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La bataille sociale promettait d'être homérique, tant les syndicats descendaient en flèche les intentions de la direction du groupe Volkswagen d'appliquer un plan de restructuration drastique : perte globale de quelque 100 000 emplois et fermeture annoncée de quatre usines au début de la prochaine décennie. Le risque d'un "conflit social majeur" avait été agité par Thorsten Gröger, négociateur du syndicat IG Metall.
Il n'en a finalement rien été. Le conseil de surveillance de Volkswagen, dont sont également membres des représentants du personnel, a en effet approuvé à l'unanimité le plan de restructuration Future Plan 2030. Le patron de VW, Oliver Blume, a qualifié l'approbation unanime de "signal fort pour l'avenir du groupe Volkswagen".
Situation "plus que critique"
Le même Oliver Blume avait prévenu voilà deux semaines dans une communication interne que le groupe était dans une situation "plus que critique", rappelant une fois de plus que l'industrie automobile allemande traversait "la plus grande tourmente de leur histoire", en raison d'une conjoncture mondiale défavorable et de la concurrence chinoise.
Mais que se passe-t-il chez Volkswagen ?Les représentants syndicaux n'en ont pas pour autant rendu totalement les armes. Le plan concocté par la direction n'a pas été avalisé dans toute sa brutalité sociale : le sort des quatre usines du groupe – trois de la marque Volkswagen et une de la marque Audi – n'est pas définitivement scellé.
Des représentants syndicaux ont ainsi souligné le fait qu'aucune fermeture d'usine n'avait été décidée par le conseil de surveillance et que l'entreprise restait tenue de trouver des solutions viables pour tous les sites.
De quoi donner du temps au temps et maintenir la flamme de l'espoir.
Le ministre-président de Saxe, Michael Kretschmer, où est située l'usine de Zwickau, s'est dit convaincu qu'il existe donc une chance de démontrer, grâce à l'efficacité et à l'engagement de l'ensemble du personnel, que la production automobile reste bel et bien possible en Allemagne, et en particulier dans cette ville qui fut le berceau de l'automobile dans l'ancienne Allemagne de l'Est.
Calumet de la paix
Le gouvernement saxon va par conséquent plaider la cause du site de Zwickau en proposant de rapatrier des modèles actuellement fabriqués par le groupe en Chine, mais qui ne sont pas encore disponibles en Allemagne. C'est une piste.
Volkswagen décolle à Francfort après l'annonce d'un licenciement massifL'usine de Zwickau – 7700 membres du personnel — ne produit que des véhicules électriques. Ce qui semblait être une force lorsque tout le monde tablait sur une envolée des ventes des voitures électriques est devenu une faiblesse dans un contexte bien plus difficile que prévu.
Voilà trois ans, Zwickau avait récupéré la production de quelque 40 000 Audi Q4 jusqu'alors dévolue à l'usine Audi de Forest en raison justement de la baisse de la demande.
Le site dispose d'un délai allant jusqu'au 30 juin 2027 pour élaborer un concept de production durable et compétitif."
C'était alors le premier clou dans le cercueil du site bruxellois, qui allait définitivement fermer en février 2025 à la suite de la décision de délocaliser au Mexique la production de la nouvelle Q8 e-tron, qui avait été elle aussi promise à Forest.
Pour les quatre usines allemandes, elles sont donc en sursis et continueront à tourner jusqu'au terme de la production de leurs modèles actuels. Si rien ne change, les sites d'Emden et Zwickau devraient cesser leurs activités en 2031 alors que la production s'arrêtera à Hanovre en 2032.
L'usine Audi de Neckarsulm (16 000 emplois) sera fermée en 2034. "Le site dispose d'un délai allant jusqu'au 30 juin 2027 pour élaborer un concept de production durable et compétitif", a expliqué vendredi le maire de Neckarsulm, Steffen Hertwig.
Volkswagen au bord du gouffre ? "La situation est plus que critique", alerte le CEOSi direction et syndicats ont contre toute attente fumé le calumet de la paix jeudi soir lors de la réunion du conseil de surveillance, la hache de guerre sociale n'est pas définitivement enterrée.
Si le scénario catastrophe devait se réaliser avec la confirmation de la fermeture d'usines, la situation reviendrait au point de départ. "Pour des décisions d'une telle portée, il est impossible de passer outre le conseil de surveillance de VW", avait rappelé avant la réunion Thorsten Gröger.
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