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XV de France : «Il amène beaucoup d’enthousiasme», derrière Dupont, la délicate gestion du cas Baptiste Serin

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Rayonnant à chacune de ses entrées depuis le début du Tournoi des six nations, Baptiste Serin n’a pourtant joué qu’une poignée de minutes après quatre matches. Derrière Antoine Dupont, le Toulonnais se montre irréprochable.

Un rayon de soleil en plein orage. Samedi dernier à Murrayfield, alors que les Bleus étaient rudoyés par une sublime équipe d’Écosse en seconde période, Baptiste Serin a d’abord assisté, la mine sombre, à la déchéance de ses compatriotes depuis le banc de touche. Après avoir timidement attendu son heure, le demi de mêlée toulonnais - qui fêtait sa 50e sélection sous le maillot bleu - a fini par entrer à la 69e minute. Pour remplacer un Antoine Dupont dominé comme rarement, dynamiser le système tricolore et jouer un rôle certain sur les trois essais marqués par le XV de France entre la 73e minute et le coup de sifflet final.

Dès lors, la question agite le rugby français : Baptiste Serin devrait-il connaître un temps de jeu plus conséquent ? Face à l’Irlande (1re journée) et l’Italie (3e journée), ce dernier n’a eu que 12 petites minutes, sur les deux matches confondus, pour s’exprimer. Par ses coups d’éclat, son animation bien sentie et son profil tourné vers l’offensive, le Varois a toujours relancé un XV de France qui s’était quelque peu assoupi.

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Ce fut donc encore le cas, dans des proportions bien plus importantes, lors de la déroute d’Édimbourg. Pour preuve, c’est lui qui a offert l’essai du bonus offensif à Thomas Ramos, avant de vite jouer une pénalité pour celui d’Oscar Jegou quelques secondes plus tard. «Il amène beaucoup d’enthousiasme, comme s’il vivait ses premières sélections, apprécie Guy Accoceberry, ancien demi de mêlée aux 19 apparitions sous le maillot bleu. Il ne se pose pas de questions, prend le jeu à son compte quand il entre et essaye de faire briller l’équipe. Depuis le début du Tournoi des six nations, il apporte toutes ses qualités de vitesse, d’organisateur et d’éjecteur».

Une entrée tardive à Édimbourg

Des entrées brillantes qui mériteraient plus de reconnaissance ? Seulement quatre mois après son grand retour, Antoine Dupont ne semble pas encore en mesure d’évoluer à son meilleur niveau pendant plus d’une heure de jeu. En Écosse, c’est même à la 50e minute que le Toulousain s’est éteint, offrant deux essais au XV du Chardon sur des tentatives personnelles. Fabien Galthié aurait-il dû sortir son capitaine plus tôt dans le match, alors que ce dernier semblait plié ? Ce n’est pas la première fois que le sélectionneur tarde à remplacer son homme à tout faire dans une rencontre qui ne tourne pas en sa faveur. Les fantômes du quart de finale de la Coupe du monde 2023 face à l’Afrique du Sud, lors duquel Maxime Lucu n’était même jamais entré, ont plané sur Murrayfield.

«Ça aurait peut-être été mieux de sortir Dupont un peu plus tôt, pour le protéger, sachant qu’il n’est pas encore au top physiquement», estime Accoceberry. Qui tient cependant à nuancer l’idée : «Il faut noter que Baptiste Serin est entré au moment où les Écossais ont connu leur baisse de régime. S’il était entré plus tôt, quand les Bleus subissaient les vagues adverses, il aurait été dans la même situation qu’Antoine Dupont.»

Il a un bon état d’esprit, il fait tout ce qu’il faut

Pierre Beribizier, ancien sélectionneur du XV de France

En dépit de son temps de jeu limité, Baptiste Serin semble pleinement savourer son retour avec la grande équipe de France. L’année dernière à la même époque, Le Figaro s’interrogeait sur ses absences répétées sous le maillot bleu. La preuve en est, le Varois de 31 ans n’avait plus disputé le Tournoi des six nations depuis l’édition 2021. Une éternité pour un joueur de ce calibre. «J’ai l’impression de faire partie des nouveaux capés dans le sens où, tout ce qu’on me donne, je le prends avec beaucoup de plaisir»confirmait l’intéressé en conférence de presse, la semaine passée.

Tout en étant conscient de devoir en partie sa présence à la blessure de Maxime Lucu (début janvier), d’ordinaire doublure attitrée d’Antoine Dupont. «Il a un bon état d’esprit, il fait tout ce qu’il faut», salue Pierre Berbizier, ancien demi de mêlée (56 sélections) et sélectionneur du XV de France. «On l’a vu lors de son entrée en jeu samedi dernier, il se prépare à toute éventualité pour offrir la bonne réponse au staff. Il semble profiter de chaque minute qui lui est offerte et c’est une bonne démarche».

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Malgré le retour du Bordelais dans le groupe des 42, c’est bien Serin qui a été reconduit sur le banc pour défier l’Angleterre (ce samedi, 21h10), à l’occasion d’un Crunch décisif pour la victoire finale. L’inverse aurait presque été cruel. S’il ne fait aucun doute qu’Antoine Dupont aura la volonté de remettre les pendules à l’heure après une prestation en deçà de ses standards habituels, son homologue de la charnière a encore de quoi enflammer la pelouse de Saint-Denis. «Ce que j’apprécie, c’est qu’il ne cherche pas à être neutre derrière Dupont. Il fait du Serin, il apporte au XV de France ce qu’il doit apporter et cela montre sa personnalité. C’est à mettre en valeur, il accepte parfaitement son rôle», commente encore Berbizier.

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Reste désormais à savoir si le demi de mêlée du RCT postulera aux prochaines échéances du groupe France. Ou s’il n’a fait que dépanner Fabien Galthié le temps d’un hiver. «Je préfère profiter du moment que je suis en train de vivre», souffle l’international au sujet de la Coupe du monde 2027 en Australie. «J’ai déjà disputé une Coupe du monde (2019), une autre où je suis resté à quai (2023), je suis bien placé pour savoir que ça peut aller très vite dans un sens comme dans l’autre. Pour l’instant, je vais me concentrer sur ce qui arrive plutôt que de faire des plans sur la comète. Ce qui se passe aujourd’hui est, pour moi, peu révélateur de ce qui peut se passer dans plusieurs mois».

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