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Avec son bleu violacé, son aspect caoutchouteux et sa drôle de dégaine de voilier miniature en plastique, la physalie pourrait presque prêter à sourire. Lorsqu'elle s'échoue sur une plage, elle pourrait même être prise pour un ballon de baudruche par un enfant. Une erreur qui peut pourtant coûter cher.
Car sous cette poche translucide se cache la redoutable galère portugaise, parfois surnommée "méduse tueuse". Mais alors qu'elle se contentait jusqu'ici de la Méditerranée et de la façade sud de l'Atlantique, la galère portugaise étend sa présence. Désormais, elle est présente jusqu'en Bretagne, où une alerte vient d'être lancée.
Et contrairement à ce que son apparence laisse penser, il ne s'agit pas véritablement d'une méduse, mais d'un siphonophore : un organisme constitué de plusieurs individus spécialisés vivant en colonie. Ses longs filaments, qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres, sont garnis de cellules urticantes capables d'injecter un venin destiné à paralyser ses proies.
Pour l'être humain, le contact peut provoquer une douleur extrêmement vive, souvent décrite comme une brûlure ou une décharge électrique. La peau peut rapidement devenir rouge, gonfler et présenter des marques linéaires correspondant au passage des tentacules. Des démangeaisons, des cloques ou une coloration persistante peuvent également apparaître.
Dans les cas plus importants, les blessures peuvent s'accompagner de maux de tête, vertiges, sueurs, nausées, vomissements, crampes ou douleurs musculaires. Plus rarement, des troubles respiratoires, neurologiques ou cardiovasculaires peuvent survenir et nécessitent alors une prise en charge urgente.
Les méduses prolifèrent : pourquoi y a-t-il des années "sans" et "avec" méduses?Le danger ne se limite d'ailleurs pas à la douleur. En pleine mer, celle-ci peut être si intense qu'elle désoriente ou empêche temporairement le nageur de regagner la plage. Le premier réflexe doit donc être de sortir immédiatement de l'eau, sans paniquer, afin d'éviter la noyade.
Une fois sur la plage, il ne faut surtout pas frotter la zone touchée ni la rincer à l'eau douce : cela peut favoriser la libération du venin par les cellules urticantes encore présentes sur la peau. Il faut au contraire rincer abondamment avec de l'eau de mer et retirer délicatement les éventuels fragments de tentacules, sans les toucher directement avec les doigts.
La physalie, aussi appelée galère portugaise, peut provoquer des brûlures, voire pire. ©PexelsEn présence d'une physalie, mieux vaut donc suivre les consignes locales des sauveteurs et des services de secours. Et surtout, ne jamais toucher une physalie échouée sur le sable. Même morte, elle peut conserver son pouvoir urticant. Les enfants doivent donc en être tenus éloignés. Enfin, il ne faut pas hésiter à appeler le 112.
Longtemps associée aux eaux chaudes, la physalie est désormais régulièrement signalée sur les côtes atlantiques. Sa présence jusqu'à des latitudes plus septentrionales rappelle surtout une réalité : avec des mers qui se réchauffent, certaines espèces peuvent étendre leur territoire.



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