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2,4 M$ pour le secteur de l’acier, mais toujours des attentes pour la main-d’œuvre

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Quatre PME du Saguenay-Lac-Saint-Jean du secteur de l’acier et de la manufacture recevront plus de 2,4 millions $ de la part de Développement économique Canada pour les régions du Québec (DEC).

Cette aide financière, versée dans le cadre de l’Initiative régionale de réponse tarifaire (IRRT), vise à soutenir les entreprises affectées par les droits de douane imposés par les États-Unis. À l’échelle de la province, près d’une centaine d’entreprises se partageront un peu moins de 64 millions $.

Face à des droits de douane injustifiés et injustifiables qui touchent durement les entreprises canadiennes, notre gouvernement agit de façon concrète pour appuyer les PME québécoises. En misant sur la productivité, l’innovation et la diversification des marchés, nous leur donnons les moyens de renforcer leurs chaînes d’approvisionnement et de demeurer concurrentielles dans un contexte commercial incertain, a dit par voie de communiqué Mélanie Joly, ministre de l’Industrie et ministre responsable de DEC.

L’entreprise de Normandin JAMEC, spécialisée en équipement de manutention pour le secteur industriel, se voit octroyer 425 000 $. À Alma, le Groupe Alco-TMI, entrepreneur en mécanique industrielle, chaudronnerie et tuyauterie, recevra 672 700 $.

Une somme de 335 000 $ sera versée à l'entreprise de Saguenay Pedno, qui fabrique des chaînes de traction, chenilles et accessoires miniers.

La plus grosse enveloppe, soit 1 million $, sera versée à Proco. L’entreprise, dont l’usine principale est située à La Baie, se spécialise en revêtements et structures métalliques.

Le financement servira à bonifier les équipements automatisés de production, explique le directeur général de Groupe Proco, Jean-Denis Toupin.

On ajoute à notre flotte des robots avec de plus grandes capacités qui vont nous aider à maintenir notre capacité de production dans un contexte de rareté de main-d'œuvre, indique M. Toupin.

Jean-Denis Toupin prend la pose devant la caméra.

Le directeur général de Groupe Poco, Jean-Denis Toupin, se réjouit de l'aide financière, mais espère surtout pouvoir garder ses travailleurs étrangers temporaires. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard

Quand on automatise, souvent ce qu'on fait, c'est qu'on augmente la capacité de production, mais on ne diminue pas la main-d'œuvre.

L’éléphant dans la pièce

Le DG de Proco faisait partie de la délégation d’entreprises régionales qui s’est rendue à Ottawa, à la fin du mois de mars, afin de faire valoir la nécessité des travailleurs étrangers temporaires. Le groupe est reparti de la capitale sans rapporter d’engagements fermes.

On est bien contents de l'aide de DEC [...], mais de l'autre côté, on va aussi avoir besoin de nos travailleurs pour opérer ces machines et ces usines.

L’entreprise, qui comptait jadis 54 travailleurs étrangers temporaires, en a vu partir huit depuis l’annonce des restrictions au programme, en novembre 2025.

Un homme regarde son employé faire de la soudure sur une structure.

Groupe Proco compte sur les travailleurs étrangers temporaires pour assurer sa production. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Là, on se bat pour essayer d'éviter d'en perdre entre 25 et 30 autres. Ce serait catastrophique si ça s'avérait, dit Jean-Denis Toupin.

On sent la volonté du gouvernement fédéral. On sent qu'ils comprennent l'impact des tarifs pour la plupart des entreprises manufacturières, note pour sa part le directeur général de l’organisation Alliage, Marc St-Hilaire, au sujet de l’aide financière destinée à la région.

Alliage est un organisme à but non lucratif qui regroupe plus de 300 membres œuvrant entre autres dans les secteurs manufacturiers et de transformation, de l’ingénierie et du transport.

Cela dit, malheureusement, la plus grande menace pour nos manufacturiers locaux, ce ne sont pas les tarifs, mais bien le manque de main-d'œuvre spécialisée. [..] Il est impératif qu'Ottawa mesure l'impact des nouvelles règles en matière d'immigration économique, tranche M. St-Hilaire.

Marc St-Hilaire pose dans une usine.

« L'immigration économique demeure le sujet le plus préoccupant pour le moment », estime Marc St-Hilaire. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier

Nos manufacturiers ont beaucoup plus peur de ce qui s'en vient avec les travailleurs étrangers temporaires que des tarifs imposés par les États-Unis.

Après son passage à Ottawa, Marc St-Hilaire assure avoir gardé le contact avec plusieurs personnes dans la capitale et que les discussions se poursuivent.

Il est probable, selon lui, que le gouvernement fédéral attende que la succession du premier ministre François Legault soit connue et que Québec retrouve plus de stabilité avant de statuer sur les politiques migratoires qui concernent la province.

Jusqu’à maintenant, les doléances du secteur manufacturier ont été écoutées, mais aucune action concrète n’a été entreprise, déplore le DG d’Alliage.

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