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Urgence forestière : l’impossible combat contre l’agrile du frêne dans le Nord

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La Ville de Thunder Bay devra abattre davantage de frênes au cours des prochaines années pour tenter de freiner l'infestation de l'agrile.

Nous composons avec cet insecte depuis 2016, déclare Aaron Brecka, responsable de la foresterie urbaine de la municipalité.

Nous en sommes à un stade où sa population a explosé et les signes de sa présence se multiplient. Nos arbres n'ont aucune défense naturelle contre lui, ajoute-t-il.

Le spécialiste explique que les coléoptères creusent de vastes tunnels sous l'écorce et les branches, bloquant ainsi la circulation des nutriments, ce qui tue l'arbre.

Ces structures mortes et affaiblies deviennent alors un danger public, prévient-il.

Un rapport présenté mardi au Comité permanent de la qualité de vie indique que la municipalité a coupé 626 frênes en 2024 et 518 en 2025.

Bien que la tendance générale soit à la hausse, l'année 2025 a connu un léger répit en raison de plusieurs violentes tempêtes estivales.

Ces épisodes de vents violents ont forcé les équipes à se concentrer sur d'autres types de dommages arboricoles majeurs.

Le dilemme des injections

Pour éviter l'abattage, la ville injecte parfois un biopesticide.

C'est une stratégie utilisée depuis des années, précise Aaron Brecka.

Le produit tue les larves à l'intérieur du tronc, mais ce n'est malheureusement pas un remède permanent.

Ces traitements permettent toutefois de prolonger la vie des arbres. Selon le rapport, 334 frênes ont reçu ces injections en 2024, contre 352 en 2025.

À l'avenir, Thunder Bay priorisera néanmoins l'abattage.

Le ravageur est maintenant établi dans toute la communauté. La forte proportion de frênes locaux lui permet de proliférer et de se propager facilement, souligne le document.

En contrepartie, la Ville s'efforce de remplacer les pertes : 1 000 nouveaux arbres ont été plantés en 2024, et autant en 2025.

Un constat similaire à Sudbury

Le problème est tout aussi critique à Sudbury, selon Marc Hébert, professeur et coordonnateur de programmes à l’École de l’environnement et des richesses naturelles du Collège Boréal.

L'expert explique que la femelle agrile pond ses œufs sous l’écorce, et que ce sont les larves qui causent les ravages en se nourrissant du phloème, le tissu végétal qui nourrit normalement l'arbre.

À Sudbury, la situation est extrêmement grave. Au Collège Boréal, la cinquantaine de frênes que nous avions plantés il y a plus de vingt ans sont tous morts en l'espace de deux ans. Il n'y en a presque plus dans toute la ville, déplore-t-il.

Selon lui, la meilleure façon de contrôler la propagation consiste à couper et brûler l'arbre infecté. L'opération reste toutefois délicate : Même une fois le tronc au sol, les larves logées sous l'écorce continuent de se nourrir jusqu'à l'âge adulte.

Des morceaux de bois malades.

La meilleure façon de contrôler l’agrile du frêne est d’abattre le frêne infesté pour freiner la propagation de l’insecte. (Photo d'archives)

Photo : Avec l'autorisation de Science Nord

L'autre option consiste à utiliser un insecticide par injection directe pour que l'insecte absorbe le produit.

M. Hébert note qu'il existe aussi des traitements solubles à verser sur le sol pour que les racines les absorbent, mais cette méthode est beaucoup plus lente et prend de 60 à 90 jours.

Marc Hébert devant un arbre à plusieurs branches.

Marc Hébert souligne que la propagation de l'agrile est causée par le transport humain du bois contaminé.

Photo : Collège Boréal

Le coût économique pour combattre cet insecte est incroyable, conclut le professeur, précisant que les injections doivent être répétées tous les deux ans et s'avèrent très dispendieuses selon le diamètre du tronc.

De son côté, la Ville du Grand Sudbury a indiqué à Radio-Canada avoir abattu environ 1 000 frênes le long des routes, dans les parcs et dans les cimetières municipaux en 2024 et 2025.

Dans un courriel, la municipalité affirme qu'elle s'affaire à reboiser le territoire.

La replantation de 1 500 arbres se terminera en 2026, des travaux financés en partie par la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et la subvention Cultiver la canopée communautaire du Canada .

Avec les informations de CBC

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