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Derrière la laïcité officielle, les vieux rites du pouvoir continuent tranquillement leur carrière administrative.
Son parcours commence en Mésopotamie, où les souverains se considéraient comme les représentants des dieux. Il traverse ensuite la chrétienté médiévale, les rapports entre papes et monarques, puis la naissance de l’État souverain. Comme Youssef Hindi le résume, l’État moderne naît d’« un double mouvement, un mouvement d’opposition à l’Église et un mouvement d’imitation de l’Église ».
La République n’a donc pas liquidé la religion. Elle a changé l’étiquette sur la boîte, gardé la hiérarchie et remplacé le salut céleste par une promesse terrestre administrée depuis Paris. Le libéralisme, le marxisme et les idéologies modernes complètent ce grand service après-vente métaphysique.
« La modernité n’a jamais cessé d’être religieuse », affirme Youssef Hindi. Elle a déplacé le sacré vers l’État, le droit positif et les institutions, avant de retourner cette puissance contre les religions traditionnelles.
Sa conclusion ne ménage pas les restaurateurs de civilisation en kit : quelques rustines politiques ne suffiront pas. Il faudrait renouer autorité, droit, morale et transcendance. Autrement dit, soigner la cause plutôt que maquiller le cadavre en Marianne.
par Yoann
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