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Si vous n’avez jamais entendu parler des cinq candidats à la tête du Parti libéral de l’Ontario, vous n’êtes probablement pas seul. En mal ou en bien, le premier ministre Doug Ford a fait parler de lui cet été, laissant bien peu de place à ses rivaux.
L’actualité politique ontarienne n’a rien eu d’ennuyant au cours des dernières semaines. Entre la solitude de Doug Ford, l’achat et la vente d’un avion gouvernemental en l’espace de quelques heures et un scandale de dépense qui a forcé son ministre du Tourisme à quitter le cabinet ministériel, les Ontariens en ont vu de toutes les couleurs cet été.
Dans l’ombre de Doug Ford, s’est toutefois dessinée la course à la tête du Parti libéral de l’Ontario (PLO). En coulisse, les candidats s’activent, les rencontres communautaires s’organisent et, pour la première fois, les candidats croisent le fer lundi 10 août lors d’un débat.

Lee Fairclough (en haut à gauche), Dylan Marando (en haut au centre), Navdeep Bains (en haut à droite), Eric Lombardi (en bas à gauche), et Stephanie Bowman (en bas au centre) sont dans la course à la chefferie. Vikram Handa (en bas à droite) avait aussi lancé une campagne mais a abandonné la course la semaine dernière.
Photo : La Presse canadienne / Courtoisie
Mais, la course est loin de soulever les passions. À moins d’être un fin connaisseur de la politique, rares sont ceux qui peuvent nommer un candidat à la tête du PLO, à l’exception peut-être de l’ancien ministre libéral fédéral, Navdeep Bain.
La première joute verbale s’avèrera donc un défi pour les six candidats qui devront se démarquer, mais aussi se présenter comme la personne qui peut battre Doug Ford aux prochaines élections.
Sortir de l’ombre du premier ministre ontarien n’est pas une mince tâche en Ontario. Chaque fois qu’il est vu publiquement, le bouillonnant chef progressiste-conservateur s’enflamme facilement sur ses sujets de prédilection et fait en sorte qu’on ne parle que de lui pendant des jours.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, est connu pour ses bouillonnantes sorties publiques. (Photo archives)
Photo : La Presse canadienne / Sammy Kogan
Même si la popularité de Doug Ford est en chute en Ontario, il laisse bien peu d’oxygène à d’autres politiciens, ce qui sera un défi pour les aspirants chefs s’ils veulent se faire voir et entendre par le grand public.
En entrevue à Radio-Canada, le politologue Peter Graefe rappelait aussi que, peu importe qui était politicien en Ontario, le plus difficile est de capter l’attention des électeurs.
Les Ontariens suivent très peu la vie politique provinciale, a-t-il expliqué.
Qui sont les candidats :
- Navdeep Bains : Ancien ministre fédéral de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique sous Justin Trudeau, cet ex-député possédant un parcours d'analyste financier en entreprise. Il a reçu l'appui de la députée de l'actuel caucus libéral Andrea Hazell (Scarborough-Guildwood).
- Lee Fairclough : Députée provinciale d'Etobicoke-Lakeshore, ancienne athlète de rugby et ex-présidente de l'Hôpital général St. Mary de Kitchener, elle met de l'avant son expertise dans le domaine de la santé et de la gestion publique. Mme Fairclough a obtenu l'appui de ses collègues députés Ted Hsu, Tyler Watt (Nepean), Stephanie Smyth (Toronto—St. Paul’s) et Lucille Collard (Ottawa—Vanier).
- Stephanie Bowman : Députée provinciale de Don Valley-Ouest depuis 2022 et comptable agréée, elle a œuvré dans le monde de la finance pendant 25 ans, notamment en siégeant au conseil d'administration de la Banque du Canada et en occupant un poste de haute direction à la Banque Scotia. Elle a reçu l’appui de trois députés libéraux : Mary-Margaret McMahon (Beaches–East York), Karen McCrimmon (Kanata–Carleton) et Rob Cerjanec (Ajax).
- Eric Lombardi : Entrepreneur en finance et en technologies, il s'est fait connaître en tant que fondateur de l'organisme More Neighbours Toronto, qui fait la promotion d'une réforme du zonage résidentiel et de l'accès au logement abordable.
- Dylan Marando : Chargé de cours à l'Université de Toronto et ex-cadre dans les technologies médicales, il a notamment conseillé l’ancien premier ministre canadien Justin Trudeau ainsi que les anciens premiers ministres ontariens Dalton McGuinty et Kathleen Wynne.
Un parcours du combattant pour le nouveau chef libéral
Peu importe qui remportera la course au leadership, cette personne devra forcément se faire connaître auprès du grand public.
Mais, la question de la notoriété est-elle si importante? Steven Del Duca était relativement connu du public pour son rôle de ministre dans le cabinet de Kathleen Wynne. Finalement, les scandales qui lui étaient attachés et ceux des années libérales sous Mme Wynne et de son prédécesseur, Dalton McGuinty, auront nui à M. Del Duca.

