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La propriétaire de la petite épicerie CanAsian, au centre-ville de Moncton, Vicky Kim, n’en peut plus des actes de vandalisme répétés et des ordures abandonnées quotidiennement sur son terrain. Pour elle, la situation devient insoutenable.
À son réveil, elle redoute de voir l'état de son commerce. Arrivée de Corée du Sud il y a plus de 12 ans, elle a repris la gestion de l’épicerie sur la rue Main il y a 2 ans et demi.
Aujourd’hui, son quotidien est rythmé par les incivilités. Elle passe de longs moments à ramasser les ordures jetées sur son terrain pendant la nuit, dont du matériel de consommation de drogues. Elle ajoute avoir vu ses lignes Internet coupées et ses tuyaux endommagés.

Quelqu'un a récemment coupé des câbles du commerce CanAsian à Moncton.
Photo : Radio-Canada
Les dégradations matérielles se multiplient et coûtent cher à sa petite entreprise. Mère, elle craint pour la sécurité de sa famille, qui l'aide dans son commerce.
De nombreux clients disent qu'ils aiment le magasin et veulent m'appuyer. Ce soutien est la seule raison pour laquelle j'ai continué à faire tourner cet endroit pendant 2 ans et demi, ce qui me semble être 25 ans en raison de toutes ces épreuves, dit-elle.
Des appels à l'aide
Épuisée par la situation, Vicky Kim a contacté la police à plusieurs reprises. Cependant, elle ressent un manque de protection des autorités.
Si je dois fermer ce magasin, je n'en rouvrirai plus jamais d'autres.
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) de Codiac rappelle que l'itinérance n'est pas un crime, quoique les actes de vandalisme le soient.
L'un des aspects les plus complexes du travail de policier est d'intervenir auprès de personnes en situation d'itinérance qui sont souvent aux prises avec des enjeux de santé mentale, de dépendance ou de vulnérabilité, explique un porte-parole.
De son côté, l’organisme Moncton Centre-ville confirme que ces enjeux touchent plusieurs marchands du secteur. Des programmes de nettoyage et de résilience existent pour soutenir les commerces, mais ils ne peuvent pas couvrir l’ensemble du territoire.

Patrick Richard, directeur général de Moncton Centre-ville. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani
Le programme Enviro continue de vraiment nous démontrer qu'à moins qu'il y ait quelqu'un qui gère les emplacements, qui nettoie et qui prend garde, c'est là qu'on voit comme le centre-ville [est] délaissé. Ça fait que le plus qu'on l'entretient, le plus qu'on le maintient, le plus qu'on nettoie, je pense, le mieux qu'on se trouve, affirme Patrick Richard, directeur général de Moncton Centre-ville.

Vicky Kim dit devoir gérer quotidiennement des déchets jetés près de son commerce.
Photo : Radio-Canada
Face à ces difficultés financières et émotionnelles constantes, Vicky Kim avoue ne plus savoir vers qui se tourner. Sans amélioration ou aide concrète, la propriétaire envisage de fermer définitivement son magasin. Elle ajoute que cela laisserait de bons souvenirs et de la tristesse dans son cœur.


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