Il n’est pas donné à tout le monde d’avoir servi de modèle à un personnage de fiction mondialement connu. Véronique Culliford avait 8 ans en 1966 quand son père, Pierre Culliford, alias Peyo, donna naissance à la Schtroumpfette, premier équivalent féminin de ses célèbres Schtroumpfs. Si le dessinateur expliqua, par la suite, avoir voulu créer un pendant schtroumpfien à Brigitte Bardot, sa fille s’estime depuis quelques années en droit de revendiquer sa part d’inspiration.
La révélation lui a été faite, bien après la mort de son père (en 1992), par François Walthéry, auteur de Natacha et ancien assistant de Peyo. «Il se souvient très bien d’avoir vu mon père me croquer en train de marcher, de danser, de jouer avec mes cheveux, confie Véronique Culliford. J’étais blonde, enfant, et je me promenais souvent dans le studio. Mon père me regardait un peu mieux qu’un père ne regarde sa fille.» Enfoui dans les replis d’une vie passée à faire prospérer sa série, ce travail d’esquisse sur le vif ne fut jamais évoqué par Peyo, même en famille. «Il n’a pas pensé nécessaire de me le dire», regrette à demi-mot l’égérie qui s’ignorait.


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