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Des règles douloureuses, des crampes abdominales de plus en plus vives et l'absence de diagnostic incitent une trentenaire d’Halifax à quitter la Nouvelle-Écosse pour obtenir des soins.
Rebecca Goodine tente d'obtenir un rendez-vous pour des soins gynécologiques depuis 2024. Il y a quelques semaines, on lui a annoncé que le délai d'attente serait de trois à quatre ans.
Ne pas savoir ce qui se passe pendant trois ou quatre ans, c'est inquiétant, a-t-elle déclaré.
Cette résidente d'Halifax, âgée de 31 ans, souffre de douleurs pelviennes et de règles abondantes depuis des années. Alors que ces symptômes s'aggravent avec le temps, elle en ignore toujours la cause.
Je sais qu'il y a des gens qui ont des symptômes plus graves que les miens, des situations plus difficiles, et qui ne peuvent pas en parler, a-t-elle affirmé.
Difficile de se défendre soi-même
En 2024, Rebecca Goodine n'avait pas de médecin de famille et avait dû se rendre dans une clinique privée, car ses symptômes ne se manifestaient plus seulement pendant ses règles.
Ça a été difficile. J'étais très malade à cause de mon anémie et je ne veux plus jamais revivre ça.
Une échographie endovaginale a mené à la recommandation d'un suivi médical avec un spécialiste. La clinique privée a indiqué qu'elle produirait une ordonnance pour un rendez-vous chez un gynécologue, mais Rebecca Goodine a appris, un an plus tard, que cette lettre avait été perdue ou n'avait jamais été envoyée.
J’étais très contrariée. C’était très difficile de devoir constamment défendre ses propres intérêts et c’était assez décourageant de savoir que j’allais devoir tout recommencer à zéro, s'est-elle indignée.
Lorsqu'elle a tenté de prendre un nouveau rendez-vous, il y a quelques semaines, les médecins lui ont dit que cela n'arriverait pas avant trois ou quatre ans.
Ce qui m’inquiète, c’est de ne pas savoir ce qui se passe pendant trois ou quatre ans, et puis il y a aussi la question de la qualité de vie – devoir gérer mes symptômes pendant tout ce temps sans traitement.
Une longue attente ne semble pas raisonnable
Ça me fait sentir mal pour les personnes qui attendent, a affirmé l'obstétricienne à l’hôpital de Bridgewater et ancienne présidente de Doctors Nova Scotia, la Dre Robyn MacQuarrie, visiblement émue en entendant l'histoire de Rebecca Goodine.
La médecin a expliqué qu’en raison de sa charge de travail importante, elle donne la priorité aux consultations urgentes, notamment liées au dépistage et au suivi des cancers. Cela explique en partie, selon elle, pourquoi les rendez-vous de contrôle de routine sont plus difficiles à obtenir.

La Dre Robyn MacQuarrie est gynécologue à Bridgewater, Nouvelle-Écosse.
Photo : Radio-Canada / CBC/Nic Meloney
Frustrée de cette situation, Rebecca Goodine a partagé son expérience dans un courrier adressé au premier ministre de la Nouvelle-Écosse, à la ministre de la Santé et au porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé. La ministre de la Santé, Michelle Thompson, a déclaré que son gouvernement s'efforçait d'améliorer la situation.
Le mois dernier, elle a fourni plus de détails sur son projet d'ouvrir une clinique de santé spécialisée dans la ménopause et de créer un groupe de collaboration clinique en santé des femmes, un groupe de professionnels chargés d'évaluer les besoins en matière de santé des femmes et de travailler à la mise en place d'un système plus coordonné et durable.
Pour la Dre Robyn MacQuarrie, ces initiatives sont insuffisantes pour répondre à la demande grandissante pour des soins gynécologiques en Nouvelle-Écosse.
Il faut plus d'éducation, pas juste un centre d'excellence de la ménopause. Il faut aussi plus de médecins de famille.
La médecin préconise également un accès renforcé à l'information et aux structures dispensant des soins gynécologiques.
Toutefois, Rebecca Goodine doute fortement que ces services de soins seront offerts bientôt. Elle s'est résolue à quitter la province pour se faire soigner. Je ne suis pas médecin, mais ces délais ne me semble pas raisonnables, a-t-elle répété.
Avec des renseignements de CBC


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