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La rentrée scolaire n’est pas toujours synonyme d’égalité. Aller en cours sans avoir la certitude de pouvoir entendre et comprendre le professeur : c’est le quotidien de Virginie Pilotte, étudiante malentendante au Cégep de Trois-Rivières.
Alors qu’elle entame sa deuxième année en technique de diététique, l’accessibilité aux cours reste un défi majeur. Malgré les efforts répétés de l’établissement pour lui dégoter un interprète, la rareté de ces ressources rend la tâche extrêmement ardue.
En 2024, la vie de Virginie a basculé à la suite du décès soudain du père de son enfant dans un accident de travail. Ancienne employée en cuisine dans une résidence pour personnes âgées, cette jeune mère a décidé de reprendre ses études pour offrir un avenir meilleur à son enfant.
C’est à mon tour d’aider les gens , confie celle qui s’est orientée vers la diététique avec détermination.
Un fossé dans la salle de classe
Sur le terrain, la réalité du quotidien en classe la rattrape. Le fossé qui la sépare des autres étudiants est large.
Dans sa classe, elle ne peut pas toujours comprendre les interactions sociales. Des fois les gens rient, et je ne comprends pas pourquoi , fait-elle remarquer.

De retour sur les bancs d'école à Trois-Rivières à la suite d'une tragédie familiale, Virginie Pilotte surmonte les obstacles liés à la surdité pour faire le métier de ses rêves.
Photo : Radio-Canada / Abigaëlle Gladu
En effet, l’étudiante souligne qu’il n’est pas toujours facile de comprendre le deuxième degré ni le sarcasme.
Comme le rappelle Lorena Garrido, directrice générale du Service d’interprétation visuelle et tactile (SIVET), cette pénurie crée un sentiment d’isolement chez les personnes sourdes ou malentendantes.
Constatant que cet enjeu touche l’ensemble du Québec, elle souligne le rôle crucial des interprètes pour soutenir les personnes sourdes dans une multitude de situations.
Mme Garrido insiste donc sur l’importance de leur rôle, tout en déplorant la pénurie de main-d’œuvre dans ce domaine.
Une injustice, mais une détermination intacte
Le Cégep de Trois-Rivières offre plusieurs types d’accompagnements pour les personnes avec des besoins particuliers. Caroline Lachance, directrice du service de la vie étudiante du Cégep de Trois-Rivières, précise que l'établissement prend entièrement en charge les démarches et les frais pour accompagner ceux-ci.

Caroline Lachance, directrice du service de la vie étudiante au cégep de Trois-Rivières.
Photo : Radio-Canada / Abigaëlle Gladu
Mme Lachance constate également une hausse de la demande, qui démontre que les études supérieures sont de plus en plus accessibles pour les personnes aux prises avec des handicaps.
Cela dit, malgré les injustices ressenties et les obstacles sociaux, Virginie refuse de baisser les bras :ce n’est pas parce qu’on a un handicap qu’on ne peut pas faire le métier de nos rêves et qu’on ne peut pas avancer.


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