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Ce contrat à 24,3 milliards de dollars doit encore être approuvé par le Congrès, mais des observateurs redoutent que la Chine puisse acquérir cette technologie grâce à ses partenariats avec Ryiad.
Un avion de chasse F-35B du Corps des Marines des Etats-Unis à Porto Rico, le 13 septembre 2025. Le gouvernement américain a approuvé, jeudi 17 septembre, la vente de 48 avions de combat furtifs F-35 à l’Arabie saoudite pour 24,3 milliards de dollars (environ 21 milliards d’euros), un énorme contrat qui intervient en plein conflit au Moyen-Orient. Comme l’exige la loi américaine, le département d’Etat a informé le Congrès de ce projet de vente, qui devra être approuvé par les législateurs américains. Certains y sont opposés, en raison notamment de craintes que la technologie de cet appareil de pointe ne fuite vers la Chine.
« La vente proposée renforcera la capacité de l’Arabie saoudite à dissuader les menaces actuelles et futures en consolidant sa défense nationale et en améliorant l’interopérabilité avec les forces américaines », a indiqué le département d’Etat pour justifier le projet de vente. La livraison effective de ces avions devrait s’étaler sur plusieurs années.
L’Arabie saoudite a salué cette annonce, soulignant par la voix de son ambassade à Washington que « la vente proposée de F-35 témoigne de la solidité et du caractère durable du partenariat stratégique entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, ainsi que de la progression constante de notre coopération en matière de défense ». Ryad cherche depuis longtemps à acquérir des F-35, mais Israël – seul pays de la région à exploiter ces avions – avait exprimé de fortes réserves.
Cette vente d’avions « permettra également d’augmenter le nombre d’avions opérationnels de l’Arabie saoudite et de renforcer ses capacités d’autodéfense air-air et air-sol », a souligné le Département d’Etat. Mais elle « ne modifiera pas l’équilibre militaire dans la région », selon cette source, conformément à la politique américaine de longue date selon laquelle Israël doit disposer d’un avantage militaire sur ses adversaires régionaux potentiels.
Réservé aux alliés les plus proches
Mais le New York Times a rapporté il y a quelques jours que des analystes des services de renseignement américains avaient évoqué la possibilité que Pékin puisse acquérir la technologie du F-35 grâce à ses partenariats avec Ryad.
« L’administration Trump ne devrait pas donner suite à son projet de vente d’avions de chasse F-35 à l’Arabie saoudite alors que nos propres services de renseignement nous avertissent que cela pourrait mettre les joyaux de la technologie militaire américaine à la portée du Parti communiste chinois », a mis en garde un élu démocrate, Raja Krishnamoorthi, membre de la commission du renseignement à la Chambre des représentants.
Jusqu’à présent, les Etats-Unis n’ont autorisé la vente de F-35, un avion de combat ultra-sophistiqué, qu’à leurs alliés les plus proches, notamment plusieurs pays européens membres de l’OTAN et Israël. Washington a exclu la Turquie, membre de l’OTAN, du programme F-35 en 2019, protestant contre l’achat par Ankara d’un système de défense aérienne russe.
Il s’agit du dernier en date d’une série d’achats majeurs d’armements effectués par l’Arabie saoudite en 2026, en plein conflit au Moyen-Orient provoqué par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, lancées en février. Depuis lors, l’Arabie saoudite a été entraînée dans le conflit. Régulièrement frappée par l’Iran, elle fait aussi face depuis juillet à une offensive des forces antigouvernementales yéménites houthistes, soutenues par Téhéran, qui placent Ryad, premier exportateur mondial de brut, sous forte pression.
Le Monde avec AFP


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