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Une préparation colossale pour dompter le lac Saint-Jean

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40 heures. C’est le temps que passe la nageuse Pénélope Harvey dans la piscine du PEPS de l’Université Laval, chaque semaine, lors de ses grosses périodes d’entraînement.

L’objectif ? Être prête pour affronter encore une fois le lac Saint-Jean en nageant 32 kilomètres lors de la Traversée internationale.

La nageuse de 23 ans originaire de Québec en sera à sa troisième Traversée. Et quand on lui demande pourquoi elle se lance ce défi année après année, elle rit.

J’aime ça avoir mal. J’aime ça que mon corps me pousse à des limites que je ne connais pas encore, précise-t-elle.

Une jeune femme pose avec un chandail de la Traversée devant une piscine.

La nageuse en sera à sa troisième Traversée internationale du lac Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Pour y arriver, la préparation est primordiale, car le lac Saint-Jean est sans pitié. Une leçon qu'elle a apprise à ses dépens lors de la Traversée en 2025. Les vagues ont joué les trouble-fêtes.

Tu sais que tu vas avoir mal, mais j’étais prête mentalement. J’embarque dans l’eau, je prends le départ et ça va super bien. Les trois premières heures, ça va super bien, explique la nageuse.

Là, le vent se lève. Je pogne une vague et c’est comme : "Ah non, je viens de me blesser quelque chose". Je continue de nager et je dis à mon coach que j’ai mal, je ne suis plus capable, je vais sortir de l’eau. À chaque fois, il m’encourageait à me rendre à un autre ravito.

Je continuais, mais je souffrais. Je criais dans l’eau. C’était horrible.

Elle a finalement réussi à toucher la plaque dans la rade à Roberval, mais l’expérience n’était pas satisfaisante pour l’athlète.

Je n’ai pas eu de fun. J’ai pleuré. Je n’ai pas profité du moment. Là, j’ai l’opportunité de le refaire encore, avec le sourire. Je sais maintenant que la douleur est temporaire, raconte-t-elle.

Je vais pouvoir encore accomplir un de mes rêves, c’est-à-dire de terminer la Traversée.

Pénélope Harvey est bien consciente que le Pekuakami pourrait, encore cette année, ne pas lui donner la tâche facile, mais, depuis qu’elle a pris cette décision, elle a les yeux rivés sur son objectif.

La photo de Pénélope dans un cadre qui indique en quoi elle étudie.

Pénélope Harvey fait partie de l'équipe de natation du Rouge et Or de l'Université Laval, à Québec.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

L’entraînement commence

L’étudiante-athlète fait partie de l’équipe de natation du Rouge et Or de l’Université Laval, à Québec, en plus de terminer sa première année en médecine.

Après sa saison universitaire qui prend fin en mars, Pénélope Harvey se concentre sur la Traversée.

Une nageuse avec un casque de bain qui regarde un tableau.

Penelope Harvey s'entraîne presque tous les jours à partir du mois d'avril pour la Traversée.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Dès que mon championnat est fini, je prends une semaine de pause. Après, on part la machine, on augmente le volume. Pendant l’année, je fais environ 40 kilomètres par semaine. À partir du mois de mars, on commence à augmenter. On passe de 50, 60 jusqu’à plus de 80, explique-t-elle.

Lors d’une journée type, l’athlète est dans l’eau dès 7 h le matin pour un premier entraînement, qui dure approximativement deux heures. Elle quitte ensuite pour ses cours, puis revient à la piscine vers 14 h jusqu’à 17 h 30. Elle fait donc entre 17 et 18 kilomètres de nage par jour.

Des essais de longue distance

La nageuse est habituée d’effectuer de longues distances à la nage. En 2022 et 2023, elle a notamment remporté le Marathon de la relève chez les femmes, avant de se lancer dans la Traversée internationale.

Par contre, bien qu’elle en sera à sa troisième expérience, parcourir 32 kilomètres fait partie d’une catégorie à part. Ainsi, pour bien se préparer, elle effectue quelques entraînements de plusieurs dizaines de kilomètres en piscine. Ils s’ajoutent à ses entraînements quotidiens, qui sont plus courts.

