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La cheffe de la Nation crie de Misipawistik, Heidi Cook, réclame une « fermeture volontaire » de la chasse à l'orignal dans une zone de chasse agréée qui englobe une grande partie du territoire de la communauté, le long des rives nord-ouest du lac Winnipeg. Elle justifie cet appel par un déclin marqué de la population dans ce secteur.
Elle demande à l'ensemble des chasseurs, y compris aux membres de sa propre communauté, d'accorder la priorité à la survie de la population d'orignaux en renonçant à chasser dans la région dès lundi, date de l'ouverture de la saison.
En ce moment, la population d'orignaux ne peut tout simplement pas supporter cette récolte. Nous demandons donc à tous les Manitobains de se joindre à nous pour protéger l'orignal et appeler notre gouvernement à faire mieux.
Heidi Cook précise que les données transmises l'an dernier par la province, issues d'un inventaire aérien, faisaient état d'environ 64 mâles dans la région. Or, le gouvernement a pourtant octroyé 62 permis de chasse au mâle pour cette même zone cette année, déplore-t-elle.
Autrefois, la communauté prélevait jusqu'à 19 orignaux par saison. La baisse des effectifs a toutefois contraint ses membres à une interruption de fait de leurs activités de chasse depuis une quinzaine d'années.
La cheffe rappelle aussi que des zones situées au sud de la Première Nation ont déjà dû fermer totalement la chasse, déplorant la gestion de l'espèce par la province.

« Nous avons le droit de chasser l'orignal, mais nous avons aussi la responsabilité de protéger cet animal et de veiller à ce qu'il puisse survivre et être en bonne santé », rappelle Heidi Cook, cheffe de la Première Nation crie de Misipawistik. (Photo d'archives)
Photo : Heidi Cook
Des préoccupations soulevées depuis des années
En 2024, la Nation crie de Misipawistik a prévenu la province que ses membres ne pouvaient plus pratiquer la chasse de manière viable sur leur territoire, demandant alors au gouvernement de suspendre l'octroi des permis.
Malgré ces mises en garde répétées et un recours judiciaire intenté l'an dernier pour faire annuler la saison de chasse, la cheffe déplore l'inaction du gouvernement provincial.
C'est difficile, parce que l'orignal est une espèce culturelle tellement importante. C'est lié à notre relation avec la terre, au partage entre les familles, aux rythmes saisonniers de la vie en nature et des camps de chasse à l'orignal, explique la cheffe.
Nous devons agir, tous ensemble, pour protéger cette population d'orignaux afin qu'elle soit là pour les générations de chasseurs à venir. C'est notre responsabilité.
En 2018, la Première Nation de Misipawistik a mis sur pied un programme de gardiens du territoire pour suivre l'état de la population d'orignaux dans la région.
Cette saison, ces gardiens iront à la rencontre des chasseurs afin de prévenir les tensions. La communauté n'érigera aucun barrage routier, privilégiant plutôt le dialogue et la sensibilisation.
Nous n'empêcherons personne d'accéder au territoire. Nous voulons éviter les conflits, assure la cheffe. Ce qu'il faut souligner, c'est notre amour partagé pour l'orignal.


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