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La Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles Avignon-Bonaventure a finalement tranché sur le scénario privilégié pour mettre en place le compostage organisé dans la Baie-des-Chaleurs.
La Régie va construire sa propre plateforme de compostage sur le site du lieu d'enfouissement technique de Saint-Alphonse, dont elle est déjà propriétaire, pour accueillir les matières organiques générées entre l'Ascension-de-Patapédia et Shigawake.
Cette solution a été jugée la meilleure par la firme Solinov qui a réalisé une étude dont les résultats ont été présentés au conseil d’administration de la Régie le 22 janvier,
On a des installations sur place pour traiter le lixiviat, c’est-à-dire les eaux usées qui s’écoulent des matières résiduelles, il y a une logique de tout implanter là, explique le vice-président de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles Avignon-Bonaventure, Mathieu Lapointe.
L’étude démontre que la plateforme devra avoir la capacité d'accueillir 2729 tonnes de matières organiques par année.
Près de 80 % des rejets compostables sont générés par le secteur résidentiel. Le reste provient des secteurs industriel, commercial et institutionnel. Environ 1200 tonnes de compost devraient être produites annuellement.
La future plateforme de compostage sera en partie couverte pour minimiser la quantité d’eau de lixiviation à traiter, mais les superficies restent à déterminer par des études subséquentes.
On va demander des études pour évaluer quelle superficie de cette plateforme-là doit être couverte pour limiter la production de lixiviat, sans trop faire augmenter les coûts, explique Mathieu Lapointe.

Une plateforme de compostage doit être mise en place pour lancer la collecte des bacs bruns. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer
Les coûts précis de construction ne sont pas encore connus précisément. L’étude de Solinov estime tout de même à plus de trois millions de dollars la construction d’une plateforme de compostage, bien que ce montant soit très approximatif.
Il y a des étapes d’ingénierie à faire pour bien monter le rejet et évaluer la capacité du système de traitement du lixiviat actuel de Saint-Alphonse pour voir s’il peut accueillir le lixiviat supplémentaire de la plateforme de compostage, explique Mathieu Lapointe. Si ça capacité est insuffisante, les coûts pourraient monter.
Il va y avoir des mandats qui vont être donnés dans les prochaines semaines à des firmes pour se diriger le plus rapidement possible vers des appels d’offres.
Le vice-président de la Régie croit que la construction de la plateforme pourra se faire en 2027.
Ça va prendre un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement pour pouvoir implanter cette plateforme-là, il y a des délais inhérents à ce genre de démarches-là, note M. Lapointe.
Deux scénarios rejetés
Deux autres scénarios ont également été analysés par la firme Solinov, mais ils n'ont pas été retenus.
Le premier consistait à construire une plus petite plateforme de compostage à Saint-Alphonse et à envoyer les matières organiques des municipalités situées aux extrémités ouest et est du territoire vers la future plateforme de Saint-Moïse et celle de Grande-Rivière.
La contrainte pour la Régie d’avoir à gérer deux contrats avec des sites de compostage externes, en plus d’avoir à mettre en place sa propre installation, explique, entre autres, le rejet de ce scénario.
L’autre scénario écarté était la construction d’au moins deux infrastructures de compostage sur des terres agricoles.
Ça nécessite la construction d’infrastructure sur des propriétés agricoles et ça devient des charges trop lourdes pour des agriculteurs et il faudrait avoir plusieurs installations sur le territoire, explique Mathieu Lapointe. Pour les feuilles et les branches, ça aurait pu fonctionner, mais le reste c’est trop complexe avec les règlements actuels.


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