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La frustration de leaders autochtones monte d'un cran alors qu'ils doivent rencontrer jeudi matin le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, pour discuter des changements à la loi provinciale sur la Déclaration des droits des peuples autochtones, aussi appelée DRIPA.
Les deux camps semblent avoir frappé un mur, selon le premier chef du Sommet des Premières Nations en Colombie-Britannique, Robert Phillips.
D'abord, plusieurs Premières Nations ont indiqué qu'elles ne veulent aucune modification à la loi provinciale. Puis David Eby a affirmé qu'il doit y avoir des changements à la loi provinciale.
C'est non négociable, dit-il.
D'après La Presse canadienne, qui a obtenu une copie des modifications proposées par la province, une clause prévoit d'abolir une partie de la loi qui indique que la province doit prendre toutes les mesures nécessaires pour que les lois de la Colombie-Britannique soient conformes à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).
Selon les documents obtenus par La Presse canadienne, les modifications proposent plutôt que le gouvernement travaillera à harmoniser des lois avec DNUDPA qui seront identifiées dans un plan d'action devant être prêt au plus tard le 1er décembre 2027.
D'après Robert Phillips – qui ne peut pas commenter directement les documents, puisqu'il a signé une entente de confidentialité –, les changements proposés par la province viendraient éventrer DRIPA.
Si les changements vont de l'avant, DRIPA deviendra une boîte à outils vide. Et je crains un retour en arrière où les Premières Nations seront obligées d'aller en cour.
Le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations pour la Colombie-Britannique, Terry Teegee, estime aussi que les propos de David Eby sont mélangeants. Si c'est non négociable, alors pourquoi organiser la rencontre avec les chefs? demande-t-il.
Les échanges avec la province sont bâclés. Cinq jours pour répondre à des changements? Ce n'est pas une réelle consultation. On ne parle pas de réconciliation. Pour moi, le partenariat est terminé.
Effectivement, le premier ministre reconnaît que, normalement, les négociations qui impliquent les droits des Autochtones peuvent prendre des mois, voire des années.
Pour Terry Teegee, David Eby ne coopère pas avec les Premières Nations, comme il l'a fait depuis l'adoption à l'unanimité de DRIPA en 2019.
À mon avis, le premier ministre croule sous la pression politique. [...] Il est un avocat spécialisé en droits de l'homme, il connaît mieux que tous l'importance de respecter les droits [constitutionnels] des Autochtones, ajoute Terry Teegee.
Le public tourne-t-il le dos au NPD?
David Eby a été clair mercredi : Nous allons déposer les changements à la loi avant la fin de la session en mai et les élus auront amplement le temps de débattre, a-t-il dit. Par contre, cela ne garantit pas que la loi soit adoptée au printemps. Les débats pourraient continuer à l'automne.
D'où vient l'urgence? La province précise qu'elle veut modifier sa loi rapidement en raison de deux jugements.
Premièrement, il y a la décision Cowichan, où la Cour suprême de la Colombie-Britannique a conclu qu’environ 3,25 km2 de terres dans la ville de Richmond sont des terres ancestrales. Deuxièmement, il y a eu la décision sur les droits miniers des nations Gitxaala et Ehattesaht.
Les discussions avec les chefs ont été très difficiles. [...] Mais la loi doit être claire pour les Britanno-Colombiens, notamment en ce qui concerne les propriétés privées.
La question des droits des propriétés privées a galvanisé les débats entre le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti conservateur de la Colombie-Britannique.
Si bien que, mercredi, le maire de Richmond a envoyé une lettre aux élus qui demande aux Cowichans de renoncer par écrit à toute revendication visant des propriétés privées à Richmond et que cela soit juridiquement contraignant.
Une vive inquiétude se fait toujours sentir au sein de la communauté. Les gens ont peur de perdre leur propriété.
Cette demande survient même si la province et les Cowichans ont annoncé conjointement que les propriétés privées ne font pas partie des négociations, dans un effort de rassurer les propriétaires privés de Richmond.
Selon Shachi Kurl, la présidente de la firme Angus Reid, David Eby perd en popularité.
D'après le plus récent sondage de la firme (nouvelle fenêtre) (en anglais), les conservateurs sont au coude à coude dans les intentions de vote.
D'après Mme Kurl, cela démontre le mécontentement des répondants parce que les conservateurs ont connu une guerre intestinale dans la dernière année, et ils n'ont pas de chef.
Aussi, selon le sondage, la moitié des répondants estiment que la province accorde trop d'attention aux enjeux autochtones, ce qui représente une hausse de 14 points de pourcentage par rapport au sondage d'août 2025 sur la même question.
De plus, 53 % des répondants croient que la loi va trop loin en limitant les pouvoirs de la province.
En août 2025, c'était 44 %. C'est une augmentation importante. Oui, ce problème a été alimenté par les conservateurs, mais les gens sont aussi confus par la loi. Qu'est-ce que DRIPA permet?
De l'avis du chef par intérim du Parti conservateur, Trevor Halford, ce sondage démontre que David Eby a perdu toute crédibilité dans ce dossier. Nous avons moins de la moitié de la session et rien n'a été déposé. Où sont les changements à DRIPA?
Méthodologie
Le sondage Angus Reid a été réalisé en ligne du 11 au 17 mars 2026 auprès de 499 Britanno-Colombiens. À titre comparatif, pour un échantillon probabiliste de cette taille, la marge d’erreur est de ± 4 points de pourcentage, 19 fois sur 20.


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