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À 20 km de Murdochville, une autre compagnie d’exploration minière se prépare pour une campagne de forage prévue à la fin de l’été 2026. 1844 Ressources Inc. est une petite société canadienne qui est cotée en Bourse. Elle se spécialise dans la recherche de gisements de cuivre.

Cette carte localise des gisements de cuivre en Gaspésie. Le site de Métaux Osisko à Murdochville et, à environ 20 km à l’ouest, le secteur d’exploration de 1844 Ressources Inc.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Le potentiel de ce claim minier demeure cependant plus beaucoup plus modeste que ce que Métaux Osisko se permet d'envisager. Selon ses dernières analyses, qui datent de 2017, la compagnie d'exploration minière estime que son site pourrait contenir environ 2 millions de tonnes de cuivre, loin des projections avancées pour Murdochville.
Comme le rappelle Jean-François Boulanger, professeur en génie chimique et biotechnologique à l’Université de Sherbrooke, l'exploration est la première phase du cycle minier. Selon l'expert, peu de projets franchissent toutes les étapes menant à l’exploitation.
Cette petite société d'exploration minière chercherait donc à se faire acquérir par un plus grand acteur.
On travaille pour faire des nouveaux gisements, mais on sait que probablement ce n’est pas nous qui allons mettre ça en production […] on va avoir des majeurs qui vont venir prendre la place, explique le président et chef de la direction de 1844 Ressources Inc., Sylvain Laberge.
La petite société canadienne, qui compte moins de 10 employés, dit avoir des « atomes crochus » avec Métaux Osisko. Le président ajoute que c'est de bonne augure pour la suite des choses.
Un potentiel « majeur » à Murdochville
Du côté de Métaux Osisko, les plus récentes données indiquent que le sous-sol de Murdochville contiendrait plus de cuivre qu’escompté.
La compagnie évoque un potentiel pouvant atteindre 70 millions de tonnes de minerai de cuivre, ce qui ravive les espoirs d’un retour de l’activité minière dans la région.
Selon le professeur en génie chimique et biotechnologique à l’Université de Sherbrooke, Jean‑François Boulanger, l’ampleur du projet serait considérable.

Jean-François Boulanger est un expert du secteur minier (Photo d'archives).
Photo : Gracieuseté - UQAT
La taille de la mine indique que ce serait une exploitation de plus grande ampleur […] quelque chose comme trois fois plus que la mine d'avant en termes de tonnage.
Selon l'expert, un projet qui verrait le jour à Murdochville pourrait se classer parmi les gisements les plus importants de l'Amérique du Nord.
Pour ce qui est de Métaux Osisko, on ne parle pas d'une petite minette.
Une industrie transformée
Même si le potentiel économique est réel, les retombées pourraient être très différentes de celles observées à l’époque de l’ancienne mine. L’exploitation minière d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle du siècle dernier, souligne Geneviève Brisson, professeure titulaire du département Sociétés, territoires et développement de l'Université du Québec à Rimouski.
C’est un autre paysage minier […] d’autres manières de faire très concrètes. Puis aussi un autre type de main-d’œuvre, beaucoup plus spécialisée, beaucoup moins nombreuse.

Geneviève Brisson est aussi la directrice scientifique du Centre de recherche en développement territorial de l'Université du Québec à Rimouski (Photo d'archives).
Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix
Autrement dit, une éventuelle relance ne signifierait pas nécessairement un retour au volume d’emplois qui caractérisait l’époque de la mine de Murdochville, selon cette experte.
Même si le cuivre peut stimuler l’économie, il ne garantit donc pas une stabilité durable pour les communautés locales. Ceci étant dit, l’intérêt renouvelé pour le cuivre en Gaspésie alimente les attentes dans la région.
Entre l’exploration en cours, les défis économiques et les transformations de l’industrie, plusieurs étapes restent à franchir avant qu’un projet minier ne se concrétise. Et surtout, rien ne garantit encore que les promesses du sous-sol se traduiront un jour en exploitation, souligne Jean-François Boulanger.


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