Le paradoxe est presque cruel. Jamais l’égalité entre les femmes et les hommes n’a occupé autant de place dans le débat public. Et pourtant, jamais les progrès n’ont semblé aussi lents. Le 14 juin 2026 marque le septième anniversaire de la grande grève des femmes. Une date qui ne doit rien au hasard. C’est le 14 juin 1981 que le peuple et les cantons acceptaient l’inscription de l’égalité entre femmes et hommes dans la Constitution fédérale. Dix ans plus tard, une première grève nationale dénonçait déjà la lenteur des progrès accomplis. En choisissant à nouveau cette date en 2019, les organisatrices s’inscrivaient dans cette filiation. Et le 1er juillet prochain, la loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes fêtera ses 30 ans. Entre ces deux anniversaires se dessine toute une histoire.
Dans les années 1980, l’objectif est clair: construire l’égalité de droit. Et sous cet angle, la Suisse avance. Lorsque l’on regarde la période comprise entre 1996 et 2019, ce sont les fondations qui se mettent en place. Les droits progressent. Les protections se renforcent. Les institutions se structurent. Puis survient le 14 juin 2019. Des centaines de milliers de personnes descendent dans la rue. Ce jour-là, les manifestantes ne réclament pas seulement de nouveaux droits. Elles posent une question beaucoup plus dérangeante: à quoi servent ces droits lorsqu’ils ne suffisent pas à transformer la réalité?


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