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Aucun financement pour l’introduction de bracelets électroniques avant condamnation ne figure dans le plus récent budget des progressistes-conservateurs de Terre-Neuve-et-Labrador.
Selon le comité Act Now IPV Reform N.L., cette absence de financement compromet directement la protection des survivantes de violence conjugale.
Je pense que c’est une solution facile à mettre en place, pense Olivia Lynch, une membre de l'organisation. C'est très décevant, ajoute-t-elle.
Depuis sa création en 2024, Act Now réclame la mise en œuvre de bracelets électroniques pour les personnes accusées de crimes répétés ou graves entre partenaires intimes et remises en liberté sous caution.
Sauver des vies
Bien que le bracelet électronique soit déjà utilisé dans la province pour les personnes reconnues coupables d’infractions et libérées temporairement, sous conditions ou en probation, le groupe souhaite que cette mesure soit étendue à l’étape précédant une condamnation, comme c’est déjà le cas à l’Île-du-Prince-Édouard.
Les personnes interrogées qui portaient des bracelets électroniques ont dit que cela les avait amenées à prendre du recul et à détourner leur attention de leur partenaire, affirme Olivia Lynch, qui est également directrice générale de l'organisme Violence Prevention Avalon East.
Cela offre également une sécurité aux femmes et à leurs enfants lorsqu’ils quittent des situations violentes. Dans l’ensemble, cela semble être un très bon système.
Des défenseurs s’interrogent donc sur le retard dans la mise en place de bracelets électroniques qui sauvent des vies pour les personnes accusées de violence conjugale.
Les signalements et les accusations de violence entre partenaires intimes sont aussi en hausse à Terre-Neuve-et-Labrador, selon des données de la Gendarmerie royale du Canada.
L’élargissement de cette mesure avait été promis par John Hogan, aujourd’hui chef de l’opposition officielle, lorsqu’il était ministre de la Justice en juin 2024.
À l’époque, il avait déclaré à CBC qu’il s’attendait à ce qu’elle soit mise en place dans les prochaines semaines ou dans quelques mois, et que son ministère avait embauché un coordonnateur pour l’introduire. Toutefois, cela ne s’est jamais concrétisé.
Même si la plateforme électorale du Parti progressiste-conservateur ne contenait aucun engagement à ce sujet, Mme Lynch affirme que le premier ministre Tony Wakeham avait indiqué, en réponse au sondage électoral d’Act Now, que la mesure serait instaurée dans les deux ans suivant l’arrivée de son parti au pouvoir.
Maintenant que le budget est dévoilé et que cela fait déjà six mois que ce nouveau gouvernement est en place, je suis un peu inquiète de voir comment le bracelet électronique va pouvoir s’intégrer sur le plan budgétaire, confie-t-elle.

Helen Conway-Ottemheimer, ministre de la Justice lors de la période de questions le 6 mai 2026.
Photo : Radio-Canada / Patrick Buttler
L’opposition a critiqué l’absence de financement lors de la période des questions à la Chambre d’assemblée jeudi.
Étant donné les préoccupations persistantes concernant la sécurité publique et les récidivistes, pourquoi n’y a-t-il aucun financement ni aucune mention du bracelet électronique dans le budget de cette année?, a demandé Pam Parsons, porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice et députée libérale de Harbour Grace-Port de Grave.
La ministre de la Justice, Helen Conway Ottenheimer, a déclaré qu’elle rencontrait des intervenants, y compris des groupes de prévention de la violence, afin de discuter de cette mesure.
La mesure est à l’étude.
Installer peut-être quelques dizaines de bracelets électroniques par année dans toute la province coûtera beaucoup moins cher que de voir quelqu’un être assassiné et ses enfants devoir être placés en logement social ou en famille d’accueil, affirme Olivia Lynch.
Avec les informations de Henrike Wilhelm, de CBC


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