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Il y a 20 ans, le 31 mai 2006, l'interdiction de fumer dans les bars et restaurants du Québec et de l'Ontario entrait en vigueur. C’était la fin de la fameuse question : « Fumeurs ou non-fumeurs ? » Bien que certains craignaient une baisse d’achalandage à l’époque, des restaurateurs de la Côte-Nord disent s’être adaptés rapidement.
C’est le cas de Théoharris Ganas qui est propriétaire du restaurant Chez Julie à Havre-Saint-Pierre. Il affirme avoir constaté assez vite des effets positifs sur son environnement de travail. Les peintures restaient plus longtemps, il y avait moins de poussière sur les décors, sur les verres et sur les meubles , décrit-il, en se remémorant l’odeur de cigarette omniprésente à l’époque.
Une conseillère scientifique à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), Annie Montreuil, affirme au micro d’Alec Castonguay que le gouvernement avait mis en place cette mesure avant tout pour protéger les employés des restaurants et des bars, qui étaient constamment exposés à la fumée sur leurs lieux de travail.
Fumeur ou non-fumeur ?
Le propriétaire de Chez Julie explique qu’avec le recul, l'idée d'avoir eu ces deux sections lui paraît un peu ridicule, puisque la fumée restait inévitablement en suspens dans l'air du restaurant.

Le propriétaire du restaurant Chez Julie, Théoharris Ganas, considère que l'interdiction de fumer a été une mesure très positive pour tout le monde. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Élia Rousseau
De son côté, Carl Beaulieu, propriétaire du Bistro La Marée Haute à Baie-Comeau, est d’avis que l'aménagement de sections fumeur et non-fumeur a été un très bon coup pour son ancien restaurant, L'Orange Bleue, qui était situé aussi à Baie-Comeau.
Ce dernier avait d'ailleurs investi dans un système de ventilation plus puissant afin d’éviter que la fumée de la section fumeur se retrouve dans l’autre section.
Carl Beaulieu craignait même de devoir fermer son restaurant. Pourtant, les deux restaurateurs s'entendent pour dire qu'à leur grande surprise, l'interdiction n'a causé aucune baisse significative de leur achalandage.
Tout le monde disait : On ne sortira plus, on va rester chez nous, on n'ira plus dans les restos et les bars.

Carl Beaulieu explique que son personnel a dû s'adapter à de nouvelles situations cocasses : il arrivait que des plats soient servis devant des chaises vides, ou que des commis débarrassent par erreur les tables de clients qui étaient simplement sortis fumer une cigarette. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
Des citoyens rencontrés à Baie-Comeau sont d’avis que les gens ont fini par s'habituer avec le temps. Un homme explique toutefois que l’interdiction a fait, selon lui, plus de mal aux bars qu’aux restaurants. Il y en a beaucoup qui prenaient une bière en prenant une cigarette , lance-t-il.
Selon la plupart des personnes rencontrées, c’est plutôt la montée des prix qui a désormais un impact négatif sur l'achalandage.


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