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Un animateur accusé de violences sur huit enfants comparait ce mardi 25 mai à Paris. Il y a un an, cette affaire avait déclenché une vague d’enquêtes.
Par Alexandre Boudet avec AFP

ERIC BRONCARD / Hans Lucas via AFP
Photo d’illustratrion lors d’une manifestation appelant à la fin des violences contre les enfants.
EN BREF • Un animateur est jugé à Paris pour agressions sexuelles sur huit enfants et harcèlement de collègues dans une école du XIe arrondissement.
• Avant le procès, le père d’une des enfants dénonce la défaillance d’un système et déplore l’attitude de la mairie de Paris.
• La ville a suspendu 78 agents et la justice enquête pour des faits concernant une centaine d’écoles et de crèches.
Le procès s’était brièvement ouvert en novembre dernier. Il s’agissait alors du premier lié aux affaires de violences sexuelles dans le périscolaire qui secoue les écoles de Paris depuis de longs mois. Mais l’accusé avait perdu son avocat, obligeant le président du tribunal à reporter l’audience. C’est ce mardi 26 mai que David G., 36 ans, comparaît (sans huis clos, à la demande des parties civiles) pour agressions sexuelles sur une dizaine d’enfants mais aussi harcèlement sexuel à l’encontre de deux collègues animatrices.
Les faits ont eu lieu à l’école Alphonse Baudin du XIe arrondissement de la capitale entre la rentrée de 2024 et avril 2025 ; c’est un signalement du directeur de cette école maternelle qui a déclenché les poursuites judiciaires. Les parents de deux fillettes s’étaient inquiétés auprès de lui du repli de leur enfant, mettant en cause le comportement de l’animateur.
Placé en garde à vue en juin, il a nié les faits. Ce journaliste freelance, qui travaille dans le périscolaire pour compléter ses revenus, a seulement reconnu avoir enfreint certaines règles de la charte de l’animateur, comme ne pas prendre un enfant sur ses genoux ou le porter. Sans antécédent judiciaire, il encourt dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.
« Les défaillances d’un système »
La ville de Paris a procédé à une « suspension immédiate » de l’animateur, qui « n’a pas été réintégré ensuite », a indiqué la mairie à l’AFP. L’enquête de la brigade de protection des mineurs a recueilli plusieurs témoignages de très jeunes enfants rapportant, avec leurs mots, des attouchements de l’animateur sur leur « zézette » ou leur « zizi ». Plusieurs parents ont fait état devant les policiers d’un changement de comportement de leur enfant, pleurant pour aller à l’école ou régressant sur la propreté, sans raison claire.
Au cours de l’enquête, aucun adulte de l’école auditionné n’a cependant dit avoir vu de gestes à caractère sexuel du prévenu sur des mineurs, témoignant de la difficulté de recueillir des éléments consolidés dans ces dossiers qui reposent essentiellement sur les déclarations, parfois contradictoires ou fluctuantes, de très jeunes enfants. « Je respecte la justice. Je veux qu’il soit jugé conformément à ses droits et à la hauteur de ce qu’il a fait. Moi, je crois ma fille. Et j’espère qu’on saura interpréter les mots d’un enfant de 3 ans », veut croire l’un des pères de famille qui a dit sa « colère » dans Le Parisien ce lundi 25 mai.
« J’aimerais juste que le système fonctionne, parce qu’il n’a jamais fonctionné. Je lisais encore Le Parisien mardi (le journal sortait alors une nouvelle affaire, NDLR), ça donne envie de tout cramer », reprend le papa d’une petite qui dit avoir alors « découvert toutes les défaillances et les incohérences insupportables de ce système ». Il déplore le silence de toutes les personnes qui avaient été mises au courant des signalements ainsi que le manque de transparence des autorités, ville de Paris en tête. « J’en veux autant à la mairie qu’à lui… Et je trouve indécent le fait que la Ville se soit portée partie civile », déplore-t-il.
Plus d’une centaine d’établissements concernés
Depuis début 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, des chiffres traduisant un caractère « systémique », selon le maire Emmanuel Grégoire qui a annoncé un plan, plutôt bien accueilli par les collectifs de parents, dont #Metooecole qui a appelé à une manifestation devant le tribunal.
Un précédent procès visant un animateur d’une école parisienne du même arrondissement, l’un des épicentres de la crise du périscolaire, s’est tenu début mai au tribunal mais à huis clos. Dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis, la décision sera rendue le 16 juin. Trois autres procès pour des violences sexuelles autour du périscolaire sont prévus à Paris d’ici à début septembre.
À ce jour, le parquet de Paris a ouvert des enquêtes pour de possibles violences, de différentes natures, dans un total de 84 écoles maternelles, une vingtaine d’élémentaires et une dizaine de crèches.


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