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Une nouvelle fresque raconte la francophonie yukonnaise

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Une nouvelle fresque habille le Centre de la francophonie à Whitehorse et a été dévoilée à la communauté mercredi. Deux artistes franco-yukonnaises, ainsi que des élèves, ont travaillé à créer cette œuvre communautaire.

L’artiste visuelle Maya Chartier et l’artiste multidisciplinaire Aurore Favier ont été choisies après un appel d’offres lancé par l’Association franco-yukonnaise (AFY) en décembre.

L’ancienne fresque, datant de 2008, était abîmée et ne reflétait plus le dynamisme de la communauté francophone, explique Yannick Klein, directeur général adjoint à l’association.

Des personnes dans une échelle mécanique retirent une fresque d'un bâtiment.

Des ouvriers retirent l’ancienne fresque du Centre de la francophonie, dont la peinture était abîmée et s’écaillait par endroits.

Photo : Fournie par l'AFY

On s’est demandé si on la gardait ou si on en faisait une nouvelle, continue-t-il. Un comité a finalement opté pour un projet apportant de la fraîcheur.

La fresque a été dévoilée peu après le 15 mai, Journée de la francophonie yukonnaise.

Pour les artistes, l’œuvre devait perdurer, être rassembleuse et refléter une identité en constante évolution, de l'avis de Maya Chartier.

Une réflexion avec des élèves

Il peut cependant être difficile d’illustrer une identité, poursuit l’artiste. Avec Aurore Favier, elle a donc travaillé avec des élèves de l’École Émilie-Tremblay pour choisir des éléments concrets.

Une trentaine de jeunes en cinquième et sixième années ont ainsi participé à des activités créatives autour de neuf thèmes, comme un animal, leur maison, un lieu dans la nature, ou encore une activité en français.

Les artistes se sont ensuite appuyées sur leurs réponses pour représenter la communauté franco-yukonnaise. Le thème d’une personne francophone inspirante a, par exemple, mené à inclure les écoles, les élèves citant souvent leurs enseignants ou leurs amis.

Les exercices servaient à faire du remue-méninges, dit Aurore Favier.

L’œuvre de 15 mètres est composée de plusieurs panneaux colorés et de nombreux dessins. Sur le premier, deux enfants ouvrent un livre d’où jaillit une rivière. Celle-ci traverse tous les panneaux, rappelant le fleuve Yukon, qui relie les gens et les cultures à travers les époques, ainsi qu’une communauté en mouvement.

Le premier panneau d'une fresque montre deux enfants en train de lire un grand livre duquel une rivière jaillit.

La nouvelle fresque s’ouvre sur un panneau où des enfants lisent une histoire, celle de la francophonie yukonnaise, en constante évolution et fluide, comme la rivière qui jaillit du livre.

Photo : Radio-Canada / Marie-Soleil Desautels

Chaque section illustre une saison et, entre autres, ses activités. Par exemple, celle du printemps montre une danseuse de cancan qui évoque le festival Rendezvous; le crocus, première fleur printanière, l’arrivée des cygnes; et une cabane à sucre.

On y trouve aussi des montagnes semblables à celles près de Haines Junction et des bâtiments inspirés de Dawson, pour symboliser les communautés, ainsi que des moufles aux motifs perlés et des raquettes traditionnelles.

Le dernier panneau rappelle Whitehorse, avec le mont Sima et ses pentes de ski, un élément souvent mentionné par les élèves.

La fresque représente une histoire qui est en train de s'écrire et qui va continuer de s'écrire. Chacun y participe à sa manière et la raconte à sa manière.

Diversité, sensibilité et dialogue

La diversité des parcours et des origines des francophones du Yukon, qui viennent d’un peu partout, les a aussi guidées, mentionne Aurore Favier. Elle se reflète subtilement dans les maisons, dit-elle, toutes différentes par leur forme et leurs couleurs.

Les maisons ont d’ailleurs été peintes par des élèves du comité d’art du Centre scolaire secondaire communautaire Mercier. Ceux-ci ont aussi poncé des panneaux, appliqué des couleurs et appris à reproduire des croquis sur un grand format.

Des échanges avec des conseillers des Premières Nations ont également orienté la conception. Un loup et un corbeau ont été retirés pour éviter toute appropriation culturelle, souligne Aurore Favier.

Une phrase sur les territoires traditionnels des Premières Nations, un t-shirt orange avec le message Chaque enfant compte et des objets culturels ont ainsi été privilégiés.

Deux fresques devant un édifice.

L’AFY souhaite restaurer l’ancienne fresque, encore accrochée sur cette photo, et espère pouvoir la conserver en entier.

Photo : Fournie par l'AFY

Le budget de la nouvelle fresque s’élève à 24 000 $, dont 20 000 $ du gouvernement du Yukon. Des fonds ont aussi été réservés pour restaurer l’ancienne fresque, qui devrait être conservée en entier, espère Yannick Klein, de l’AFY, dans un musée ou une école.

Selon lui, la fresque met de l’avant le travail collectif et la solidarité, s’appuie sur le passé tout en s’ouvrant sur l’avenir, et apporte ce dynamisme recherché.

Mission accomplie, dit-il.

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