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La série documentaire emprunte les codes du film hollywoodien pour raconter les prédateurs. Magnifique et sauvage.
Passer la publicité Passer la publicitéDans le parc national de Yellowstone, immense territoire de près de 9000 kilomètres carrés à cheval sur trois États américains (Wyoming, Idaho et Montana), l’hiver ne ressemble à aucun autre dans le monde. C’est la saison de tous les combats. La faune sauvage résiste à des températures polaires qui imposent aux prédateurs de composer avec le climat pour préserver leur place en haut de la chaîne alimentaire. Des conditions extrêmes que le plus ancien parc naturel au monde, créé en 1872, doit à sa géographie physique unique.
Avec des sommets qui culminent à plus de trois mille mètres d’altitude, le parc abrite en son cœur la plus grande concentration au monde d’activité géothermique alimentée par un supervolcan, enfoui sous la croûte terrestre. Un paradoxe quand on se souvient que Yellowstone est l’endroit le plus froid des 48 États continentaux des États-Unis. La neige commence à y tomber dès septembre et peut persister jusqu’en mai de l’année suivante. Si la migration et l’hibernation offrent un peu de répit à certains animaux, d’autres doivent esquiver les pièges mortels des congères, ruser pour se nourrir et déjouer les assauts de prédateurs.
Poudrin de glace
Sous un soleil éblouissant dont les rayons se faufilent dans le « poudrin de glace » - du nom d’une forme de précipitations de surface dans les régions arctiques, par temps très froid et ciel dégagé - avant de frapper l’épais manteau neigeux, le renard roux offre un spectacle fascinant lorsqu’il chasse. La poursuite de sa proie, qu’il opère à blanc, donne lieu à des rebondissements étonnants. Avec un planté final du plus bel effet, saisi en gros plan par la caméra indiscrète… et presque moqueuse.
Dans Yellowstone, nature extrême , grizzlys, loutres et bisons présentent également d’incroyables séquences de vie, captées par le réalisateur Thomas Winston, qui s’est immiscé deux ans durant au plus près de cette lutte pour la survie. Si les deux épisodes d’une heure et demie chacun environ ne sont pas des inédits, leur magie reste intacte. La musique d’orchestre qui rythme les aventures des différentes espèces, l’intensité dramatique de leurs intrigues et l’incomparable beauté des images signent un documentaire aux codes du film hollywoodien. Ainsi qu’elle a été décrite à sa sortie, cette série documentaire ressemble à un western animalier dont on ne se lasse pas. Et que l’on revoit cent fois avec ses yeux d’enfant et autant de plaisir.
Prédateur hors pair
Prenez la séquence de chasse du lynx. Sur les rives gelées de la rivière Madison, ce gros chat sauvage qui ne rugit pas mais ronronne comme son cousin domestique, règne sur son domaine. Et s’il semble pataud lorsque ses pattes s’enfoncent dans la poudreuse, il n’en conserve pas moins une allure de prédateur hors pair. Lorsqu’il bondit sur un canard colvert imprudent, c’est toute sa puissance féline qui s’exprime. Une séquence tellement spectaculaire qu’elle laisse bouche bée et provoque une crainte presque irrationnelle, alors qu’elle fait pourtant suite à un lamentable échec du même lynx quelques instants auparavant. L’occasion pour le téléspectateur de se rappeler alors combien l’observation en milieu naturelle, si difficile soit-elle, réserve des images exclusives et inédites. Au pouvoir quasi hypnotique tant elles sont sublimes.
Que dire des tranches de vie captées parmi les loups, dont les meutes règnent en maîtres sur les plaines de Yellowstone ? Leurs épisodes de chasses aux bisons, réintroduits depuis quelques dizaines d’années après avoir été totalement décimés il y a plus d’un siècle par la folie destructrice des hommes, constituent des moments quasi historiques à l’écran. Le destin de « queue noire », ce jeune loup solitaire d’abord banni par les siens avant de trouver un accueil inespéré dans une autre troupe, est une happy end du meilleur effet.


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