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Environ les trois quarts des membres d'une cohorte d'anciens joueurs de la NFL présentaient des lésions neuropathologiques liées à l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC) au moment de leur décès, entre 2008 et 2023, révèle une nouvelle étude transversale faite à l'Université d'Ottawa.
Ces résultats découlent de l'examen de quelque 2400 anciens joueurs, dont environ 400 qui avaient fait don de leur cerveau à la science.
Quand ils disent que 75 % des joueurs de la NFL sont susceptibles de présenter une forme ou une autre d'ETC, je ne pense pas que c'est étonnant, a commenté le professeur Thomas Hoshizaki, un chercheur de l'Université d'Ottawa qui se spécialise dans les commotions cérébrales, notamment celles qui surviennent dans un contexte sportif.
Cette étude n'est évidemment pas la première à tenter de mesurer la prévalence de l'ETC parmi les joueurs de football, et les recherches précédentes ont accouché de résultats allant de 10 % à 100 %.
Cela est possiblement causé par le fait que les joueurs qui présentent des symptômes cognitifs au moment de leur décès seront plus susceptibles de faire don de leur cerveau, ce qui déforme les résultats en faveur d'une détection de la maladie.
Les auteurs de la nouvelle étude assurent avoir tenu compte de ce biais inhérent aux études menées par les banques de cerveaux.
Après avoir pris en compte ce processus de sélection, nous avons estimé qu'environ 74,5 % des anciens joueurs de la NFL décédés présentaient une neuropathologie de type ETC à leur décès, entre 2008 et 2023, écrivent-ils.
Les chercheurs estiment que leurs résultats fournissent une estimation plus précise [...] en modélisant explicitement le processus de don de cerveau et en intégrant des informations sur la cause du décès ainsi que des estimations, à l'échelle de la population, concernant le trouble cognitif léger et la démence.
Leurs analyses ont révélé, sans grande surprise, que les anciens joueurs de la NFL qui présentaient des symptômes cognitifs évidents étaient environ cinq fois plus susceptibles que ceux ne présentant pas de tels symptômes de faire don de leur cerveau.
Même en tenant compte des différences en matière de don de cerveau, précisent-ils, nos résultats suggèrent que la prévalence de l'ETC chez les joueurs de la NFL décédés reste élevée.
Les multiples coups reçus à la tête par les joueurs de football (et probablement ceux d'autres sports, comme le hockey, le soccer et la boxe) entraînent l'accumulation de la protéine tau – tristement connue pour son association avec la maladie d'Alzheimer – dans le cerveau, ce qui provoque éventuellement la mort des neurones.
Des pathologies comme la maladie de Parkinson précoce, la démence, la sclérose latérale amyotrophique [...] ne peuvent pas être attribuées uniquement à un traumatisme crânien, alors que l'encéphalopathie traumatique chronique a été identifiée comme étant exclusivement liée à un traumatisme crânien, a rappelé le professeur Hoshizaki. La connexion est plutôt directe.
Le professeur Hoshizaki et ses collègues ont récemment publié une étude qui montre que les joueurs qui occupent certaines positions, comme les joueurs de ligne, présentent le risque d'ETC le plus élevé, puisqu'ils subissent à la fois des chocs de forte intensité et des chocs répétitifs.
Au bout du compte, conclut-il, si on commence à traumatiser le cerveau, ça ne mène à rien de bon.
Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical JAMA Network Open.


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