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Une conquête de l’Europe incontournable pour les pêches

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L'Union européenne offrirait une stabilité réglementaire favorable à l’exportation pour les transformateurs de produits marins québécois qui souhaitent diminuer leur dépendance au marché américain.

L’importance de diversifier les marchés à l’étranger a été au cœur des discussions de la deuxième journée du congrès de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche qui se tient jusqu’à jeudi à Québec.

Salle de congrès de l'AQIP.

250 personnes participent au 47e congrès de l'AQIP

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

En 2025, 93 % de la valeur des exportations était destinée aux États-Unis, tandis que l’Espagne et la France arrivaient bien loin derrière avec, respectivement, 0,75 % et 0,74 % des exportations.

L'avocat spécialisé en commerce international et associé chez Dentons Canada Xavier Van Overmeire est venu expliquer aux transformateurs de poissons et fruits de mer pour quelles raisons ils devraient considérer une diversification économique en Europe.

L’idée ici n’est pas, bien entendu, de laisser tomber certaines parts de marchés pour en gagner d’autres, mais plutôt de gagner des parts de marchés pour gérer davantage le risque, explique l’avocat.

Des glacières de poissons et fruits de mer dans un marché de Barcelone.

Au Marché de Mercabarna, de Barcelone, les restaurateurs ont accès très tôt le matin à une variété de poissons et fruits de mer entiers, qu'ils peuvent acheter à l'unité, sans être obligés d'acheter de gros volumes.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Il y a aussi que l’Union européenne offre un marché sans tarifs douaniers et un accès direct à 27 pays membres.

Tout d'abord, la solidité du marché de l'Union européenne, une monnaie forte, un secteur stable, notamment au niveau de sa politique extérieure et, bien sûr, un appétit pour les produits transformés, les produits de la pêche.

Xavier Van Overmeire

Xavier Van Overmeire est spécialisé en droit des affaires et commerce international et est associé chez Dentons Canada, une firme qui compte 171 bureaux dans 86 pays.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

La première étape, selon lui, est de se trouver un distributeur européen.

Par la suite, si une entreprise veut maximiser ses profits et avoir plus de parts de marchés en Europe, il peut être envisagé d’y créer une filiale ou d’acheter des parts dans une entreprise existante.

Si le développement vers l’Union européenne n’a pas encore été entamé, avoir un partenaire comme un distributeur qui connaît la réglementation locale, qui a déjà des canaux de distribution en place, c’est certainement un premier pas stratégique à faire sur ce marché, ajoute l’avocat.

Un précurseur

En Gaspésie, le transformateur de homard Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan est peut-être l'industriel qui dépend le moins des États-Unis avec seulement 45 % de ses exportations. La transformation du homard représente 90 % de sa production.

Roch Lelièvre.

Roch Lelièvre est propriétaire de Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan, une entreprise de transformation de poissons et fruits de mer fondée en 1968.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Si le président américain Donald Trump impose des tarifs douaniers aux produits marins canadiens, qui ne sont pas touchés pour l’instant, l’industriel sera moins ébranlé.

Avec les tarifs douaniers chinois, sa diversification, ailleurs en Asie comme au Japon, en Corée du Sud ou à Singapour, lui a permis de diminuer les contrecoups.

Plus que tu es diversifié, quand il arrive des problèmes, tu as plus de chance d'écouler ton stock.

Présence timide du Québec à des événements internationaux

Mais encore faut-il rencontrer une première fois ces futurs acheteurs et leur faire goûter les produits. GÎMXPORT souhaite obtenir du financement du ministère québécois de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie pour organiser davantage de délégations économiques à l'étranger.

Avec ce qui se passe aux États-Unis, il nous a été demandé de voir les possibilités d’augmenter la visibilité des produits de la mer en Europe et en Asie pour rehausser la compétitivité des entreprises, explique son directeur général, Gino Cyr.

Une femme prépare une guédille au homard.

Les provinces maritimes ont été très visibles lors du dernier Salon mondial des poissons et fruits de mer de Barcelone en faisant découvrir des mets typiques comme la guedille au homard.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

L’an dernier, l’organisme qui accompagne les entreprises de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine dans leurs efforts de développement de nouveaux marchés à l’étranger a constaté que le Québec passait inaperçu par rapport aux autres provinces maritimes présentes au Salon international des fruits de mer de Barcelone.

Des provinces qui présentaient leurs produits et offraient des dégustations, ce que ne fait pas le Québec.

Ce projet-là nous permettrait, pour les 12 prochains mois, d’avoir une présence avec un kiosque à des événements comme en Asie à Singapour ou même à Vigo en Espagne, parce que le constat général, c’est que l’ensemble des provinces maritimes sont présentes, mais le Québec ne l’est pas, ajoute le directeur général de GÎMEXPORT

Gino Cyr.

Gino Cyr est aussi maire de Grande-Rivière, dont le coeur économique demeure l'industrie des pêches.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Toutefois, le marché américain est là pour rester, notamment pour l'exportation du homard et du crabe des neiges québécois, tient à rappeler l’attachée commerciale du gouvernement du Québec à Boston.

Le rôle de Mireille Boutin est d’accompagner les entreprises d’ici qui souhaitent établir des contacts avec des acheteurs américains. On sait notamment qu'avec ce qui se passe en Nouvelle-Angleterre, avec la baisse des captures de homard, alors qu’on en retrouve plus qu’avant au Québec, le homard d’ici est très prisé, explique l’attachée commerciale.

Mireille Boutin, attachée commerciale du gouvernement du Québec à Boston.

L'attachée commerciale de la délégation du Québec à Boston, Mireille Boutin, a tenu une conférence mardi au congrès de l'AQIP.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Il reste aussi que les coûts de transport par camion pour les États-Unis demeurent un avantage concurrentiel par rapport à l’avion, qui est incontournable pour exporter en Europe.

Les aéroports régionaux, comme en Gaspésie ou aux Îles-de-la-Madeleine, n’offrent toujours pas le transport cargo de homard québécois, tandis que les provinces maritimes le permettent à partir de Moncton ou Halifax avec des vols quotidiens, durant la saison de pêche, vers des endroits comme Barcelone.

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