On s’est dit que ça peut quand même être intéressant mentalement de faire des longues distances comme ça, toute seule. On a commencé avec 15 km, après on a fait 20 km, puis, le 19 juin, j’ai fait 25 km sans arrêt, précise Pénélope Harvey.

Ça a été un beau défi. J’ai réalisé que j’étais prête pour les 32 km.

Je sais que, physiquement, ce n’est pas la même chose dans une piscine que dans un lac. Si le lac est en huile cette année, je le finis. C’est sûr à 100 %. J’ai les capacités de le faire, mais mentalement, [l’entraînement] a été difficile, raconte-t-elle.

Elle avoue avoir frappé un mur à un certain moment lors de l’entraînement, mais se dit contente de l’avoir vécu.

Une nageuse est à l'extérieur de la piscine et fait des exercices d'étirements d'épaule avec un élastique.

Pénélope Harvey s'échauffe pendant 30 minutes avant chaque entraînement afin d'éviter les blessures.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Son entraîneur, Samuel Matte, est du même avis. Physiquement, le travail est fait, selon lui. Une grosse partie de la préparation touche plutôt l’aspect mental, surtout parce que les conditions du lac sont imprévisibles.

C’est mentalement d’être prêt à ce que, si le matin il annonce une température qui est froide, on sait à quoi s’attendre. S’il y a des vagues, c’est comme ça, on va dealer avec, explique-t-il.

Ces conditions, il les connaît d’ailleurs très bien. Il a lui-même participé à la Traversée en 2019 pour clore sa carrière de nageur.

Un homme avec un chandail rouge pose devant une piscine.

L'entraîneur de Pénélope, Samuel Matte, a aussi déjà fait la Traversée, en 2019.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Pour Pénélope Harvey, l’un des grands défis en ce qui a trait aux conditions sera la température de l’eau.

Ça se prépare un petit peu moins bien, donc je prends des douches froides tous les jours, raconte-t-elle en riant

Pendant les semaines qui précèdent l’événement, le duo s’assure également de pratiquer certains éléments clés, comme le ravitaillement.

Mi-juin, on a fait les ravitaillements directement à la perche, de la même façon qu’on va le faire [à la Traversée]. On pratique aussi les produits qu’elle va utiliser. Il faut que son corps soit habitué. Quand on arrive à la Traversée, c’est la même chose, c’est juste qu’il y a le défi de le faire directement sur place, explique Samuel Matte.

Eau libre ou piscine?

Pénélope Harvey n’effectue pas beaucoup d’entraînements en eau libre avant la Traversée. Son horaire à l’école ne lui permet pas de se déplacer aussi régulièrement qu’elle le voudrait pour atteindre un lac.

Je me suis souvent fait dire par mon ancien coach que juste nager, c’est nager. Tant que tu tournes les bras, tu fais l’effort qui doit être fait, raconte-t-elle.

Par contre, elle juge que c’est tout de même important de le faire à quelques reprises avant le grand jour. D’ailleurs, elle a participé à un camp d'entraînement en France au début du mois de juillet afin de nager en eau libre.

Une femme qui nage dans l'eau d'une piscine.

Après cette Traversée, Pénélope Harvey prendra sa retraite de nageuse pour se concentrer sur ses études en médecine.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

La nageuse considère cependant que, même si elle effectuait plus de sorties en eau libre, le travail mental est plus important.

C’est une préparation mentale que je dois faire. Je dois m’imaginer des vagues. Je dois m’imaginer de la pluie. C’est quelque chose qui se prépare avant, explique Pénélope Harvey.

Quelques jours avant la Traversée, elle en profite aussi pour aller nager dans la rade, question de s’acclimater au lac.

Cette édition sera la dernière pour la nageuse qui désire par la suite se concentrer sur ses études.

Je veux être fière de moi cette année, parce que ça risque d’être ma dernière compétition à vie.

La 72e Traversée internationale du lac Saint-Jean aura lieu le 25 juillet. Le coup d’envoi sera donné à 8 h du côté de Péribonka.

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