment un atout dans tous les jobs, commente-t-il.
C’est quelque chose qui est en train de changer, et j’aimerais justement faire partie des personnes qui vont développer cette technologie pour pouvoir faire changer les choses… en mieux, j’espère!
Il explique que le Hackathon est une occasion d’apprendre à construire et entraîner un modèle, afin de trouver des solutions.

Les équipes n’avaient qu’une seule journée pour créer leur propre intelligence artificielle capable d'effectuer certaines tâches.
Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque
Entre compétition et apprentissage
L’événement était ouvert, notamment, à tous les étudiantes et étudiants en informatique du Bas-Saint-Laurent et Chaudière-Appalaches. Atcheilou Kouakou s'y est inscrite, curieuse d'apprendre.
C’est vraiment la première fois que je programmais quelque chose comme ça, avoue l’étudiante en génie civil à l’UQAR. Je suis arrivé et tout était blanc, mais mes collègues étudiants en informatique m’ont beaucoup aidé!

Atcheilou Kouakou, assise à gauche, a tenté l'expérience alors qu'elle n'avait jamais programmé d'IA auparavant.
Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque
On organise des défis qui vont permettre aux étudiants de se dépasser, explique le professeur au département d’informatique de l’UQAR, Yacine Yaddaden.
Bien que les modèles génératifs, comme ChatGPT, permettent de faire de la programmation à la place de l’humain et même s'ils sont utilisés par les étudiants, le professeur n'est pas inquiet. L'idée n'est pas nécessairement d'être meilleur que l’IA, mais de plutôt de la comprendre, selon lui.
Donc on essaie d’enseigner aux étudiants la partie fondamentale : "ce que vous êtes en train de faire, il faut le comprendre, il faut vraiment savoir ce qui en est."
Hugo Brito Mendes, étudiant français, le confirme. Si la seule recherche qu’on fait lorsqu’on veut apprendre quelque chose, c’est d’aller sur ChatGPT… c’est sûr qu'on ne peut pas dépasser l’IA si on se met à son niveau.

La trentaine d’étudiants avait 24 heures pour créer une intelligence artificielle ou un modèle prédictif sur la faune marine.
Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque
Après la compétition, les étudiants ont pu fermer leur ordinateur, digérer leur apprentissage, et se reposer quelques heures avant d’entamer une nouvelle semaine.
L’année passée, le thème du Hackathon de l'UQAR portait sur les menaces numériques. Les étudiants devaient trouver les failles de systèmes informatiques afin de les infiltrer.
Avec les informations d’Alix Villeneuve


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