Il y a deux ans, la mission chinoise Chang’e-6 a permis de rapporter des échantillons de sol et de roches de la face cachée de la Lune, une grande première. Selon de nouvelles analyses, une forte source de chaleur serait à l’origine des différences que l’on observe entre les deux faces du satellite de la Terre. En revanche, seules les analyses de nouveaux échantillons pourraient confirmer pleinement cette conclusion.
De nouvelles analyses ayant retenu l’attention
Rappelons tout d’abord qu’au fil des missions spatiales ciblant la Lune, les astronautes ont observé plusieurs différences entre la face visible et la face cachée. Sur la première, se trouvent des mers et des bassins profonds complètement absents sur la seconde, où la croute est plus épaisse. Cette étonnante asymétrie a évidemment donné lieu à plusieurs théories, dont certaines sont assez invraisemblables. Selon les sources, il est parfois question d’une collision entre deux Lune au temps de la Terre primitive, ou encore d’un choc entre la Lune et une planète naine. D’autres sources mentionnent une cristallisation asymétrique de l’océan de magma lunaire.
La mission chinoise Chang’e-6 a marqué l’histoire en juin 2024, en rapportant pour la toute première fois des échantillons de roches et de sol en provenance de la face cachée de la Lune – plus de deux kilogrammes – au niveau du bassin Pôle Sud-Aitken. Plusieurs analyses ont été réalisées depuis le retour de la sonde mais la dernière en date a fortement retenu l’attention. Ayant fait l’objet d’une publication dans la revue PNAS le 12 janvier 2026, les résultats de cette analyse sont le fruit du travail du Key Laboratory of Planetary Science and Frontier Technology à Pékin (Chine).
Selon les chercheurs, la face cachée de la Lune a connu une évolution de l’océan de magma similaire à celle de la face visible. Par ailleurs, l’asymétrie entre les deux faces en termes de volcanisme et d’épaisseur de la croute notamment, est peut-être le résultat de l’impact à l’origine du bassin Pôle Sud-Aitken. Il faut dire que ce cratère datant de 4 milliards d’années, l’un des plus imposants de la Lune, présente un diamètre d’environ 2 500 kilomètres.
Crédit : Wu et al., PNAS., 2026
La Lune exposée à une forte source de chaleur
Les scientifiques chinois ont fait une découverte potentiellement déterminante dans le cadre de la nouvelle analyse des échantillons de la mission Chang’e-6. Selon ces derniers, s’y trouvent des isotopes de potassium nettement plus lourds que ceux présents sur la face visible de l’astre. Or, dans la mesure où les isotopes légers de potassium s’évaporent plus facilement sous l’effet de la chaleur, il devient question d’une signature chimique très particulière. Celle-ci suggère en effet que la Lune a pu être exposée à une source thermique importante – plus de 2 500°C – probablement en lien avec le choc à l’origine du bassin Pôle Sud-Aitken.
« Nos résultats apportent la preuve solide d’une modification significative du manteau lunaire induite par les impacts et démontrent que les impacts à grande échelle ont pu jouer un rôle clé dans la création de l’asymétrie lunaire. », peut-on lire dans l’étude.
Ainsi, la thèse d’un ou plusieurs impacts de grande ampleur ayant fait fondre l’intérieur de la Lune, à l’origine des actuelles différences structurelles entre les deux faces, serait la plus probable. Cependant, les chercheurs chinois ne sont pas encore entièrement certains de leur conclusion. Selon eux, l’analyse d’autres échantillons est nécessaire pour confirmer leur théorie de manière définitive.


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