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Alors que la communauté iranienne de Toronto manifeste encore une fois dimanche contre le régime en place en Iran, des membres de la diaspora dénoncent la répression en racontant les histoires qui leur parviennent de leur famille restée là-bas.
C'est le cas de Tayebeh Poshtareh, qui a appris la mort de deux de ses cousins au deuxième degré sur les médias sociaux.
Cette femme de Newmarket, en banlieue de Toronto, raconte qu'elle a lu sur Instagram que Hamid et Vahid Arzanlu étaient en train de manifester à Téhéran le 8 janvier dernier lorsqu'ils ont été atteints par des balles.
La plus récente vague de protestation en Iran a été étouffée par une violente répression du régime qui a fait des milliers de morts.
Les informations en provenance de l’Iran sont limitées par les interruptions des services Internet imposées par les autorités.
Tayebeh Poshtareh raconte qu'elle n'a toujours pas été en mesure d'envoyer ses condoléances aux membres de sa famille en Iran. La mort de ses deux cousins lui a été confirmée par un parent qui vit à Montréal et qui est en contact direct avec la famille en Iran.
Ce parent a expliqué que le frère aîné, Hamid, a été atteint par balle le premier. Son jeune frère, Vahid, aurait été touché en tentant de l'aider. Les deux frères ont été transportés à l'hôpital, selon ce parent, mais ils ont succombé à leurs blessures. Hamid serait mort le 12 janvier et Vahid quelques jours plus tard.

Hamid Arzanlu (à gauche) et Vahid Arzanlu (à droite) ont été mortellement blessés durant une manifestation à Téhéran, selon leur famille.
Photo : Photo fournie par Tayebeh Poshtareh
Mme Poshtareh dit que ses cousins manifestaient parce qu'ils voulaient une vie meilleure pour leurs enfants.
Je veux que tous connaissent leur histoire, que tout le monde sache qu'ils étaient de bonnes personnes, qui se souciaient de leur famille, de leurs amis et de leur pays.
Elle raconte que les communications avec sa famille en Iran restent difficiles, même si l'accès à Internet a été élargi au cours des derniers jours.
Cette réalité pèse sur sa famille au Canada, selon elle. lls nous tuent, ici, au Canada, dit-elle. Nous ne savons pas vraiment ce qui se passe là-bas.
Des familles sous la pression du régime
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) est la milice armée la plus puissante en Iran. Elle a été inscrite sur la liste des organisations terroristes du Canada en 2024.
Tayebeh Poshtareh dit que sa famille a été mise dans l'obligation de signer un document qui affirme que Hamid est mort d'une crise cardiaque. Selon elle, cette demande a été faite alors que Vahid était encore en vie, et les membres de sa famille se sont pliés à cette demande parce qu'ils craignaient pour la vie du plus jeune des deux frères.
À la mort de Vahid, la famille a reçu une autre demande du même genre. Selon Mme Poshtareh, elle a eu le choix entre signer un document qui attestait que Vahid était un membre du CGRI tué aux mains de terroristes ou encore de payer une somme élevée pour obtenir son corps.
La famille a décidé de payer pour obtenir sa dépouille. CBC/Radio-Canada n'a pas été en mesure de vérifier l'existence de ces documents de façon indépendante.
Arsalan Khanemuyipour, un militant et professeur de linguistique à l'Université de Toronto, affirme pour sa part que plusieurs personnes signalent que le régime met de la pression sur les familles pour qu'elles déclarent que leurs proches étaient des membres du CGRI plutôt que des manifestants.
On leur demande de payer quelque chose qui équivaut peut-être à 3000 $ pour récupérer le corps de leurs proches.
Nombre de morts incertain
Les restrictions imposées par le régime iranien en ce qui a trait à l'accès à Internet ont plongé le pays dans le mystère. Il est difficile de déterminer un compte juste du nombre de personnes qui ont perdu la vie durant les manifestations.
Plus tôt cette semaine, l'agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency a fait état d'au moins 6126 morts en prévenant que ce bilan pourrait encore s'alourdir.
Le gouvernement iranien affirme que 3117 personnes ont été tuées. Selon lui, 2427 d'entre elles étaient des civils ou des membres des forces de sécurité. Il qualifie les autres de terroristes.
Dans le passé, la théocratie iranienne a sous-estimé ou passé sous silence des morts liées aux contestations.
M. Kahnemuyipour croit pour sa part que des dizaines de milliers de personnes sont mortes aux mains des forces iraniennes cette année.
Les chiffres les plus fiables viennent des médecins dans les hôpitaux, qui tentent en fait d'aider, dit-il.
De son côté, Tayebeh Poshtareh, qui suit les événements à partir de l'Ontario, affirme qu'elle sent un devoir de s'exprimer au nom de ses cousins et des autres personnes qui racontent leur histoire.
Ça suffit, clame-t-elle. Nous devons nous exprimer. Nous devons prononcer leurs noms.
D'après les informations de Michelle Song et de Daniela Ramirez (CBC)


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