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  • « On a vu une seule ambulance et pas de pompiers » : après le séisme, la colère gronde

La colère des Vénézuéliens gronde face au manque de moyens déployés par le gouvernement après le tremblement de terre qui a fait plus de 50 000 disparus. Un enseignant du lycée français témoigne.

Luc Chaillot - Aujourd'hui à 21:00 | mis à jour aujourd'hui à 21:10 - Temps de lecture :

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L’espoir de retrouver des survivants s’amenuise cinq jours après le séisme qui a fait 1 719 morts et plus de 50 000 disparus au Venezuela. La colère de la population gronde face au manque de moyens déployés par le gouvernement dans un pays qui possède d’importantes réserves de pétrole.

« On a vu une seule ambulance et pas de sapeurs-pompiers. C’était incompréhensible », témoigne Raphaël Sestini Bottura, professeur de lettres au lycée français de Caracas. L’enseignant franco-brésilien de 33 ans était chez lui au 17e étage d’un immeuble de la capitale lorsque la terre s’est mise à trembler.

Un Vénézuélien fouille quasiment à mains nues un immeuble à la recherche de proches disparus à La Guaira, la ville côtière la plus touchée par le tremblement de terre de la semaine dernière.  Photo Sipa /Ariana Cubillos Un Vénézuélien fouille quasiment à mains nues un immeuble à la recherche de proches disparus à La Guaira, la ville côtière la plus touchée par le tremblement de terre de la semaine dernière. Photo Sipa /Ariana Cubillos

« Que des pelles pour fouiller les décombres »

« D’un coup, il y a eu une très forte accélération. On n’arrivait plus à tenir debout. Il y avait un bruit sourd comme si la terre grondait. L’immeuble vacillait. Je suis descendu par les escaliers de secours. Plus on descendait et plus le bâtiment était fissuré. Au rez-de-chaussée, des appartements n’avaient plus de murs », raconte-t-il.

« Il y a un grand élan de solidarité. Beaucoup de citoyens volontaires aident aux recherches mais ils n’ont que des pelles pour fouiller les décombres. Certains immeubles effondrés n’avaient pas encore été fouillés trois jours après la catastrophe », constate Raphaël Sestini Bottura qui a trouvé refuge dans le gymnase du lycée français.

Des manifestations hostiles

Le séisme s’annonce comme un moment de vérité pour le régime de Delcy Rodriguez, intronisée présidente par intérim avec le soutien des États-Unis juste après l’enlèvement du président Nicolas Maduro par un commando de l’armée américaine. « Il y a eu des manifestations hostiles avec des citoyens qui criaient « Afuera » (« Dehors ») quand elle a rendu visite aux secouristes », raconte l’enseignant français.

Donald Trump qui veut faire du Venezuela un vassal des États-Unis est lui aussi très attendu après le séisme. Washington a annoncé un doublement de son aide d’urgence portée à 300 millions de dollars (262 millions d’euros). Plusieurs centaines de secouristes américains sont arrivés au Venezuela où plus de 2000 sauveteurs étrangers sont engagés dans une course contre la montre pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre. Un homme et son fils adolescent ont été retrouvés vivants sous les décombres par des équipes de secours françaises et américaines dans la ville côtière de Caraballeda quatre jours après le tremblement de terre.

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