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L'avocat général a requis mardi une peine extrêmement lourde contre Paolo Falzone reconnu, vendredi, coupable de sept meurtres et de tentative de meurtre commis lorsqu'il a fauché, le 20 mars 2022, un groupe de gilles à Strépy-Bracquegnies. Il a demandé aux jurés et à la cour de prononcer une peine de 27 ans de prison et de ne pas descendre sous les 24 ans. L'arrêt sur la peine est attendu mercredi.
La peine requise par le représentant du ministère s'approche du maximum. Pour le meurtre, le Code pénal prévoit une peine de 20 à 30 ans. Si des circonstances atténuantes sont retenues, le tarif est de 3 à 20 ans de prison. Mais Gilles Dupuis n'en voit aucune dans le chef de Paolo Falzone, dont l'avocat a plaidé pour une peine qui ne dépasse pas les 25 ans.
Le Code pénal n'énumère pas les circonstances atténuantes mais celles-ci ont généralement trait à des impératifs de sécurité publique, à des critères de gravité des faits ou à la personnalité de l'accusé.
Paolo Falzone reconnu coupable de sept meurtres sans préméditationPas de circonstances atténuantes
Paolo Falzone, raisonne M. Dupuis, a porté atteinte aux personnes, ce qui est le plus grave. Il faut éviter la répétition de tels faits et le public doit être protégé. Exit donc la circonstance atténuante en matière de sécurité publique.
Les faits, a-t-il poursuivi sont d'une extrême violence, qui inquiètent toute une région. Les séquelles physiques et psychologiques sont très présentes. "Cela nous rattrape tout le temps au quotidien. On n'a pas de répit", a ainsi dit une victime citée par l'avocat général, qui ne voit donc pas de circonstance atténuante.
Sa personnalité – un "homme autocentré, autophile", avaient dit les experts – ne trouve pas plus grâce aux yeux du représentant du ministère public. "Comment est-il possible de provoquer la mort pour un motif aussi futile que quelques likes sur un profil Facebook ? Cela dépasse l'entendement", a dit M. Dupuis dans une référence au fait que Paolo Falzone se filmait au moment de l'impact pour alimenter une story sur les réseaux sociaux.
"Paolo Falzone, vous êtes la honte de la communauté italienne du Centre", lance Me D'Agristina qui soutient l'intention de tuerComment est-il possible de provoquer la mort pour un motif aussi futile que quelques likes sur un profil Facebook ? Cela dépasse l'entendement.
L'attitude de l'accusé au procès ne l'a pas davantage tranquillisé. "Il s'est tu et a menti. Pour la vérité, il a avancé avec le frein à main et a même fait des marches arrières", a-t-il dit de manière imagée. M. Dupuis ne vit aucune remise en question sincère chez Paolo Falzone.
De la vengeance
Pour Me Frank Discepoli, avocat de Paolo Falzone, 27 ans de prison s'apparente davantage à "de la vengeance que de la justice". Même si on est face à un "drame absolu", il n'y a pas de mobile chez Paolo Falzone : ni haine, ni esprit de vengeance, ni esprit de lucre, ni idéologie comme on le rencontre généralement chez les accusés. "Ce n'est pas parce qu'il a tué qu'il n'est qu'un meurtrier", a averti Me Discepoli.
Le passager, Antonino Falzone, reconnu coupable de non-assistance à personnes en danger, est passible d'une peine de 8 jours à deux ans de prison. Pour lui aussi, le représentant du ministère public, qui ne voit aucune circonstance atténuante, a requis le maximum de la peine. Et bien que ce dernier ait un casier judiciaire vierge, il est opposé au sursis.
Drame de Strépy-Bracquegnies : l'expert automobile dit avoir eu "un peu peur" en reproduisant le trajet à 140 km/h, Paolo Falzone roulait à 170 km/hIl a justifié sa position par le fait qu'Antonino Falzone ne s'est jamais désolidarisé de Paolo Falzone et n'a pas pris conscience de la gravité des faits : "Il n'admet pas sa responsabilité. Il dit qu'il a vécu un cauchemar et que, tétanisé, il n'aurait rien pu faire".
"Sans sa faute, le dommage aurait-il été différent ? J'ai de sérieux doutes", s'est interrogé son avocat, Me Fabrice Guttadauria, pour qui Antonino Falzone n'aspire qu'à une chose, retourner dans l'anonymat et travailler. Il a plaidé pour une peine de probation autonome, qui pourrait prendre la forme de travail dans une maison de repos ou encore de revalidation pour polytraumatisés. "Cela aurait du sens", insiste l'avocat qui, à titre subsidiaire, plaide pour une peine avec sursis.
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