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Une «start-up» biomédicale de Sherbrooke en effervescence grâce au kombucha

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Des idées innovantes, une « maman kombucha » et beaucoup de persévérance : voilà quelques-uns des ingrédients qui propulsent AxCell Labs, une jeune entreprise de biotechnologie qui mise sur la cellulose bactérienne en soutien aux greffes et aux chirurgies.

C’est sur les bancs d’école que les deux fondateurs de l’entreprise, Jérémie Chaussé et Vincent-Daniel Girard, ont entendu pour la première fois parler de la cellulose bactérienne, un matériau biologique produit par fermentation cellulaire.

Dans le cadre d’un cours de laboratoire du baccalauréat en génie biotechnologique à l’Université de Sherbrooke (UdeS), les deux étudiants se donnent l’ambition d’en produire eux-mêmes.

En bons universitaires un peu insouciants, ils dénichent à la dernière minute une « mère » de kombucha, assemblage de bactéries et de levures à la base de ce thé pétillant, qui contient la bactérie qu’ils recherchent.

En une nuit, ils parviennent à l’isoler grâce à un milieu de culture sélectif, puis à l’incuber.

« À notre énorme surprise, une semaine plus tard, on avait une énorme couche de cellulose bactérienne qui avait été produite par fermentation », raconte Jérémie Chaussé, aujourd’hui p.-d.g. d’AxCell Labs.

Huit ans plus tard, c’est toujours la même culture bactérienne, divisée et conservée précieusement dans leur petit laboratoire de la rue King, qui produit la cellulose bactérienne à la base des produits de l’entreprise. En cours de route, le processus de fabrication s’est évidemment raffiné pour éliminer toute toxine et garantir une grande biocompatibilité avec le corps humain.

« Ce n’est pas un matériau nouveau, c’est quelque chose qui est connu depuis les années 1980 au moins. Mais on a vu la recherche à ce chapitre augmenter depuis les années 2000 », précise Jérémie Chaussé.

S’ils n’avaient au départ aucune intention de se lancer dans les affaires, c’est au cours de leur maîtrise en génie biotechnologique que les deux partenaires décident d’explorer le potentiel commercial de la production de cellulose bactérienne à des fins médicales.

La plupart des applications recensées sont topiques, c’est-à-dire pour des applications à la surface de la peau. Les chercheurs d’AxCell Labs explorent plutôt ses utilités sous-cutanées pour remplacer ou renforcer des tissus mous.

Leurs produits, qui sont en phase de tests précliniques, pourront être implantés sous forme de membranes lors d’interventions chirurgicales ou encore être injectés par une seringue.

« Après un traumatisme ou un cancer qui a nécessité de retirer des tissus mous, on pourrait injecter notre matériau et remplir la zone pour permettre une reconstruction des cellules à travers notre matériau », explique Jérémie Chaussé, qui compare la cellulose à un échafaudage.

L’entrepreneur y voit aussi une multitude d’utilités sous forme d’implants sous-cutanés, par exemple comme intercalants entre des implants métalliques et les tissus, ou encore pour favoriser la guérison après une greffe ou une chirurgie reconstructive.

Étudiant-entrepreneur

AxCell Labs s’est constitué quand les deux fondateurs étaient encore sur les bancs d’école.

« Ça venait avec des embûches. Je dois avoir été un des seuls étudiants à faire les impôts d’une compagnie dans les bureaux de l’université », se remémore en riant Jérémie Chaussé.

« Ça ne fait pas partie du cursus de génie d’apprendre toutes ces choses autour de la création d’une entreprise, que ce soit des contrats d’avocats, des levées de financement, des ressources humaines, des brevets, de l’analyse de marché, etc. » explique le jeune homme de 28 ans.

Patrick Vermette, professeur au Département de génie chimique et de génie biotechnologique de l’UdeS, a accompagné les deux créateurs dès le baccalauréat.

Selon lui, ils ont fait preuve d’une détermination remarquable dans leurs recherches, puis dans la création de leur entreprise.

« On leur apprend à devenir résilients », dit-il en mentionnant l’environnement particulier de l’UdeS, qui veut stimuler les transferts technologiques et favoriser l’entrepreneuriat étudiant.

« Ce n’est pas un parcours facile : il y a le côté affaires, mais aussi l’aspect réglementaire. Si on veut aller dans le biomédical, il faut vraiment avoir un produit robuste et sécuritaire. »

La compagnie, qui compte maintenant quatre employés, espère arriver cet été à un premier « produit minimum viable », étape essentielle avant la commercialisation. Il restera également à franchir les tests cliniques, sur les animaux, puis sur les humains.

En décembre dernier, AxCell Labs a conclu un premier cycle de financement de 1,4 million de dollars auprès de différents investisseurs, dont le fonds d’investissement en capital de risque AQC Capital et l’ACET, l’Accélérateur de création d’entreprises technologiques de l’Université de Sherbrooke.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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