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Une épidémie de violence fondée sur le genre sévit à T.-N.-L., dit le gouvernement

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Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a officiellement déclaré, lors d’un point de presse tenu mercredi après-midi, qu’une épidémie de violence fondée sur le genre sévit actuellement dans la province.

Pour tenter de remédier à ce fléau, Lela Evans, ministre de la Santé et des Services communautaires et ministre des Femmes et de l’Égalité des genres, a annoncé la création d’un groupe de travail composé de 12 membres.

C’est une annonce monumentale, a-t-elle affirmé avec émotion, entourée de députés, de représentants de la police et de groupes de défense des femmes venus des quatre coins de la province.

On a besoin d’équité dans l’ensemble de la province, peu importe le milieu.

Le groupe de travail sera composé de représentants gouvernementaux et de défenseurs communautaires.

Un rapport doit être déposé à l’automne, mais Mme Evans assure que le gouvernement commencera à agir avant même son dépôt.

De vraies actions, un vrai soutien, un vrai changement

Le mandat du groupe sera de formuler des recommandations afin de permettre au gouvernement de passer d’une approche axée sur la gestion des crises à une approche davantage centrée sur la prévention à long terme.

Mme Evans a également souligné que la violence fondée sur le genre entraîne des répercussions systémiques et omniprésentes dans la société.

La violence fondée sur le genre ne pourra pas être éliminée tant que nous ne nous attaquerons pas à sa cause profonde, a-t-elle déclaré.

Des affiches de sensibilisation seront posées partout dans la province, notamment dans les établissements d’enseignement, afin de contribuer à changer les mentalités et de mieux faire connaître les ressources de soutien disponibles.

Le premier ministre Tony Wakeham a affirmé que cette annonce envoie un message fort aux survivantes et aux survivants.

Nous vous voyons, nous vous croyons et votre sécurité compte.

Il a qualifié la violence fondée sur le genre de crise généralisée touchant les individus, les familles, les milieux de travail et les communautés entières.

Le premier ministre, Tony Wakeham, lors de la conférence de presse le 27 mai.

Le premier ministre, Tony Wakeham, lors de la conférence de presse le 27 mai

Photo : Radio-Canada

Questionné au sujet des nombreux délais dans les dossiers de violences sexuelles devant les tribunaux, M. Wakeham a réitéré l’engagement de son gouvernement à améliorer la situation.

La ministre de la Justice travaille très fort sur ce dossier. Personne ne devrait avoir à vivre cela, a-t-il soutenu.

Selon lui, le fait de déclarer que la situation est une épidémie permettra d’agir plus rapidement et avec davantage d’urgence, tout en reconnaissant l’ampleur des inégalités et la gravité du problème.

La ministre Evans affirme que tous les ministres travaillent au dossier ensemble.

Georgina McGrath en entrevue.

Georgina McGrath est l'une des six personnes hors du gouvernement à faire partie de ce nouveau groupe de travail pour contrer la violence fondée sur le genre.

Photo : Radio-Canada

Pour la survivante de violence conjugale Georgina McGrath, présente lors de l’annonce et qui siègera également au sein de cette nouvelle équipe, le terme épidémie montre toute la gravité de la situation et l’urgence d’agir.

Stacey Hoffe, de Happy Valley-Goose Bay, présidente du Provincial Advisory Network for the Status of Women et directrice générale du Mokami Status of Women Council, qui fera aussi partie du groupe de travail, estime que cette annonce représente une étape charnière pour la province.

Elle souligne que, depuis de nombreuses années, plusieurs organismes réclament la mise en place d’une telle structure afin de lutter contre la violence fondée sur le genre.

On a besoin de cette stratégie!

Elle affirme avoir confiance en ce nouveau groupe, notamment parce qu’il est composé de survivantes, de membres des Premières Nations et de personnes déjà engagées dans le mouvement.

La directrice générale du St. John’s Status of Women Council, Courtney Clarke, partage cet avis. Selon elle, il s’agit d’un très bon début.

Où trouver de l’aide

  • Ligne d'aide contre la violence conjugale à Terre-Neuve-et-Labrador : 1 888 709-7090

  • End Sexual Violence NL : 1 800 726-2743

  • 988, ligne d’aide en cas de crise liée au suicide. Si vous ou quelqu'un que vous connaissez pensez au suicide, appelez ou textez le 988. Du soutien est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en français.

  • Jeunesse, J’écoute : 1 800 668-6868 ou texter PARLER au 686868

  • 2SLGBTQIA+ Warm Line, un service d'écoute par et pour les personnes LGBTQ+ à Terre-Neuve-et-Labrador : 1 866 230-8041

  • Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être (Autochtones) : 1 855 242-3310 ou en ligne (nouvelle fenêtre)

  • Service canadien de prévention du suicide : 1 833 456-4566

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