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Les cérémonies d’assermentation n’attirent généralement pas les foules, mais je pense qu’il y aurait un réel intérêt à ce que tous ceux et celles qui s’appliquent à faire le procès d’intention du PQ et à démoniser Paul St-Pierre-Plamondon depuis des mois, se donnent la peine d’écouter celle qui s’est tenue ce 21 octobre 2026 à l’Assemblée Nationale et qui a mené à la nomination du conseil des ministres.
Les mandats confiés par le nouveau premier ministre sont empreints d’une volonté profonde de redonner à la sociale-démographie ses lettres de noblesse : pas de Top Gun, mais plutôt la mise à contribution des vrais spécialistes, les gens du terrain. Un discours axé sur la décentralisation des pouvoirs et l’occupation du territoire.
De quoi redonner l’espoir à quelques régionalistes désabusés. La Loi sur la vitalité et l’occupation des territoires représentait depuis trop longtemps un faux sentiment de sécurité, alors que dans les faits, la Côte-Nord ne cessait de se dévitaliser, affichant une baisse démographique soutenue. D’avoir nommé Meggie Richard pour prendre soin des régions, une femme de chez nous qui depuis toujours porte ce combat à bout de bras, en dit long sur la volonté d’en faire un enjeu de premier plan.
Bien sûr, pour l’instant, ce ne sont que des mots. C’est pour ses actions que nous jugerons de la performance de ce gouvernement, mais les engagements et les explications du PM me sont apparues comme un vent de fraîcheur dont le Québec a bien besoin.
Jusqu’à présent, Paul St-Pierre Plamondon s’est démarqué par la cohérence entre le discours et les actes. J’en ai pour preuve cet engagement référendaire qui l’a sans doute privé d’une majorité. Mais n’est-ce pas ce qu’on s’attend des politiciens ; le respect de leurs engagements ? Et s’il en est un que tous suivront de prêt, c’est bien celui de la révision du mode de scrutin. Ce gouvernement minoritaire, sera-t-il enfin celui qui tiendra parole ? Bien hâte de voir le positionnement des autres partis sur le sujet. Le vote libéral n’est pas gagné à l’avance, comme c’est le cas chaque fois qu’il est question de protéger la langue française et de promouvoir la laïcité.
Pour donner suite à plusieurs de ses engagements, le gouvernement n’aura d’autre choix que d’afficher une bonne performance économique et il le sait. Pour qu’une sociale-démocratie puisse susciter l’adhésion d’une majorité, elle doit pouvoir s’appuyer sur une économie en santé. Personne ne souhaite partager la pauvreté. S’il y a un gouvernement qui croit dans les moyens du Québec, c’est bien celui-là, à l’image de son premier dirigeant, René Lévesque. Ce grand homme nous a appris à croire en nos moyens et il avait raison.
Laisser le peuple québécois exprimer ses talents, l’engager et l’encourager dans la voie de la prospérité n’a rien d’une illusion, c’est simplement le rendez-vous de cet énorme potentiel humain et matériel dont nous disposons. Pour le reste, tout est question de la qualité des hommes et des femmes qui assument le leadership québécois et là-dessus, je pense que nous devrions être rassurés.
Le 4 octobre dernier, à l’émission Tout le monde en parle, la journaliste émérite Chantal Hébert accompagnée de l’analyste politique Mathieu Boivin ont été unanimes, lorsqu’on leur a posé la question suivante « Quel parti a la meilleure équipe ? »
Sans hésitation, les deux ont répondu en cœur le Parti québécois, pour ensuite nommer le parti libéral. À la question « Quel parti a la pire équipe ? », la réponse fut tout aussi unanime : les conservateurs.
Est-ce que ce sera suffisant pour rassurer les détracteurs ? Bien sûr que non ! Ceux et celles qui sont en mission et qui se relaient pour dépeindre l’actuelle équipe du PQ comme autocrate et même parfois d’extrême droite n’ont certainement pas écouté le discours d’assermentation ou ne comprennent simplement pas le français. Les valeurs profondément sociales-démocrates qui animaient cette cérémonie ne peuvent pas rassurer des gens pour qui les aspirations du Québec seront toujours trop ambitieuses.
Plusieurs font le pari que ce gouvernement minoritaire ne durera pas. Pour ma part, je veux bien risquer une prédiction.
À moins qu’il ne déclenche lui-même une élection, le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon sera celui qui défiera les pronostics en gouvernant habilement et en ralliant les forces progressistes qui, j’en suis persuadé, sont majoritaires entre les murs de l’Assemblée Nationale. Les conservateurs auront beau tirer dans tous les sens pour dévier l’attention de l’opinion publique, comme ils s’appliquent à le faire depuis l’élection, ils seront emportés par leurs contradictions et leur approche superficielle et populiste. Pendant que les libéraux continueront de nous parler de référendum bien plus que le PQ ne le fera lui-même, Québec Solidaire, n’aura d’autre choix que de réaliser que ses valeurs plus à gauche, n’auront jamais trouvé meilleure écoute. D’où ce risque à vouloir renverser ce gouvernement qui, ne l’oublions pas, a besoin d’alliés.
J’en appelle à tous ces gens qui ont opté pour les raccourcis intellectuels, séduits par ces discours populistes ; prenez donc un peu de recul et plutôt que de surfer sur des informations prémâchées où la démagogie et les procès d’intention tournent en boucle. Donnez-vous la peine d’écouter les paroles prononcées plutôt que leur traduction souvent biaisée.
Prendre un peu de temps pour entendre les mandats réellement confiés aux ministres, c’est ce que j’appelle un investissement et ça ne peut que contribuer à alimenter votre sens critique par des faits et non de la spéculation.
On s’en reparle !


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