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214 km/h de rafales au sommet en décembre 1999 et 9 cm d’écart seulement : la tour Eiffel bouge deux fois plus sous la chaleur d’un jour d’été

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Le 26 décembre 1999, les rafales ont atteint 214 km/h au sommet de la tour Eiffel. D’après le site officiel du monument, le sommet a alors oscillé de 9 cm. Un jour d’été, sans un souffle de vent, ce même sommet peut se déplacer de 19 cm.

Le soleil déplace donc la tour deux fois plus que cette tempête.

À retenir

  • Le sommet de la tour a oscillé de 9 cm pendant la tempête de décembre 1999.
  • Un jour d’été sans vent, le sommet peut se déplacer de 19 cm.
  • Le fer de la tour chauffe jusqu’à 60 à 70 °C et s’incline en s’éloignant du soleil.
  • La tour retrouve sa position initiale pendant la nuit.

Sommaire

  1. 9 cm sous 214 km/h : le bilan d’une nuit de tempête
  2. 19 cm sans une rafale : le sommet qui fuit le soleil
  3. Du métal à 60 °C et une tour plus petite l’hiver

9 cm sous 214 km/h : le bilan d’une nuit de tempête

Lors d’un soir de coup de vent, les journaux télévisés bouclent leurs images de la tour, et sur les ponts de la Seine les passants relèvent leur col pour la regarder. Celui de décembre 1999 avait de quoi marquer : 214 km/h mesurés en haut du monument, bien au-dessus des 130 km/h autorisés sur autoroute. On s’attendrait à voir le sommet se balancer comme un mât de navire. Le relevé officiel du 26 décembre 1999 parle pourtant de 9 cm d’oscillation, pas un de plus.

Certaines sources, dont RTL, avancent 13 cm pour cette même journée. Le chiffre retenu ici est celui du site officiel, 9 cm, à peine plus que la largeur d’une main.

Ce mouvement-là est celui que le public imagine spontanément. Un souffle pousse, la structure plie, puis elle revient. Mais ce n’est pas lui qui détient le record de déplacement.

19 cm sans une rafale : le sommet qui fuit le soleil

Le mécanisme tient en une phrase : le fer puddlé chauffe, donc il s’allonge. La face tournée vers le soleil s’allonge davantage que celle restée à l’ombre, et la tour se tord. L’historien et architecte Bertrand Lemoine l’expliquait sur Europe 1 : elle se courbe légèrement, comme si elle voulait s’éloigner de l’astre.

Le compte officiel de la tour, cité par RTL, emploie une formule du même ordre : le sommet « fuit le soleil ». Il peut ainsi se décaler jusqu’à 19 cm. Comme le soleil se déplace dans le ciel, la face éclairée change au fil des heures, et la courbure suit le mouvement. Le sommet dessine donc une courbe au cours de la journée, lente et sans à-coup, que Bertrand Lemoine décrit comme imperceptible et progressive.

La nuit, elle revient à sa position initiale.

Le Parisien, lors de la canicule de fin juin 2025, évoquait environ 20 cm de déplacement sur une journée de forte chaleur. L’écart avec les 19 cm de RTL tient sans doute à l’arrondi, car l’ordre de grandeur reste le même d’une source à l’autre.

Pourquoi un monument de fer réagit-il autant ? Parce que son métal encaisse des températures bien supérieures à celles de l’air. D’après un calcul de The Conversation repris par le magazine suisse Batimag, le fer de la tour peut atteindre 60 à 70 °C lorsqu’il est exposé en plein soleil. Son coefficient de dilatation avoisine 12 millionièmes de mètre par mètre et par degré. Une poutre de 300 m pourrait, en théorie, s’allonger de 36 cm pour 100 °C d’écart, mais la structure ne chauffe pas de façon uniforme, ce qui limite l’effet réel.

Cette inégalité de chauffe explique pourquoi la tour ne se contente pas de grandir : elle s’incline. Le même calcul donne une dilatation de 12 à 15 cm en saison chaude, avec un sommet qui s’écarte légèrement du soleil. Les chiffres varient d’un article à l’autre, mais le mécanisme, lui, ne change pas.

Le phénomène a aussi son versant saisonnier. En hiver, la tour peut perdre jusqu’à une dizaine de centimètres, selon Le Parisien. Entre une journée de canicule et un matin de gel, la silhouette parisienne n’a donc pas tout à fait la même taille.

Mettons les ordres de grandeur côte à côte. La pire tempête citée ici a produit 9 cm d’oscillation, une journée d’été ordinaire en produit 19, et la saison froide retire une dizaine de centimètres de hauteur. Le vent agit par rafales, quelques secondes à la fois. Le soleil, lui, travaille pendant des heures, face après face, sur plusieurs centaines de tonnes de métal.

La prochaine fois qu’un bulletin météo annoncera une canicule, le chiffre à retenir sera donc celui du thermomètre, pas celui de l’anémomètre. Reste une nuance : ces 19 ou 20 cm sont des mesures de sommet, relevées d’une position à l’autre, et RTL comme Le Parisien rappellent que la tour regagne sa position de départ une fois la nuit venue.

Sources : europe1.fr | letribunaldunet.fr

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