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Parce que ça pince et que tout athlète a sa fierté, Zachary Bolduc s’en souvient encore très bien.
C’était le 23 janvier 2025. Ses Blues de St. Louis affrontaient les Golden Knights de Vegas pour la deuxième fois en trois jours, tandis que le Québécois se contentait d’observer tout ça depuis la galerie de presse, laissé de côté par l’entraîneur Jim Montgomery. Pour une dixième fois cette saison-là. Il ne le savait pas encore, mais cela allait être la dernière.
À partir du moment où il a réintégré le groupe deux jours plus tard, Bolduc a pris son envol : 14 buts, 21 points en 33 matchs, au deuxième rang des buteurs de son équipe avec un filet de moins que Jordan Kyrou. Il a aussi été le plus prolifique buteur au sein de l’avantage numérique.
Bolduc était tout jeune au sein d’un club de vétérans poussant pour accéder aux séries éliminatoires et a réussi à se rendre indispensable en fin de parcours.
Cette fois, il est légèrement plus vieux – il a soufflé 23 bougies le 24 février – dans la plus jeune équipe de la ligue et a dû sauter son tour pour la première fois de l’année jeudi soir contre les Islanders de New York. Les nombreux blessés sont revenus au jeu, et, entretemps, le Canadien a ajouté de la profondeur avec Phillip Danault et Alexandre Texier. Ça prend un bouc émissaire.
Ça fait mal, a-t-il admis vendredi au terme d’un entraînement facultatif et très court, mais ça ne sert à rien de s’apitoyer sur son sort.
Bolduc connaissait sa partition par cœur. Il a rappelé à de nombreuses reprises qu’il n’a aucun contrôle sur la situation, fâchante au demeurant, que c’est à lui de travailler d’arrache-pied et de ne pas laisser le choix à son entraîneur.
Ce même entraîneur, Martin St-Louis, qui disait du jeune homme un peu avant la pause olympique qu’il connaissait ses meilleurs moments avec le CH même si sa production avait ralenti. St-Louis déplorait alors cette société de résultats qui est la nôtre.
Si ce n’était pas une question de résultats par contre, si le Canadien se voyait encore comme une équipe en reconstruction essentiellement gouvernée par le développement de ses jeunes joueurs, on peut penser que Bolduc, acquisition précieuse de l’été dernier, n’aurait pas sauté son tour, même une petite fois.
Le CH tente de consolider sa place en séries éliminatoires et St-Louis a envoyé sur la glace, jeudi, la formation qui lui donnait les meilleures chances de victoire à son avis. C’est tout à fait normal, mais cela reflète un changement de ton.
Trouver sa place
La balle est dans mon camp, a lancé Bolduc dans un point de presse de sept minutes.
Sans révéler la nature de la conversation qui a eu lieu entre son entraîneur et lui, le Trifluvien semble prendre les choses avec philosophie.
Tu ne veux jamais être retiré de la formation, mais j’essaie d’utiliser cette mauvaise nouvelle à mon avantage.
Cela lui laisse un peu plus de temps pour s’entraîner et ça lui a permis de voir au moins un match depuis les hauteurs du Centre Bell, ce qui n’est jamais perdu, affirment les joueurs dans cette situation.
Quand tu vois ça d’en haut, tu te rends compte qu’il y a un peu plus d’espace sur la glace. Quand tu es dans le feu de l’action, si ta confiance est un peu plus basse, tu précipites tes jeux. En haut, tu te rends compte que, finalement, ce n'est pas si pire, tu as plus de temps. Des fois, ça fait du bien, a fait valoir Alexandre Carrier.
Bolduc est encore en quête de repères cinq mois après le début de la saison. Quel sera son rôle dans cette équipe? Qui seront ses partenaires de trio les plus fréquents? Tout ça reste à déterminer, la transition ne s’est pas faite sans heurts.
Lui-même estime que son jeu est bon, mais pourrait être encore mieux.
Je ne pense pas avoir démontré quel type de joueur je suis réellement.
Et quand on lui demande de préciser sa pensée, Bolduc parle d’impact offensif, du fait qu’il souhaite contrôler la rondelle davantage. Il le mentionnera à plusieurs reprises durant son point de presse de sept minutes.
Il aura l’occasion de démontrer tout ça à nouveau. En son absence, Texier n’a rien cassé au sein d’un trio de soutien en compagnie d’Alex Newhook et de Jake Evans. En attendant, il s’agit de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Une hirondelle ne fait pas le printemps après tout.
Que ce soit dès samedi face aux Capitals ou dans quelques jours, sa chance viendra bien assez tôt. Et ce sera à lui de se rendre indispensable, comme il l’a fait dans le Missouri l’an dernier.
Parce que le Canadien, c’est de plus en plus clair, sera moins tolérant dorénavant. Une mauvaise nouvelle pour un joueur donné de temps à autre, mais une bonne pour les partisans.


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