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Ouvert il y a moins de deux ans, le seul lieu qui peut accueillir des personnes en situation d'itinérance la nuit à Granby devra fermer ses portes le 5 septembre. Santé Québec Estrie a décidé de ne pas renouveler le financement de la halte-répit, gérée par l’organisme Partage Notre-Dame.
Patrick Messier dispose d’un endroit pour dormir depuis peu. Pendant les trois années où il a vécu dans la rue à Granby, il allait passer la nuit à cet endroit pour trouver un peu de réconfort.
Ça m’a vraiment aidé. L’hiver, ce n’est pas évident. On gèle quand même dehors, mentionne-t-il.
Même s’il n’est plus en situation d’itinérance, M. Messier continue de fréquenter la halte-répit de l’organisme, simplement pour discuter avec les intervenantes et leur demander des conseils.
C’est vraiment essentiel pour ceux qui n’ont pas leur place.
Santé Québec Estrie a pris la décision de ne pas renouveler la subvention de l’organisme. Les gestionnaires et les employés du Partage Notre-Dame dénoncent une décision subite.
Avec tous les efforts qu’on a investis depuis un an et demi, c’est décevant qu’on perde le financement. Ce qui est étonnant, c’est qu’on n’a jamais eu d’avis préalable disant qu’il y avait des choses qu’on devait corriger. Non. On a eu une rencontre pour nous faire dire que c'était fini, soutient le président du conseil d’administration du Partage Notre-Dame, Marc Valence.
Une dizaine d’employés, surtout des intervenantes, perdent leur emploi. Mais elles sont particulièrement inquiètes pour les personnes sans domicile.
Un emploi, c’est un emploi. Un emploi, je vais en trouver un autre. Une confiance, une sécurité, puis un lieu comme ils ont ici, eux ne le retrouveront pas. Par le passé, j’ai eu recours à une ressource similaire. Aujourd’hui, je peux prouver que ces ressources apportent quelque chose de bien, souligne l’intervenante et présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Partage Notre-Dame, Andrée-Anne Houle.

L’intervenante et présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Partage Notre-Dame, Andrée-Anne Houle
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Santé Québec Estrie assure qu’une autre halte de nuit sera ouverte bientôt. Dans une communication écrite, l’organisation soutient avoir lancé un appel de projets, car les besoins sur le terrain ont évolué.
L’entente conclue avec l’organisme étant arrivée à échéance, et compte tenu de l’évolution des besoins de la clientèle, nous avons choisi de lancer un appel de projets afin de permettre à l’ensemble des organismes de la Haute-Yamaska de soumettre une proposition pour l'exploitation d’une halte climatique, peut-on lire.
Marc Valence croit qu'une autre raison se cache derrière la fermeture. Santé Québec Estrie reproche à la halte d'avoir ouvert certaines nuits avec trop peu d'intervenants en place et d'avoir modifié les heures d'ouverture à quelques reprises sans préavis.
Il faut se rappeler que ça a démarré en toute hâte en décembre 2024. On a eu beaucoup de pression autant de la part de la Ville que de Santé Québec avec le ministre [Lionel] Carmant pour dire qu’il fallait que la halte parte à Granby. On a eu un mois pour s’organiser. C’est sûr que, quand on fait ça de façon précipitée, il y a des manquements. Si on avait eu du temps, [des choses] n’auraient pas été faites comme elles l’ont été, avoue M. Valence.
Un résident du secteur estime que la halte aurait dû être mieux gérée. On a eu du vandalisme de véhicules, de la masturbation en public et des dérangements nocturnes qui étaient excessifs et présents pratiquement chaque jour, souligne le porte-parole du comité citoyen du quartier, Pascal Doiron.

Le porte-parole du comité citoyen du quartier, Pascal Doiron
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Les employés de l'organisme considèrent que les causes de la fermeture demeurent floues. Fanie Lefebvre, vice-présidente du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CSN), souligne qu’une demande d’accès à l'information a été réalisée afin de comprendre les raisons expliquant l'arrêt du financement.

Fanie Lefevbre, la vice-présidente du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CSN)
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Je pense que des solutions auraient pu être adoptées avant de couper un financement comme ça, martèle-t-elle.


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