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Les films d’Herménégilde Chiasson font l’objet d’une rétrospective au théâtre l’Escaouette de Moncton jusqu’au 22 février. Ce mini-festival gratuit sur quatre dimanches pourrait servir de tremplin pour un ciné-club mettant le cinéma acadien à l’honneur.
L'événement a été imaginé par Marc Paulin, directeur technique au Monument Lefebvre à Memramcook, lorsqu’il est tombé par hasard sur un film d’Herménégilde Chiasson, il y a environ un an.
J’ai commencé par en regarder un… et deux.. Et trois ! et je me suis dit : "oh my god, c’est tous des films qui seraient intéressants à revoir", se souvient-il.

Herménégilde Chiasson en juillet 1995, lors de la première à guichet fermé du film « Les années noires » à Moncton, au Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
L'événement braque les projecteurs sur sept films réalisés par Herménégilde Chiasson entre 1989 et 2002. Les projections ont commencé dimanche dernier par Les années noires (1994) et Le Taxi Cormier (1989).
Au cours des prochaines semaines, les cinéphiles pourront découvrir ou redécouvir Toutes les photos finissent par se ressembler (1995), Le grand Jack (1987), Ceux qui attendent (2002), Robichaud (1989) et Photographies (1999).

« Le Grand Jack » est un docufiction sur l'auteur Jack Kerouac, l'une des figures les plus importantes du mouvement de la Beat Generation. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Le court-métrage Peinture Noire de Laura De Decker, où l'on voit Herménégilde Chiasson en action comme peintre sera également présenté. Enfin, le film Herménégilde Chiasson, de ruptures en contraintes (2016) de la réalisatrice Ginette Pellerin clôturera ce mini-festival.

Herménégilde Chiasson peint dans le court métrage « Peinture Noire », 2022.
Photo : Youtube : NAISAtube
Un retour au cinéma envisagé par Chiasson
Herménégilde Chiasson a réalisé 17 films de 1982 à 2004. Revoir ces films, des décennies plus tard, le pousse à l'introspection. L'artiste raconte que revoir Les années noires a été particulièrement émouvant.
Je me suis mis à pleurer. Mais pas à chaudes larmes, mais juste parce que j’étais surpris par quelque chose que j’avais oublié qui tout d’un coup remontait à la surface, raconte-t-il.

Une scène du film « Les années noires ».
Photo : Radio-Canada
Herménégilde Chiasson admet d’ailleurs avoir été surpris d’apprendre que son œuvre cinématographique allait faire l’objet d’une rétrospective.
Le dernier film d’Herménégilde Chiasson, Ceux qui attendent, date de 2002. En 2003, il a été nommé lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick et a mis sa carrière de cinéaste de côté, faute de temps.

Herménégilde Chiasson a été lieutenant-gouverneur de 2003 à 2009. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Il laisse la porte ouverte à de futures productions, mais précise qu’il aura besoin d’une mise à niveau technique, car beaucoup de choses ont changé dans le monde du cinéma depuis 2002.
C’est quelque chose qui revient souvent dans mon esprit, dit-il. Mais je ne sais pas exactement quelle forme ça prendrait […] J’ai pensé, par exemple, faire des films qui seraient comme des films d’art.
Lorsque je regarde ce que j’ai fait, j’ai travaillé dans le domaine de l’image, en art visuel et en cinéma, et dans le domaine de la littérature, l’écriture, au théâtre et à la production de livres. Donc, j’ai l’impression que ce genre d’activité-là pourrait un peu fusionner ou assembler tous ces différents domaines, poursuit-il.
Il ajoute que le court-métrage Peinture Noire qui sera projeté le 22 février est un peu comme un teaser pour quelque chose qui pourrait prendre plus d’ampleur.
Un ciné-club en gestation?
Pour Marc Paulin, cette rétrospective est un possible tremplin pour quelque chose d’encore plus grand.

Une scène du film « Ceux qui attendent » d’Herménégilde Chiasson.
Photo : Radio-Canada
En faisant un festival, ça donne un élan et ça donnerait peut-être l’idée à des organismes et des bailleurs de fonds qu’on s’organise pour que ça devienne un ciné-club avec d’autres films de répertoire francophone. C’était un peu ça l’idée, c’était de créer avec des films à Hermé, un beat, explique-t-il.
D’autres cinéastes acadiens pourraient par exemple faire l’objet de rétrospectives, comme Ginette Pellerin, Renée Blanchar, Chris LeBlanc, Phil Comeau, Rodrigue Jean ou Monique LeBlanc.

Herménégilde Chiasson en 1996, travaille sur son film « Épopée». (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Herménégilde Chiasson croit également que cette formule de ciné-club pourrait mettre en valeur les œuvres d'autres cinéastes locaux.
Si on construit un peu un événement autour de ça, je pense que ça peut prendre beaucoup d’ampleur. On peut réaliser qu’on a, effectivement, une mémoire cinématographique en Acadie.
Les billets gratuits des projections du 1er , 8 et 22 février sont disponibles en ligne sur le site de l’Escaouette.
Avec des informations de Ghislain Couture et de Katherina Boucher


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