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Une coalition d’organismes communautaires a demandé mardi une commission d’enquête pour faire la lumière sur le racisme dans les corps policiers du Québec en réponse aux accusations de comportements discriminatoires de la part de policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) rendues publiques vendredi.
Le Sommet Jeunes Afro, réseau de 80 groupes membres, appelle le gouvernement à non seulement mandater une enquête publique sur ces allégations, mais à étendre son mandat à « tous les corps de police québécois condamnés par un tribunal pour profilage racial ».
« Pendant que des citoyens dénonçaient le profilage racial, pendant que des organismes communautaires réclamaient des changements, […] une dynamique profondément inquiétante semblait se développer au sein de cette ville. Qui peut garantir que ça n’existe pas ailleurs ? » a lancé Édouard Staco, président du Sommet Jeunes Afro, en conférence de presse mardi.
Tard vendredi soir, le directeur du SPVM, Fady Dagher, a annoncé que deux agents du poste de police 39, à Montréal-Nord, avaient été suspendus à la suite d’allégations de comportements discriminatoires et racistes et pourraient faire face à des accusations criminelles.
Au total, 16 policiers faisaient partie de l’équipe de patrouilleurs qui a été démantelée pour ces mêmes allégations. Certains membres de l’équipe sont soupçonnés entre autres d’avoir collectionné des mèches de cheveux de personnes qu’ils appréhendaient, à la manière d’un « scalp ». Le SPVM mène actuellement une enquête interne sur les accusations.
« C’est dégradant, c’est révoltant d’avoir des gestes de racisme primaire, de scalper, des individus, en 2026 », lance M. Staco en entrevue avec Le Devoir.
Une enquête indépendante
Selon les intervenants du Sommet Jeunes Afro, la confiance entre les policiers et la population est fragile depuis longtemps.
« En moins de 6 mois, les mairesses de deux des plus grandes villes du Québec — soit Montréal et Longueuil — ont publiquement réclamé des enquêtes concernant leur propre corps de police dans des dossiers touchant des personnes racisées », lance M. Staco, ajoutant que cette situation témoigne de « la nécessité d’un examen indépendant lorsque la confiance du public est mise à l’épreuve ».
Lundi, le gouvernement de Christine Fréchette s’est engagé à mandater un « observateur indépendant » pour surveiller une enquête qui pourrait être confiée à la Sûreté du Québec (SQ) pour examiner les allégations de racisme au SPVM. Des voix se sont rapidement élevées pour demander une enquête indépendante sur ces allégations.
En demandant une commission d’enquête « publique, indépendante et approfondie », le Sommet Jeunes Afro espère voir un dialogue qui pourra « restaurer la confiance de la population, mais aussi outiller les décideurs à prendre des actions déterminantes ».
Ils veulent aussi éviter une situation où des policiers mènent l’enquête sur d’autres policiers.
De son côté, Christopher Skeete, ministre québécois responsable de la Lutte contre le racisme, a défendu la position de son gouvernement. « On est à la bonne place pour le moment, a-t-il déclaré mardi. On n’exclut pas de faire autre chose si la situation le requiert. »
« La position et l’orientation de mon collègue ministre de la Sécurité intérieure [Ian Lafrenière] et aussi ce que la police de Montréal fait actuellement me convient, a-t-il ajouté. On va continuer à suivre la situation de près. »
Une solution à plusieurs volets
Mais ce ne serait qu’une partie de la solution qui devra comprendre plusieurs volets, admettent les intervenants communautaires présents en conférence de presse. « Il ne faudrait surtout pas faire l’erreur de penser qu’il y a une baguette magique qui va venir régler tout le problème », a déclaré Arcelle Appolon, directrice générale de la Maison d’Haïti lors de la conférence.
Pour Édouard Staco, une commission serait « un élément nécessaire et non pas suffisant tout seul ». « Ce n’est pas, on fait une commission, puis on ferme les livres et après on passe à autre chose », lance-t-il en entrevue, espérant « que les décideurs et décideuses du Québec vont prendre action ».
En parallèle à la commission, M. Staco urge le gouvernement québécois de mettre en place des recommandations déjà rendues publiques.
« Prenons un exemple très simple comme recommandation : la fin des interpellations. On peut décréter dès maintenant la fin des interpellations. Ça, [ce serait] un geste fort, un geste qui est de nature à commencer à redonner confiance », lance-t-il.
Il cite aussi l’implantation de caméras corporelles, une solution mise de l’avant par la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, samedi. « Il n’y a pas un [seul] élément qui est la solution, mais ce qu’on peut faire aujourd’hui, faisons-le. »
Avec Sébastien Tanguay, à Québec


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