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Les allégations de destruction de preuve dans un dossier de violence conjugale visant un policier du poste de quartier (PDQ) 39, dans l'arrondissement de Montréal-Nord, continuent de faire des vagues.
Beaucoup de travail reste à faire pour rétablir le lien de confiance brisé avec les policiers, a mentionné Micheline Cantave, du Centre des femmes interculturel Claire, un organisme partie prenante de La Table femmes Osez au féminin (TFOF), qui a tenu un point de presse lundi.
Selon les informations révélées jeudi dernier par Radio-Canada, un agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) aurait détruit en 2025 une preuve vidéo qui se trouvait dans le téléphone intelligent d'une femme victime de violence conjugale, qui souhaitait la remettre à la police.
Le directeur du SPVM, Fady Dagher, a annoncé lundi que des policiers des PDQ 39 et 21 ont été congédiés, notamment pour des actes dérogatoires dans un dossier de personne vulnérable, s'est-il limité à dire.
Des organismes d’aide aux femmes de Montréal-Nord réclament cependant plus : des actions concrètes, des interventions sûres et rigoureuses qui garantissent la sécurité des victimes pendant le traitement de leur dossier, une rencontre avec des décideurs, ainsi qu’un financement à la hauteur de la gravité de l’enjeu.
Un problème systémique
Ce qu’on questionne, c’est les mécanismes de supervision, de prévention, qu’il y ait une véritable reddition de compte de ce qui se passe dans les postes de quartier. [...] On doit travailler avec la police, mais en même temps, on demande de réviser la façon de faire, la façon d’intervenir auprès de la population, a expliqué la directrice générale d'Impulsion-Travail, Dorcas Destinoble, lundi matin.
C’est un problème systémique, c’est pas juste le PDQ 39. Là, on parle beaucoup du PDQ 39, mais je pense que c’est important de ramener le fait que c’est pas juste au PDQ 39, a ajouté la directrice de Halte-Femmes, Sophie Lemay.
La Table femmes Osez au féminin (TFOF), lancée en 2017, est une initiative de sept organismes partenaires de Montréal-Nord engagés dans la prise de pouvoir des femmes sur leur vie, la promotion de l’équité entre les hommes et les femmes, et l’abolition de toutes les formes de violence à l’égard des femmes.
Rencontres avec des personnes clés
La TFOF souhaite non seulement que les organismes communautaires, la plupart du temps le premier lien avec les victimes, puissent s’asseoir et discuter avec le commandant du poste de quartier de leur territoire (le 39) – une rencontre est d’ailleurs déjà prévue –, mais aussi que la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, le directeur du SPVM de même que des partenaires de la santé publique soient aussi de la partie.
Une autre rencontre, cette fois avec les ministres de la Sécurité intérieure, de la Santé mentale et des Services sociaux, de même qu'avec la ministre responsable de la Condition féminine, est également réclamée. En discutant directement avec les décideurs, les représentantes de la Table femmes Osez au féminin disent espérer une réponse concertée et durable.
Ce qu’on constate, c’est qu’il y a beaucoup de femmes qui ne se sentent pas "entendues" et "accueillies" quand elles vont porter plainte et ça, ça ne vient pas aider le sentiment de confiance. Les femmes ont différentes peurs, et notre travail est là pour déconstruire ces peurs-là, a souligné Sophie Lemay.
Un financement à la hauteur de la gravité de l’enjeu

Sophie Lemay, directrice de Halte-Femmes
Photo : Radio-Canada
Les centres de femmes sont souvent la première ressource qui vient en aide aux femmes victimes de violence conjugale, mais ils ne reçoivent pas le financement nécessaire.
La TFOF réclame un financement récurrent et proportionnel à l’ampleur de la problématique pour soutenir les organismes, renforcer le service, développer la prévention et assurer un continuum de services.
Montréal-Nord détient le triste record de la violence conjugale à Montréal, mais reçoit zéro dollar de financement dédié. C’est mathématiquement absurde, a fait savoir Mme Lemay.
Nous prenons acte des déclarations de nos élus et élues et des préoccupations exprimées à la suite de "l’affaire du PDQ 39". Mais les paroles ne protègent pas les femmes. Ce qu’il faut, ce sont des engagements fermes, des ressources à la hauteur des besoins et des actions concrètes, déclare la Table dans son communiqué.


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