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Un couple de navigateurs accueille à bord des scientifiques qui étudient les origines de la tectonique des plaques dans le sud de l’île.
Passer la publicitéUn été au paradis, à fendre les flots glacés et à zigzaguer entre les blocs de glace au creux de fjords d’une beauté grandiose. Telle est l’invitation lancée par France Pinczon du Sel et son compagnon Éric Brossier aux téléspectateurs du documentaire Groenland, les frissons de la Terre, diffusé sur Ushuaia TV. Depuis une vingtaine d’années, ce couple sillonne les mers du Grand Nord à bord de son voilier de 15 mètres de long : le bien nommé Vagabond. Sous les voiles de ce dernier, ces deux-là - elle est artiste peintre, lui ingénieur logisticien - ont élevé leurs deux filles aujourd’hui étudiantes, tout en accueillant des scientifiques. Le film, réalisé par Pierre Petit et Christophe Raylat, suit les derniers mois d’une expédition de trois ans dans le sud du Groenland. Une mission menée par Laurent Geoffroy, professeur de tectonique à l’université de Bretagne.
« Laurent a été un des tout premier à monter à bord de Vagabond, confie en voix off France Pinczon du Sel. Son domaine de recherche privilégié : comprendre comment les continents se fragmentent pour donner naissance aux océans. Ici, on peut remonter cette histoire jusqu’à 1,5 milliard d’années ! Ce que vient chercher Laurent depuis trois ans, ce n’est ni plus ni moins que le chaînon manquant dans l’évolution géologique de la Terre. Un mystère qui pourrait nous aider à mieux comprendre comment fonctionnait alors la tectonique des plaques. À cette époque, la région de Gardhar où nous nous trouvons subissait une activité volcanique d’une ampleur inimaginable aujourd’hui. Vestiges de ces éruptions titanesques : des dykes (…) qui sont des injections de magma à l’intérieur de la croûte terrestre. Ils sont les marqueurs des processus de fusion des profondeurs de la lithosphère. »
« Trop beau, trop bien »
Pour mener ses recherches, Laurent Geoffroy met pied à terre pour étudier les roches du fjord de Tunulliarfik. Un site qui n’est pas seulement géologique, mais aussi historique puisque le viking Erik le Rouge y débarqua il y a 10 000 ans. Puis le scientifique s’approche des rives de la calotte glaciaire, à un endroit où l’œuvre du réchauffement climatique apparaît de façon brutale. « La vitesse de recul de la glace est ici de quarante mètres par an. On découvre des roches qui n’ont jamais été exposées à l’air libre depuis au moins 100 000 ans », indique le chercheur, qui admire dans la foulée un filon de magma, un dyke, dont il estime la largeur à au moins 100 mètres. Par comparaison, dans les autres régions volcaniques du globe, les dykes ne dépassent pas 10 mètres de large.
Une fois son travail accompli, Laurent Geoffroy retourne à Brest. Deux autres scientifiques le remplacent à bord : Christian Schiffer et Christophe Prunier. Ils vont récupérer quinze stations sismiques installées dans le cadre de la mission et étudier les données qu’elles ont enregistrées. Les deux filles de France et Éric, Aude et Léonie, se sont jointes à l’équipage. Chacun se relaye à la barre. « Je crois que ça m’avait manqué (…). Je n’attendais que ça, la glace partout, qui calme… C’est trop beau, c’est trop bien. Je pense que j’en ai un peu rêvé toute l’année. Qu’est-ce que je suis contente de revenir ! », glisse Léonie. Une fois Christian et Christophe partis, la petite famille met le cap sur Brest. Vagabond vogue vers la France pour la première fois depuis quinze ans. Avant de repartir pour de nouvelles aventures.


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