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Connaitre la météo à venir est un élément qui intéresse tout un chacun. Les prévisionnistes tentent donc d'être de plus en plus précis et les technologies se perfectionnent. Avec les stations au sol, les ballons-sonde, les observations en bateau et en avion, ils peuvent déjà dégager beaucoup d'éléments. Toutefois, "une partie de la Terre n'est pas bien vue, notamment tout ce qui est en altitude, il y a aussi les 70% d'océans qui composent la Terre où il est moins facile de faire des mesures. Dans les zones polaires ou désertiques, il est plus difficile de mettre des stations météo. Les satellites permettent d'avoir une vision globale et continue de la météo qui se passe sur Terre. Il mesure moins précisément mais partout et tout le temps", explique Sylvain Le Moal, directeur adjoint du Centre de météorologie spatiale de Météo-France, auprès de Linternaute.com.
Un nouveau satellite va être lancé cet été et pourrait apporter de nouvelles données capitales. Il s'agit de Meteostat Troisième Génération - Imageur 2, quelques années après l'envoi de son prédécesseur MTG-I1. Ces deux satellites du programme, issu d'une coopération entre l'Agence spatiale européenne (ESA) et l'Organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT), sont composés de FCI (Flexible Combined Imager) pour fournir une photographie complète de la Terre et surtout d'un LI (Lighting imager), "qui détecte les éclairs 1000 fois par seconde", détaille le Responsable du système et de la charge utile de MTG pour l'ESA, Pieter Van den Braembussche, auprès de Linternaute.com.
Une différence non négligeable est à noter entre les deux : "MTG‑I2 est une copie de MTG‑I1, mais il sera exploité différemment. Alors que MTG‑I1 observe en 10 minutes l'ensemble du disque terrestre tel qu'il est vu depuis sa position dans l'espace, incluant l'Europe et l'Afrique, MTG‑I2 balayera une partie plus étroite du disque, permettant d'observer l'évolution du temps au‑dessus de l'Europe quatre fois plus rapidement que MTG‑I1", détaille l'expert de l'ESA. On passera à une fréquence d'images de 2,5 minutes.

Une détection plus précise des orages et feux de forêts
Ces données pourront être exploitées par les centres de prévisions météo et intégrées aux modèles numériques. Le satellite va surtout permettre de surveiller plus rapidement certains phénomènes météo en particulier : "Ce satellite va permettre aux prévisionnistes de suivre des phénomènes tels que les orages à développement rapide, en étant plus précis et en suivant mieux l'évolution des images d'orages". Cela pourra notamment aider lors des épisodes méditerranéens et des orages de chaleur en plein été. Avec le Lighting imager, il sera aussi possible de mieux cibler les orages en observant l'endroit le plus actif des nuages.
D'autres phénomènes dangereux pourront aussi être davantage anticipés, notamment les départs de feux de forêt. "On s'aperçoit qu'on voit plutôt bien les départs de feu de végétation avec le premier satellite MTG, ça permettra de gagner quelques minutes sur la détection d'un feu de forêt. Toute minute gagnée est importante, ça permet aussi d'alerter la protection civile plus rapidement, de prendre des décisions plus rapidement et quelques fois ça peut sauver des vies", ajoute l'expert Météo-France. "Pour le grand public, je pense qu'on va voir une amélioration des prévisions pour ces phénomènes", assure Sylvain Le Moal.
Des satellites encore plus performants espérés
Après son envol qui devrait avoir lieu en août, le satellite devrait mettre un an à être vraiment opérationnel. Puis viendront probablement ensuite des prochaines générations de satellites qui offriront des prévisions encore plus précises. "Ce qui est important en météo, c'est de voir à travers les nuages. A terme, peut-être pour la quatrième génération, on aura ce type d'instruments qui permet de voir à travers les nuages. Moi, mon rêve ultime, c'est de faire une véritable détection des précipitations, des gouttes d'eau qui tombent des nuages. Pour l'instant, le réseau utilisé, c'est un réseau de radars au sol. L'idéal ce serait d'avoir un radar qui détecte les précipitations à bord d'un satellite géostationnaire, ça peut s'imaginer sur la cinquième ou sixième génération", soit dans plusieurs dizaines d'années.


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