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Cette décision diplomatique rare, qui témoigne des tensions entre les deux pays, ne signifie pas que l’ambassadrice est expulsée du sol américain, a nuancé un responsable du département d’Etat américain.

Maria Luiza Ribeiro Viotti, à Berlin, le 18 juillet 2013. Maria Luiza Ribeiro Viotti, à Berlin, le 18 juillet 2013.

Nouvel épisode d’un bras de fer diplomatique. Les Etats-Unis ont révoqué le visa de l’ambassadrice du Brésil à Washington, selon un responsable américain, mardi 4 août, sur fond de tensions croissantes entre les deux pays et à quelques mois de la présidentielle dans le plus grand pays d’Amérique latine.

Cette décision, rare sur le plan diplomatique, illustre le niveau des tensions entre Brasilia et Washington, mais ne signifie pas que l’ambassadrice, Maria Luiza Ribeiro Viotti, est expulsée du sol américain, selon un responsable du département d’Etat.

« La décision d’aujourd’hui n’est pas un fait isolé. Elle s’inscrit dans une escalade de mesures hostiles délibérée contre le Brésil, motivée par des raisons idéologiques », a dénoncé le bureau du président Luiz Inacio Lula da Silva, dans un communiqué.

Les relations entre l’administration Trump, tout particulièrement le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, et le président brésilien de gauche, sont notoirement tendues, signe de rivalités politiques entre les deux gouvernements.

Alors que Washington n’apprécie pas que le pays traîne des pieds pour confirmer son nouvel ambassadeur au Brésil, le gouvernement brésilien a, lui, refusé de délivrer il y a quelques jours des visas à des responsables américains, qui voulaient rencontrer les autorités électorales.

Le responsable du département d’Etat a précisé, sous le couvert de l’anonymat, que cette révocation serait aussitôt suspendue si le Brésil accordait son agrément au nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Brasilia, Daniel Perez, nommé par le président Donald Trump en juin, mais pas encore entré en fonction.

Acte diplomatique lourd

« Nous pensons que le gouvernement du Brésil nous doit une réponse rapide et positive » s’agissant de la demande d’agrément de Daniel Perez, a affirmé le responsable du département d’Etat, lors d’un appel avec des journalistes.

L’ambassadrice « devra obtenir le rétablissement de son visa si l’équilibre est rétabli par l’agrément donné à l’ambassadeur que nous avons choisi », a ajouté cette source, en insistant sur le fait qu’il n’était pas question ici d’une expulsion des Etats-Unis. Des sources brésiliennes n’ont pas confirmé si l’ambassadrice se trouvait toujours à Washington.

Un autre responsable américain a déclaré que « si l’ambassadrice devait quitter le pays, elle devra soumettre une nouvelle demande de visa ». « Nous communiquons avec le gouvernement brésilien depuis des semaines et nous avons donné au gouvernement toutes les occasions de faire ce qui est juste et pourtant ils font traîner les choses et obstruent », a-t-il précisé sous couvert d’anonymat.

Tout ambassadeur nommé dans un pays doit recevoir l’agrément du pays hôte, ce qui est généralement une formalité. Le refus d’agrément est un acte diplomatique lourd. Le gouvernement Trump a imposé courant juillet deux vagues de droits de douane sur des produits brésiliens, au nom de supposées pratiques commerciales déloyales du Brésil.

Allié de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro durant son mandat, Donald Trump a soutenu des candidats de droite lors d’élections récentes dans d’autres pays d’Amérique latine, comme l’Argentine et la Colombie.

Lula briguera sa réélection en octobre face à Flavio Bolsonaro, soutenu par le président américain et investi candidat du principal parti conservateur brésilien, le Parti libéral.

Le Monde avec AFP