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Dans la foulée de la défaite cuisante des équipes canadiennes dans leur face-à-face avec les États-Unis aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, et du succès exponentiel de la série Heated Rivalry, la parution de Youngblood, remake du film du même nom paru en 1986 avec Rob Lowe et Patrick Swayze en tête d’affiche, tombe à point nommé.
Or, cette adaptation canadienne de Hubert Davis, bien que plus complexe et nuancée que l’original, ne risque pas de contribuer outre mesure à faire hausser cette fièvre renouvelée du hockey.
Dean Youngblood, un hockeyeur prometteur originaire de Detroit, est recruté par l’équipe junior des Hamilton Mustangs, au Canada. Doté d’un tempérament explosif alimenté par un père méfiant et rempli de colère depuis la mort de sa conjointe, le jeune joueur se heurte à un entraîneur et à des coéquipiers méfiants qui le relèguent la plupart du temps au banc.
Grâce au mentorat du capitaine de l’équipe, Denis Sutton (Henri Picard), et au charme de la fille de l’entraîneur, Jessie (Alexandra McDonald), Youngblood apprend tranquillement la valeur de son talent, du calme et du travail d’équipe. Lorsque Carl Racki (Donald MacLean Jr.), un rival agressif, blesse grièvement Sutton, le cœur des Mustangs crie vengeance. À l’approche de la finale des séries, alors que la victoire ne tient qu’à un fil, la recrue devra toutefois faire un choix : les poings ou la tête.
Le cinéaste et les multiples scénaristes reprennent donc sans grande imagination la prémisse initiatique de leur modèle. Leurs efforts soutenus pour moderniser le récit — certes louables — servent toutefois surtout à en réactualiser les clichés — sur la violence, les relations père-fils et la découverte de soi, entre autres.
Certes, on a ici droit à des allusions justifiées au racisme au sein de la ligue nationale, à la masculinité et à la culture toxiques du sport et au manque de représentativité et de financement du hockey féminin — un choix qui donne un peu de coffre au personnage de Jessie, seule de son sexe. Ces commentaires ne se consolident toutefois jamais en réflexion plus approfondie, et sont donc disséminés à travers l’histoire sans trop servir sa progression.
Autrement, on a droit à un parcours initiatique classique dont les obstacles, les jalons et les apprentissages sont aussi prévisibles que la mise en scène. Ici non plus, pas d’effort exhaustif à l’horizon. On a plutôt l’impression de se retrouver dans une énième romance Netflix — la caméra oscille entre les gros plans et les vues d’ensemble — avec quelques coups de patin en plus.
Comme dans toute bonne romance télévisée, la distribution demeure la plus grande force de l’œuvre. Ashton James, Blair Underwood et Henri Picard font preuve d’une retenue et d’une présence tranquille qui teintent le parcours de leur personnage d’une certaine forme de nuance et de profondeur, et qui rendent plusieurs scènes quelconques hautement plus crédibles. Un film qui s’oublie dès le visionnement terminé.


3 month_ago
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