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Six mois après son inauguration officielle et près d'un an après le début de sa production commerciale, l'usine de batteries NextStar de Windsor, en Ontario, emploie toujours 1300 personnes, loin des 2500 promis. Pourtant, l’entente de financement fédérale exigeait que l’entreprise le fasse dans l’année suivant l’achèvement du projet.
L’entreprise affirme avoir dû s’adapter face au ralentissement du marché des véhicules électriques, mais être toujours en bonne voie pour atteindre la cible des 2500 postes. Jusqu’à présent, NextStar a embauché environ 1300 employés à temps plein, indique la porte-parole de l’entreprise, Daniela Ferro.
Il s’agit du même chiffre que celui avancé par l’entreprise en mars, lors de la cérémonie d’inauguration de l’usine.

Initialement entièrement conçue pour les véhicules électriques, l'usine a dû pivoter en fin d'année 2025 vers la fabrication de systèmes de stockage d'énergie par batteries, en raison du ralentissement du marché nord-américain des véhicules électriques. NextStar fournit désormais des batteries destinées notamment à stabiliser les réseaux électriques et à répondre aux besoins énergétiques croissants des centres de données liés à l’intelligence artificielle.. (Photo d’archives)
Photo : NextStar Energy
La construction de l’usine de 4,5 millions de pieds carrés, située dans l’est de Windsor, s’est officiellement achevée en septembre dernier, et la production de cellules de batterie a démarré à la fin de l’année dernière.
Nous sommes toujours en bonne voie pour créer 2500 emplois directs à temps plein lorsque l’usine fonctionnera à pleine capacité. Le calendrier de mise en service complète de la production sera ajusté en fonction des conditions du marché et des besoins des clients.
Une cible d’embauche prévue dans l’entente avec Ottawa
NextStar a conclu deux ententes de financement avec le gouvernement fédéral.
La première, signée en 2022, prévoyait un investissement en capital pouvant atteindre 500 millions de dollars pour l’entreprise. Elle stipulait que NextStar devait créer 2500 emplois à temps plein dans l’année suivant la date d’achèvement du projet.
Il n’est toutefois pas précisé si cette formulation fait référence au jour de fin de la construction ou à une autre étape. NextStar n’a pas souhaité commenter à ce sujet.
La deuxième entente, signée en 2023, accorde quant à elle à NextStar jusqu’à 15 milliards de dollars en subventions pour la production de batteries, dont le tiers financé par le gouvernement de l’Ontario. Le libellé concernant les emplois y est moins catégorique. L’entreprise y reconnaît qu’elle a l’intention de déployer des efforts commercialement raisonnables pour s’acquitter de ses obligations.
Cette entente a été conclue après que NextStar eut suspendu les travaux de construction sur le site afin d’obtenir un financement supplémentaire.

L'usine NextStar, ici en construction, a été la première usine de batteries pour véhicules électriques annoncée au Canada, en 2022. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Depuis le début de la construction de l’usine en 2022, NextStar a reçu au moins 530 millions de dollars d’aide du gouvernement fédéral, dans le cadre de ces deux ententes. Ce montant datant de l’année dernière pourrait être plus élevé aujourd’hui, une partie du financement étant liée au nombre de batteries produites par l’usine.
Le gouvernement du Canada surveille les projets bénéficiant d’un soutien afin d’évaluer leur rendement par rapport aux modalités des ententes applicables, a précisé le ministère fédéral de l’Industrie, qui supervise ces ententes, dans un communiqué envoyé par courriel.
Le ralentissement des véhicules électriques change la donne
NextStar devait initialement produire des batteries pour véhicules électriques dans le cadre d’une coentreprise entre Stellantis et LG Energy Solution, mais a dû s’adapter au ralentissement de la demande de véhicules électriques en Amérique du Nord.
NextStar a toutefois réussi à préserver les emplois en réorientant sa production. Oui, [NextStar] a ralenti ses embauches, mais l’entreprise n’a licencié personne, affirme James Stewart, chef de la section locale 444 d’Unifor, qui représente les quelque 900 employés syndiqués de l’usine. Ils ont su s’adapter rapidement. Ils ont pris des décisions rapides afin de s’assurer que les gens conservent leur emploi.
Stellantis a depuis vendu sa participation dans NextStar. L’usine appartient désormais entièrement à LG Energy Solution et s’est réorientée vers la production de batteries pour le stockage d’énergie, tout en conservant la possibilité de revenir à une production accrue de batteries pour véhicules électriques si la demande repart.

La demande en véhicules électriques aux États-Unis et au Canada a ralenti ces dernières années, malgré les prévisions antérieures selon lesquelles les consommateurs adopteraient rapidement cette technologie. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Alexander Spatari
Cette situation est en partie due à l’évolution du cadre réglementaire sous l’administration de Donald Trump, selon M. Stewart.
L’administration Trump est arrivée et a pris une direction complètement différente. Elle a déclaré que le pétrole était la voie à suivre, déclare-t-il. Cela a donc évidemment conduit Stellantis à changer de cap, tout comme Ford, General Motors, Toyota et Honda, toutes ces entreprises au Canada et aux États-Unis ont dû modifier leurs plans [...] car leur plus gros client, ce sont les États-Unis.
M. Stewart se dit pour sa part convaincu que la demande en véhicules électriques repartira à la hausse, et estime que NextStar met tout en œuvre pour atteindre la cible de 2500 employés à temps plein.
Avec les informations d’Emma Loop de CBC


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