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Une étude publiée dans la revue Communications Medicine suggère que le vaccin BCG, traditionnellement utilisé pour protéger les nourrissons et les jeunes enfants contre la tuberculose, pourrait offrir une explication biologique aux liens précédemment observés entre ce vaccin et une réduction du risque de maladie d’Alzheimer. En remodelant l’environnement immunitaire du cerveau, le vaccin pourrait aider à maintenir la santé cérébrale pendant le vieillissement, bien que des études de plus grande envergure soient nécessaires pour déterminer si cette approche peut prévenir ou traiter la maladie.
Le vaccin Bacillus Calmette-Guérin reprogramme les cellules immunitaires innées
Le vaccin Bacillus Calmette-Guérin (BCG), administré par voie cutanée, est bien plus qu’un simple protecteur contre la maladie infectieuse bactérienne caractérisée par une toux sévère et des douleurs thoraciques. Il est l’un des exemples les mieux documentés de « l’immunité entraînée ». Ce processus permet aux cellules immunitaires innées de subir une reprogrammation fonctionnelle durable après une exposition à certains stimuli microbiens. Cette reprogrammation peut persister pendant des mois, voire des années, influençant les réponses immunitaires bien au-delà de la protection contre la tuberculose.
Photo: NDTVMahesh Chandra Kodali, co-premier auteur de l’étude et chercheur senior à la Harvard Medical School et au Massachusetts General Hospital, a souligné l’importance de ce mécanisme : « BCG est bien plus qu’un vaccin contre la tuberculose. Il est l’un des exemples les mieux étudiés de “trained immunity”, un processus dans lequel les cellules immunitaires innées subissent une reprogrammation fonctionnelle de longue durée après une exposition à certains stimuli microbiens. » Selon Kodali, cette reprogrammation immunitaire peut influencer les réponses bien au-delà de la protection contre la tuberculose.
Observation du remodelage du liquide céphalo-rachidien
Alors que des recherches ont prouvé que le BCG reprogramme les traits immunitaires dans les cellules sanguines circulantes, cette étude suggère que ce remodelage thérapeutique s’étend au liquide céphalo-rachidien qui protège le cerveau et la moelle épinière. Les chercheurs ont suivi des adultes plus âgés sur une période de 12 mois pour observer ces changements. Ils ont découvert que le vaccin améliore la réactivité des cellules immunitaires du système nerveux central sans déclencher d’inflammation destructrice. Ce constat est crucial, car l’inflammation chronique est un facteur connu contribuant à la mort des cellules cérébrales.
Photo: Medical News TodayL’équilibre biologique de l’amyloïde-bêta modifié chez les sujets sains
Les résultats ont montré une distinction importante selon l’état de santé neurologique des participants. Chez les individus totalement exempts de pathologie préexistante liée à Alzheimer, le vaccin a systématiquement modifié l’équilibre biologique de l’amyloïde-bêta. Le traitement a facilité l’élimination directe de cette protéine neurotoxique du liquide céphalo-rachidien vers la circulation sanguine. Sur une période de 12 mois, les niveaux d’amyloïde toxique ont diminué de manière significative dans le liquide céphalo-rachidien tout en augmentant simultanément dans le sang.
Cependant, le vaccin n’a pas produit d’effets similaires chez les personnes présentant déjà des preuves biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer. Ces résultats suggèrent que le BCG pourrait être plus efficace s’il est administré avant que la maladie ne se développe de manière significative. Les chercheurs notent que si ces conclusions offrent une explication potentielle aux liens entre le BCG et le risque d’Alzheimer, elles ne permettent pas de conclure que le vaccin peut prévenir ou traiter la maladie. Des essais plus vastes restent indispensables pour confirmer ces observations.
Photo: Neuroscience NewsLes recherches antérieures, incluant des modèles précliniques, des études rétrospectives et des essais cliniques randomisés, avaient déjà suggéré que le BCG pouvait réduire le risque d’Alzheimer, diminuer la pathologie amyloïde — le regroupement des protéines amyloïdes dans le cerveau étant considéré comme une marque distinctive de la maladie — et moduler la neuro-inflammation. Cette nouvelle étude confirme que le BCG favorise une réactivité accrue des cellules immunitaires entourant le cerveau et modifie les biomarqueurs liés à Alzheimer chez les adultes en bonne santé sans changements physiques dus à la maladie neurodégénérative.
Pour toute question concernant votre santé, les risques de maladies neurodégénératives ou des options de soins, il est essentiel de consulter des professionnels de santé qualifiés. Ces informations ne constituent pas un avis médical.
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Camille Laurent - Santé
Médecin généraliste et journaliste santé. Elle vulgarise la recherche médicale pour le grand public.- nouvelles du monde


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