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REVUE DE PRESSE - Les États-Unis et l’Iran ont convenu mardi soir d’un cessez-le-feu de deux semaines, une heure avant l’expiration de l’ultimatum. Mais l’Iran conserve une «position de force», alors que Trump est loin d’avoir atteint ses objectifs militaires, relève la presse internationale.
«Au final, la raison l’a emporté - du moins pour l’instant», souffle la BBC. Quelques heures après l’annonce d’un cessez-le-feu de dernière minute entre Washington et l’Iran, proclamée à moins de 90 minutes de l’ultimatum fixé par Donald Trump, la presse internationale salue une trêve presque inespérée.
Mais les titres étrangers restent prudents, si ce n’est sceptiques, sur l’issue des négociations à venir, qui se dérouleront à Islamabad, au Pakistan, et dureront deux semaines, alors que les plans de paix énoncés par les parties adverses comportent des divergences flagrantes.
«Trump conserve le pouvoir : l’Iran, l’initiative»
«Bien que le président Trump se soit montré optimiste quant à la possibilité de finaliser un accord avec l’Iran d’ici deux semaines, il reste encore un long chemin à parcourir avant que Washington et Téhéran ne parviennent à un accord solide et durable», remarque ainsi The Wall Street Journal . Les deux pays sont en désaccord sur des points clés, tels que le contrôle du détroit d’Ormuz, le futur programme nucléaire iranien et la levée des sanctions, rappelle le quotidien conservateur américain. «Chacun cherche à mettre fin à ce conflit selon ses propres conditions. Concilier ces positions demeure une tâche ardue», estime le journal.
Et pour cause : dans son plan de paix envoyé dans la nuit de mardi à mercredi, le régime des mollahs requiert entre autres le droit de continuer à enrichir son uranium, condition a priori inenvisageable pour Washington qui avait précisément justifié les frappes sur l’Iran par la volonté d’empêcher à tout prix que Téhéran ne se dote de la bombe nucléaire. Dans les faits, les exigences formulées par la partie iranienne «ressemblent à une liste de souhaits de Téhéran d’avant-guerre», souligne le New York Times et semblent donc difficilement compatible avec la proposition en quinze points des États-Unis. Le quotidien espagnol El Pais prolonge la réflexion, titrant même : «Trump conserve le pouvoir : l’Iran, l’initiative». «Le simple fait que Téhéran puisse poser sur la table des conditions telles que le retrait des troupes américaines de la région (...), [ou] le contrôle, d’une manière ou d’une autre, du passage par Ormuz (...) place le régime en position de force, avec des exigences maximales, similaires à celles qu’il était en mesure de formuler avant ces 40 jours de bombardements», observe le journal, qui rappelle à bon entendeur que Washington n’a «en aucun cas» atteint ses objectifs militaires en Iran.
En attendant, «la tactique de M. Trump consistant à surenchérir dans sa rhétorique jusqu’à des sommets vertigineux lui a certainement permis de trouver une issue qu’il recherchait depuis des semaines», écrit encore le New York Times, alors que le président américain faisait l’objet de nombreuses critiques de la part de ses alliés internationaux à la suite du blocage d’Ormuz par les Iraniens et de la crise énergétique majeure qui en découle. En ce sens, «il s’agit sans aucun doute d’une victoire tactique arrachée de haute lutte, qui devrait, au moins temporairement, remettre en circulation le pétrole, les engrais et l’hélium à travers le détroit d’Ormuz, et calmer les marchés qui craignaient qu’un choc énergétique mondial n’entraîne une récession mondiale», relève encore le quotidien américain. Et qui devrait aussi donner au locataire de la Maison-Blanche l’impression que «les tactiques apprises dans le monde de l’immobilier new-yorkais – ignorer les conventions établies, formuler des exigences maximalistes – fonctionnent également en géopolitique.» Mais ce cessez-le-feu ne résout «aucun des problèmes fondamentaux qui ont conduit à la guerre», puisque «l’arsenal nucléaire iranien reste intact».
En définitive, ponctue le NYT, «M. Trump doit désormais relever le défi non seulement de parvenir à un règlement plus durable, mais aussi de prouver aux États-Unis et au monde entier que ce conflit était justifié dès le départ». Et pour ce faire, le dirigeant devra attester «qu’il a brisé l’emprise de l’Iran sur le détroit de 34 kilomètres et anéanti ses chances de se doter un jour de l’arme nucléaire.»
«Trump always chickens out»
Par ailleurs, la presse étrangère juge sévèrement les palinodies du milliardaire américain sur les ultimatums donnés à l’Iran - le délai supplémentaire de deux semaines accordé pour les négociations marquant ainsi «le quatrième report par Trump de sa menace de bombarder les infrastructures énergétiques et civiles iraniennes si le pays ne se plie pas à ses exigences», prend soin de noter le Jérusalem Post.
«La réaction immédiate d’une grande partie de l’Amérique à l’annonce du cessez-le-feu par le président Trump avec l’Iran a été un refrain qui résonne dans un pays où les restaurants mexicains proposent couramment des offres spéciales les soirs de faible affluence : c’est le mardi des tacos !», étrille de son côté The Times, qui reprend ainsi le sobriquet régulièrement attribué au 47e président des États-Unis, «Trump Always Chickens Out», en abrégé TACO. Ce surnom fait référence aux revirements incessants de Donald Trump sur les droits de douane et à ses marches arrières lorsque la pression sur les marchés se faisait sentir. «Trump reste le maître des ultimatums. Mais, pour reprendre une de ses expressions favorites, nombre d’entre eux sont mensongers», souligne encore le britannique Times d’un ton acerbe.


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