L'ancien chef libéral de l'Ontario, Steven Del Duca, a quitté après sa défaite électorale en juin 2022. (Photo archives)
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
La notoriété de Bonnie Crombie ne l’aura pas plus aidée lors des élections de février 2025. L’ancienne mairesse de Mississauga s’est rapidement fait étiqueter et son bilan à la tête de la seconde plus grande ville de l’Ontario est venu la hanter. Elle a même tenté, sans succès, de se faire élire dans une circonscription de Mississauga.

L'ancienne chef libérale Bonnie Crombie a quitté ses fonctions en janvier 2026. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
Peter Graefe l’expliquait également : La notoriété est probablement moins importante que les moyens et la capacité du Parti libéral à bien présenter son nouveau chef aux Ontariens.
Si le gagnant ou la gagnante a une feuille de route importante, il y aura sans doute des aspects moins reluisants qui seront mis dans le débat par le Parti [progressiste-conservateur], si on est moins connu, évidemment, il y a moins d’éléments critiquables, ce qui est intéressant, mais en même temps, on part de plus loin pour définir la personne.
Peu importe qui gagne, le Parti [progressiste-conservateur] a les poches pleines au niveau financier et aura la capacité d'essayer de salir la réputation ou du moins de cadrer le nouveau chef ou la nouvelle chef sous un angle défavorable, conclut-il.
Est-ce que le fait d’avoir un siège est important?
Depuis le départ de Kathleen Wynne, le PLO est en quête spirituelle. Trouver l’équilibre entre critiquer le gouvernement Ford et proposer des solutions de rechange aux Ontariens n’est pas une tâche facile. C’est d’autant plus difficile lorsque le chef n’est pas à Queen’s Park et ne peut pas répondre directement à Doug Ford lors de la période de questions.
Mais depuis que Doug Ford est au pouvoir, la durée des sessions parlementaires est de plus en plus courte. À preuve, cette année, les députés ontariens devraient siéger seulement 53 jours. En 2025, le calendrier s’est étendu sur 51 jours.

Les députés ontariens devraient siéger seulement 53 jours en 2026.
Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard
Je pense que ça devient de moins en moins important d'avoir un siège. Ça fait des années que le Parti libéral n'a pas vraiment eu son chef élu à Queen's Park, mais ils reçoivent toujours une couverture médiatique pour le troisième parti à l'Assemblée législative, soulignait également Peter Graefe.
Bien que les deux derniers chefs n’étaient pas présents à temps plein à la législature ontarienne, la visibilité était parfois plus compliquée, mais la présence à Queen’s Park n’est pas tout.
La force du message est tout aussi importante. Et si les prétendants au trône libéral veulent aussi gagner la faveur des Ontariens, ils devront trouver les bons mots qui sauront sortir de l’ombre de Doug Ford.


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